‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 976 sur 980 · INSTRUCTIONS POUR LE VIVANT · texte numérisé non relu

INSTRUCTIONS POUR LE VIVANT

en mesures du vivant et réciproquement? Pas davantage. J’ai donné dans mon Anthropologie , à propos de la racine de la cuisse, un exemple de ce qu’on peut essayer à cet égard. J’ai depuis, ainsi qu’en témoigne le tableau de la page 1028, poussé plus loin ces essais. Mais j’y renonce, je n’y vois aucun avantage, et de même que je me refuse à comparer l’indice céphalique du crâne avec l’indice céphalométrique, l’indice nasal du squelette avec l’indice nasal du vivant, je dis qu’il n’y a pas à essayer de convertir les proportions du vivant en proportions du squelette et réciproquement. On se sert des unes et des autres séparément, on en tire des conclusions des deux côtés, ces conclusions se confirment ou non, de même que les résultats comparés dans les races sur l’un et l’autre sexes séparément se confirment ou non , mais leurs chiffres ne doivent jamais être amalgamés dans une même liste. Il n’y a pas à chercher à concilier ce qui est inconciliable ou ce qui ne l’est qu’une fois par hasard. Le rapport de l’avant-bras au bras mesuré sur les os secs, présente certaines moyennes ; celui de l’avant-bras au bras sur le vivant en fournit d’autres ; entre les unes et les autres il n’y a pas de relations constantes. Ce sont des faits contre lesquels il n’y a pas à lutter. L’indication qui prime tout dans le choix des points de repère sur le vivant, c’est leur précision, la facilité à les déterminer, leur rapprochement plus ou moins grand de ce qu’on désire. C’est là ce qui m’a guidé par-dessus tout dans le choix des mesures que je vais recommander.

Ce qu’il ne faut pas perdre de vue, ce sont les différentes catégories de travailleurs. Les uns, en petit nombre, sont des anthropologistes experts, des anatomistes auxquels on peut tout demander, mais qu’il ne faut pas cependant accabler de mesures de détails. Les autres sont des voyageurs qui peuvent se trouver dans deux situations : ou bien installés et faisant venir les indigènes dans leur cabinet ou leur tente, à l’exemple de M. Mondières à Hué, au Tonkin, ou du Dr Collignon à Gafsa en Tunisie ; ou en mouvement et ayant affaire à des sauvages qu’ils n’ont pas le temps d’apprivoiser, qui se refusent aux mensurations à apparat et ne veulent pas se déshabiller. Un troisième genre, et c’est le plus grand nombre, comprend une foule de personnes, en relation avec des collections d’individus, enfants, militaires, prisonniers; elles attendent de nous des Instructions et ne demandent qu’à travailler, à la condition qu’elles soient simples, faciles, n’exigent pas d’instruments coûteux, et ne prennent pas un temps trop considérable.

Ce qu’il faut à tous, ce sont des réponses à faire simples et des mesures à prendre en petit nombre. Moins on leur demandera et plus ils donneront. Le point capital en anthropométrie c’est la masse des individus; par là on remédie aux erreurs provenant des instruments, des chairs qu’on déprime plus ou moins, de l’imperfection des points de repère; par là on pare aux variations réelles et si grandes que présentent les individus, dues au mélange des familles et des races. Ce sont les travailleurs

Topinard. — Anthropologie. ^

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