VARIATIONS INDIVIDUELLES
dans les autres mesures, il faut largement convertir celles-ci en rapports à la taille.
Mais le fait le plus curieux qui se détache est celui de la fixité relative des dimensions transverses et verticales du tronc. Il s’accorde très bien avec ce que nous avons vu du tronc, à propos de la croissance des corps, page 1030, et des proportions du tronc, page 1064. La raison physiologique en est facile à saisir: Le tronc est le réceptacle de tous les organes centraux nécessaires à la vie, un volume donné est forcé pour eux. ■Qu’on soit grand ou petit, il faut d’abord que les fonctions essentielles s’opèrent correctement. Les membres au contraire, les inférieurs entre autres qui concourent pour la plus grande part à la taille, ne sont que des appendices; qu’ils soient plus ou moins longs, il importe peu; leur proportion est un caractère indifférent comme ceux tirés du cheveu, du nez, de la forme du visage. Ce qui vient à l’appui de l’une de nos propositions précédentes, que les caractères indifférents présentent des différences plus grandes que les caractères liés à une fonction physiologique. Une autre proposition découle de ces faits. C’est que les caractères tirés des proportions du tronc se déterminent avec un moindre nombre d’observations, mais laissent à désirer comme signes distinctifs de race; tandis que ceux tirés des membres sont meilleurs, mais exigent un plus grand nombre d’observations.
Ces remarques montrent l’utilité qu’il y aurait à poursuivre des recherches analogues sur d’autres séries d’au moins 100 sujets. Il est regrettable que les chiffres individuels des immenses statistiques anthropométriques des Américains n’aient pas été publiées et ne puissent servir à cet usage. Mais pour que de semblables recherches donnent tout leur fruit, il faudrait qu’une des causes de divergences des mesures, celle qui concerne l’écart personnel, fût amoindrie; que les procédés opératoires fussent uniformes ; et qu’un choix sévère fût fait entre les nombreuses mesures employées par les uns et les autres. Des mesures faciles, en petit nombre et répondant à leur but, sont le premier desideratum actuel de l’anthropométrie.
Les variations individuelles, dégagées autant que possible de tout ce qui est étranger au caractère étudié, et fixées dans leurs limites extrêmes et dans leur centre d’irradiation, s’étudient soit par la méthode de la sériation, soit par celle des courbes graphiques, qui montrent leur régularité ou signalent leurs perturbations. Nous avons donné quelques sériations pour la grande envergure, c’est à refaire pour chaque mesure ou mieux pour chaque partie du corps. On a vu, notamment à propos de la longueur des membres supérieurs dans les grandes et les petites tailles, combien elles seraient utiles. Mais pour cela il faut des nombres suffisants, un 100 et plus pour chaque courbe. Nous devons donc y renoncer.
La question suivante à étudier serait celle de l’influence des milieux, Topinard. — Anthropologie. 70