‹ Eléments d'archéologie chrétienne (volume 3)Chapitre 28 sur 71 · Scènes empruntées à l'histoire ecclésiastique. Ces · texte numérisé non relu

Scènes empruntées à l'histoire ecclésiastique. Ces

scènes sont d'une rareté excessive dans les peintures des trois premiers siècles. Aussi. M. de Rossi ne craint-il pas d'affirmer que la seule peinture de cette espèce, connue jusqu'aujourd'hui, se trouve au cimetière de Saint-Calliste. Elle représente un martyr comparaissant devant le juge.

22. Administration du sacrement de Ijaptème. Au cimetière de Saint-Calliste on rencontre plusieurs fois cette représentation. Un homme d'un âge mûr pose la main droite

Notre -Seigneur entre les deux Testaments. Fresque du cimetière de Sainte-Agnès.

(1) On ne connaît jusqu'ici qu'un seul exemple de peinture où les vierges folles soient représentées avec les vierges prudentes. Saint Pierre avec le coq n'a aussi été trouvé qu'une seule fois dans les fresques. Cette dernière scène se rencontre assez souvent sur les sarcophages.

sur la tête d'un enfant placé dans l'eau jusqu'aux genoux. L'administration du sacrement, dans une de ces peintures, a lieu dans le torrent même formé par l'eau jaillissant du ronher battu par Moïse. Cette circonstance n'est pas fortuite,

mais elle a une signification symbolique intimement liée à celle de la scène même où le libérateur du peuple hébreu est représenté frappant le rocher.

En effet, comme nous l'avons dit ci-dessus, p. 85, la source qui s'échappe du rocher symbolise les eaux vivifiantes du baptême.

L'administration du Baptême.

Fresque du cimetière de Saint- Calliste.

La faible immersion de l'enfant et l'infusion de l'eau sur la tête de celui-ci par le ministre du sacrement prouvent à l'évidence qu'au moins depuis le commencement du iii^ siècle, le baptême par infusion était en usage dans l'Eglise d'Occident.

23. Images de saints. Les images des saints ne se rencontrent que dans les cryptes historiques ou les chambres sépulcrales. fréquentées pendant la période des visites pieuses. On peut poser en règle générale que toutes sont postérieures à la conversion de Constantin. Cette règle n'est pas seulement établie par les témoignages historiques, elle l'est 'aussi par les caractères iconographiques mêmes d'un grand nombre de ces images. Plusieurs sont ornées du nimbe, qui n'a été attribué aux saints qu'à la fin du v^ ou au commencement du vi^ siècle; elles présentent en outre tous les caractères des peintures byzantines des vi®, yii^ et viii^ siècles.

24. Orphée jouant du luth. Cette scène, empruntée à la mythologie, se rencontre ça et là dans les peintures des catacombes et sur les monuments chrétiens des premiers siècles. Quelquefois Orphée, coiifé du bonnet phrygien et portant Yanaxyris (espèce de caleçons brodés qui se prolongent jusqu'aux pieds), est assis entre deux arbres , sur lesquels sont perchés un paon et d'autres oiseaux , captivés par les sons harmonieux qu'il tire de son instrument.

Des lions, des ours, des panthères et des serpents , représentant les animaux se trou-

sauvacres

Orphée jouant du luth.

Iresque du cimetière de Saint-Calliste.

vent d'un côté du chantre de la Thrace; de l'autre, on voit des animaux domestiques. D'autres fois, comme dans l'exemple que nous donnons, Orphée se trouve simplement entre deux animaux.

Chez les premiers chrétiens, Orphée adoucissant les bêtes féroces aux sons de la lyre était un symbole du Sauveur domptant les passions des hommes et les attirant par le charme de sa doctrine. Dans le traité intitulé : Cohortatio ad c/enles, Clément d'Alexandrie , après avoir raconté la légende d'Orphée et le pouvoir qu'on attribuait à ses chants, fait voir que la parole du Christ a bien plus de force et de vertu. " La puissance de mon chantre (le Christ), dit-il, ne se borne pas à de si vulgaires prodiges; il est venu, comme un libérateur, rompre la dure servitude, briser la tyrannie que le démon faisait peser sur les hommes ; et, nous attirant doucement sous le joug suave et bienfaisant de la religion et de la piété envers Dieu, il rappelle vers le ciel, notre véritable patrie, nos cœurs inclinés vers la terre. Lui seul, oui, seul

de tous les Orphées, il a su dompter les animaux les plus difficiles à vaincre, c'est-à-dire les hommes. Les oiseaux, qui représentent les hommes légers; les serpents, qui sont les traîtres; les lions, les rapaces. Les pierres, les rochers, les arbres, ce sont les insensés; mais plus insensible que les rochers est l'homme entravé par l'ignorance. Eh bien 1 toutes ces bêtes si cruelles, ces pierres dures, les chants célestes de notre Sauveur les ont transformées en hommes pleins de mansuétude. Voyez quelle est la puissance des accents du nouvel Orphée, qui des pierres a fait des hommes, et des bêtes féroces a fait des hommes doux et débonnaires. «

Page 1