‹ Eléments d'archéologie chrétienne (volume 3)Chapitre 10 sur 71 · MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION, APPA'REILS DE MAÇONNERIE, ETC · texte numérisé non relu

MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION, APPA'REILS DE MAÇONNERIE, ETC

1. Matériaux. Les Grecs et les Romains se servaient de marbres, de pierres et de briques dans la construction de leurs édifices. Le marbre ne s'employait que pour l'ornementation des monuments, tels que les temples, les basiliques, les arcs de triomphe, etc. ; les pierres et les briques étaient les matériaux ordinaires. On faisait usage de pierres de différentes dimensions, elles étaient tantôt grandes, tantôt petites; tantôt régulièrement taillées, tantôt irrégulières. Les briques des Grecs et des Romains diffèrent notablement des nôtres; elles ont ordinairement la forme carrée, et sont beaucoup plus grandes, et aussi beaucoup plus minces que celles dont on se sert de nos jours. Elles n'avaient guère que 4 Va centimètres d'épaisseur; leur longueur et leur largeur était de

quatre ou cinq palmes (40 ou 50 centimètres environ); les premières portaient le nom de tetradoron (de -.l'îna.oi', , quatre, et «Jwpov, palme) , les dernières celui de pentadoron (de --vra, cinq, et (?woov, pal- Brique romaine. mè) (i). On trouve aussi parfois des briques ayant la forme d'un rectangle ou d'un triangle. Les fabricants de briques avaient l'habitude de placer leur

(1) Voyez ViiKuvE, De architedura, lib. II, cap. III.

nom ou empreinte sur la brique. Ce nom est souvent au génitif, tantôt précédé ou suivi des lettres OF, 0 {pfficind), MANU ou d'un simple M, pour signifier que la brique provient de X officine ou fabrique de celui dont elle porte le nom. Lorsque le nom du fabricant se trouve au nominatif, on y ajoute quelquefois les lettres Y ou ï^E, par abréviation pour fecit. Les briques cuites pour la construction des camps romains portent la marque de la légion. L'impression ou estampillage du nom était aussi en usage dans la fabrication des tuiles et des poteries. On a donné à ces marques le nom de sif/les ff/idms (i). Le musée archéologique de Namur possède un nombre très considérable de tuiles , poteries et autres objets en terre cuite de la période gallo-romaine (2), portant les signatures des fabricants. Nous reproduisons ci-dessous, p. 32, fig, 1, une tuile romaine provenant des fouilles faites à Antliée (Namur) et portant le sigle hamsit.

Le mortier ou ciment des Romains était composé de chaux et de sable. A ce mélange on ajoutait ordinairement de la brique pilée ou des tuiles concassées en assez grande quantité. Aussi la présence de la brique pilée dans le mortier fournit-elle souvent à elle seule un argument décisif pour pouvoir attribuer une construction à la période romaine. On trouve cependant quelques rares monuments où le ciment n'offre pas ce mélange, par exemple, les restes de l'enceinte romaine de Tournai et de l'amphithéâtre de Trêves.

2. Appareils. On donne le nom à! appareils aux différents modes d'assemblage des matériaux employés dans la construction des murs des édifices.

Il existe un grand nombre d'appareils qu'il est essentiel de bien connaître; car la simple inspection de l'appareil

(1) Voyez sur les sigles figulins le mémoire de M. Schuermans, publié dans les Annales de l'Académie d'archéologie de Belgique, XXIII, pp. 5 — 293.

(2) La jiériode ffallo-romaif/e s'étend depuis l'occupatiort de la Gaule par les Romains, à la suite de la conquête de Jules César (58 ans environ avant l'ère chrétienne) jusqu'à l'invasion des barbares au ye siècle. Plusieurs villes furent bâties en France pendant cette période ; la Belgique eut aussi quelques établissements importants. Voyez Sciiayes, Histoire de l'architecture, I, pp. 23 — 27.

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