CHAPITRE XXXII
modestes du troisième genre qui seuls nous fourniront ce nombre. Les anthropologistes plantent les jalons, ces derniers apportent la démonstration.
En Amérique, on a su obtenir des statistiques anthropométriques sur des milliers d’individus, les uns dans les hôpitaux et les casernes, les autres dans les écoles. En Angleterre, en Allemagne, des statistiques anthropométriques ont aussi été obtenues sur des milliers, sinon des millions de sujets. La France seule est en retard. Après avoir été en tête, elle s’estlaissé dépasser. A quoi cela tient-il? Je ne crainspas de le dire, c’estun peu aux Instructions trop complexes et trop correctes de la Société d’anthropologie. A force de vouloir faire grandement elle n’a rien fait du tout. Ses Instructions découragent, on n’y répond pas ou on y répond mal. Plus que personne, j’ai fouillé les observations des voyageurs recueillies d’après son programme, j’en ai confronté les mesures. Je pourrais citer des piles de feuilles remplies, des cahiers immenses de mensurations produisant le plus bel effet, derrière lesquels il n’y a rien : des mesures qui se contredisent les unes les autres et dont on ne tire rien de vraisemblable. Il va sans dire que je ne parle qu’en général, car dans le nombre se trouvent d’excellents travaux auxquels plus que personne je rends justice. Mais dans ces termes même cette vérité dure à reconnaître est vraie.
J’ai donc partagé les demandes les plus appropriées auxquelles je conclus en deux listes : l’une étendue, qui ne renferme certainement pas tout ce qu’il faudrait, mais qui indique les réponses à faire les plus utiles pour la distinction des races, les mesures conduisant aux proportions fondamentales et exposant au minimum d’écart personnel; l’autre, qui ne comprend que les questions et mesures à mettre en première ligne.
La première liste est pour les anthropologistes, voyageurs ou non. J’y mets en italique les mesures qui exigent une certaine habileté chirurgicale, et qui, par conséquent, mal prises deviendraient suspectes ; elles s’adressent aux anatomistes. J y marque d’un astérisque celles qui se recommandent particulièrement à la majorité des voyageurs ordinaires, n’exigent pas de connaissances spéciales, et sont facilement acceptées par les indigènes les plus rebelles, comme en jouant et sans qu’ils aient à se déshabiller.
La seconde liste très réduite s’adresse à la fois aux voyageurs qui demandent le minimum et aux instituteurs qui opèrent sur des enfants, chez lesquels ce qu’il importe de connaître, ce sont essentiellement les mesures menant à la connaissance du développement des diverses parties du corps, par conséquent de 1 influence que les milieux et l’hygiène exercent sur ce développement. Deux de ces mesures sont inutiles à l’instituteur dont la liste propre se réduit à 16 demandes. Quatre peuvent être retirées par le voyageur qui tiendra essentiellement à opérer vite sans faire déshabiller le sujet; ce qui réduit sa liste à 15 demandes.
INSTRUCTIONS ANTHROPOMÉTRIQUES.
Les instruments nécessaires pour la liste sont renfermés dans ma boîte anthropométrique , à 1 exception du goniomètre facial, boîte légère, de peu de volume, peu coûteuse et renfermant : le compas d’épaisseur, la glissière Broca, ma glissière anthropométrique, ma toise anthropométrique, mon équerre céphalométrique et le ruban métrique (1).
Ceux répondant à la seconde liste sont, pour l’instituteur, la toise anthropométrique, la glissière anthropométrique, avec laquelle on prend au besoin l’indice céphalique et qui remplace par conséquent le compas d’épaisseur, l’équerre céphalométrique et le ruban. Le voyageur y ajoutera la glissière Broca.
Sous les n° 52 dans la première liste et 19 dans la seconde, je me borne à attirer l’attention sur quelques genres d’observations de l’ordre physiologique, qui ne rentrent pas dans le programme de ce volume.
INSTRUCTIONS ANTHROPOMÉTRIQUES