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I. — NOTIONS PRÉLIMINAIRES

L'architecture classique, appelée aussi gréco-romaine, compte cinq ordres : 1° le toscan, 2° le dorique , 3° V ionique, 4» le corinthien et 5° le composite.

En architecture on appelle ordre l'arrangement de diverses parties saillantes disposées, d'après des proportions fixes, pour composer une ordonnance régulière.

Un ordre se compose de trois parties : du piédestal, de la colonne et de \ entablement . Ces parties portent le nom de membres. Chaque membre se subdivise en trois parties :

PIÉDESTAL Membre inférieur

Base.

Dé.

Corniche.

COLONNE Membre moyen

Base.

Fût.

ENTABLEMENT Membre supérieur

Chapiteau.

Architrave.

Frise.

Corniche.

Voyez pour l'explication de ces différents termes la gravure de la page i3. C'est le deuxième membre ou la colonne qui, à notre point de vue, présente le plus d'importance. L'entablement , toutefois , mérite aussi de fixer

quelque peu notre attention. Nous négligeons presque complètement le piédestal, car souvent on le remplace par un simple socle, tantôt carré, tantôt octogone, ou bien, comme chez les Grecs, on le supprime totalement.

Les ordres se distinguent les uns des autres par leurs proportions relatives et leur ornementation diverse. En pratique, la vue seule du chapiteau fournit les données nécessaires pour déterminer un ordre.

La hauteur et la largeur des parties d'un ordre se mesurent au moyen du module. Le module est une mesure conventionnelle dont la longueur est celle du demi-diamètre inférieur de la colonne.

Remarquez les mots demi-diamètre inférieur; car, d'après les règles adoptées dans l'architecture classique, le diamètre du sommet du fût sous le chapiteau a un sixième de moins que le diamètre inférieur. Cette diminution commence à partir du tiers inférieur du fût. Quelquefois le fût présente un renflement sensible vers le milieu de sa hauteur.

Ces dernières règles ne sont pas applicables aux pilastres, c'est-à-dire aux piliers plats ou carrés en saillie sur un mur. Ceux-ci ont, immédiatement au-dessous du chapiteau, la même largeur qu'au-dessus de leur base.

Avant d'aborder la description des ordres, nous allons faire connaître, en les désignant par leur nom technique, les moulures et les principaux ornements qui entrent dans la composition des ordres.

On appelle moulures les ornements creux ou saillants qui décorent, ou forment par leur assemblage, les parties d'un mur, d'un cylindre, d'une colonne, etc. Voici les principales :

Le filet, nommé aussi listel ou réglet (fig. i), est une moulure carrée et étroite, dont la saillie égale la hauteur. Cette moulure est d'un usage fréquent; on s'en sert pour séparer ou couronner les autres moulures.

Fig. 1. Fig. 2. Fig. 3.

Filet ou listel. Plate-bande ou bandeau. Larmier.

La plate-bande ou bandeau (fig. 2) est une moulure dont la hauteur est beaucoup plus grande que la saillie.

Le larmier (fig. 3) est une moulure très saillante placée dans les corniches, et servant à faire égoutter l'eau. Sa partie inférieure est souvent munie d'une gorge ou petit canal.

Le quart de rond, appelé aussi échine lorsqu'il fait partie du chapiteau, teg. 4) est une moulure convexe dont la section donne un quart de cercle. Fig. A. Fig. 5. Fig. 6.

Quart de rond. Cavet. Congé.

Le cavet (fig. 5 c) est une moulure en creux formée également par un quart de cercle.

Le congé (fig. 6 c) n'est autre chose qu'un cavet de petite dimension, dont on se sert pour adoucir l'angle droit produit par les intersections perpendiculaires de certaines parties d'un ordre ; on le nomme aussi apophyge.

La baguette (fig. 7) est une moulure saillante très étroite dont la section ou profil forme un demi-cercle.

Fig. 7. Fig. 8. Fig. 9.

Baguette. Tore ou boudin. Gorge.

Le tore ou boudin (fig. 8) est une moulure saillante semi-circulaire, semblable à la baguette, mais d'un diamètre plus grand.

La gorge (fig. 9) est l'inverse du tore; c'est une moulure semi-circulaire concave..

La bravette ou tore corrompu (fig. 10) est une moulure convexe dont le profil paraît décrit par des arcs appartenant à deux ou plusieurs cercles différents.

Fig. 10. Fig. 11. Fig. 12.

Bravette ou tore corrompu. Scotie. Astragale.

La scotie (fig. 11) est une moulure concave dont le profil parait décrit par des arcs appartenant à deux ou plusieurs cercles différents. Cette moulure se rencontre principalement dans les bases des colonnes.

— lO —

V astragale (fig. 12) est composée d'une baguette, d'un filet et d'un cavet réunis.

Le talon (fig. 1 3) est une moulure mi-convexe et mi-concave, composée d'un quart de rond et d'un cavet. Le quart de rond forme la partie la plus Fig. 13. Fig. 14. saillante.

îiiîCTI^l r^^^ --^1 wmm^. La doucine (fig. 14) est

également formée d'un quart de rond et d'un cavet, mais disposés en sens inverse.

On appelle cymaise toute moulure courbe ou ondulée qui termine une corniche. C'est ainsi que le talon, la doucine, et même quelquefois le quart de rond reçoivent le nom de cymaise.

Talon.

Les bossages (fig. i5) sont des saillies sur une surface plane, par exemple sur le mur d'un édifice.

Ils sont séparés par des espèces de canaux ou petites gorges qu'on appelle refends.

Bossages et refends.

A l'explication des principales moulures employées dans les ordres classiques nous joignons celle de quelques termes fréquemment employés dans la description des monuments.

On appelle arcade l'espace ménagé entre deux colonnes ou deux piliers, et surmonté d'un arc de forme quelconque. Cet arc abc (fig. 16), tantôt simple, tantôt couvert de moulures et d'ornements divers, prend aussi le nom d'archivolte (mot dérivé du latin arcus volutus).

L'intrados d'un arc ou d'une archivolte est la surface concave intérieure def de l'arc, Vextrados la surface convexe extérieure goi. Le claveau b est la clef àQ l'arc. On appelle pied-droit la. partie k du jambage d'une porte ou d'une croisée qui supporte Y imposte m; celle-ci n'est autre chose qu'une sorte de chapiteau engagé supportant le sommier c ou claveau inférieur de l'archivolte. Les parties s portent le nom de reins.

Le fronton est un couronnement, le plus souvent triangulaire, qui surmonte les façades des édifices, leurs portes ou leurs fenêtres. Il se compose de deux parties : du tympan n et de la corniche r. Le tympan n est le panneau

Fig. 16.

Portique.

triangulaire compris entre la corniche et les rampants. On appelle aussi tympan de porte ou de fenêtre la partie comprise entre l'intrados de l'arc qui les couronne et une ligne horizontale passant par les points de naissance de cet arc.

La distance, d'axe en axe, de deux colonnes consécutives s'appelle entrecolonnement.

Les chambranles sont les moulures qui encadrent les portes et les fenêtres.

Un stylobate est un soubassement ou piédestal continu supportant les colonnes et s'étendant sur toute la longueur d'un édifice.

On appelle attique un étage d'importance moindre qui termine un édifice à sa partie supérieure, et qui. est séparé, par une corniche, des ordres inférieurs.

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