FRAGMENT DU TABERNACLE AUX RELIQUES
Le palais pontifical, qui fut la résidence des papes jusqu'au XR'e siècle, s'étendait de la basilique jusqu'au-delà du sanctuaire actuel de la Scala santa. Sur l'emplacement de l'aile du palais moderne qui regarde l'obélisque, se trouvait la salle du concile, magnifique basilique où se tinrent tous les conciles du moyen-âge. Ses onze absides étaient ornées de mosaïques. Elle se terminait, au nord, par la grande loge des bénédictions papales. Les peintures de Giotto dont elle était décorée en ont été détachées ; l-'une d'elles est conservée dans la basilique, sur un pilier de la nef latérale de droite; elle représente Boniface VIII promulguant le jubilé de 1300 0).
L'entrée principale du palais, le « porticus palatii », par où passaient les processions et les ambassadeurs, devait être derrière le couvent actuel des Passionnistes. Elle était défendue par une forteresse, la « turris Zachariae », dans laquelle le pape Zacharie avait fait peindre les différentes parties du monde chrétien. L'ne idée analogue avait inspiré 1' « Orbis pictus » d'Auguste et donnera naissance plus tard à la galerie des cartes géographiques, au Vatican.
A droite de ce portique on vénérait la « Scala Pilati » ou « Scala santa », placée entre deux autres escaliers (-). On n'a sur ce monument aucun document antérieur au XII^ siècle ; il a été transporté à sa place actuelle par Sixte V. On a cru y voir une allusion dans le passage du Liber pontificalis où il est dit que Sergius II montra au peuple les « limina sancta ». Mais cette expression très vague peut, avec au moins autant de probabilité, désigner l'escalier du palais ou celui de la basilique. Nous n'avons de témoignages clairs que ceux du moyen-âge, XIII^ et XIV^ siècles, qui mentionnent la « Scala Pilati ». Il est vrai que ce nom était donné aussi à d'autres escaliers, qu"il y en avait un par exemple au ^^atican. On peut croire que tous ces monuments étaient autant d'imitations de l'escalier du prétoire. La grande véné-
1. Dante viot a Rome pour ce jubilé. On croit qu"il logea à IWlbergo deirOrso, qui était alors le principal hôtel de la ville, et qui certainement est le plus ancien des hôtels actuellement existants.
2. Cf. Mazzucconi, Memorie sloriche délia Scala santa, Rome, 1840.
lOO ÉLÉMENTS d'aRCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE,