‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 2)Chapitre 120 sur 384 · Cf. Grisar, Analecta rom., t. I, p · texte numérisé non relu

Cf. Grisar, Analecta rom., t. I, p

5. Restitution de M. de Rossi, Inscript, christ., t. II, p. la, p. 200.

Il8 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.

renfermait, au fond, à droite, le baptistère entouré de colonnes et formant une sorte de portique ; à gauche, Tautel des Sts-Procès-et-Martinien. Le baptistère était l'œuvre de S. Damase ; voyant que les eaux qui descendaient de la colline s'infiltraient dans les tombeaux, ce pape les réunit et s'en servit pour alimenter la fontaine baptismale, ainsi que le rappelle l'inscription commémorative composée par lui et maintcnent encore visible dans les cryptes de St-Pierre :

CINGEBANT LATICES MONTE.M TENEROQVE MEATV CORPORA MVLTORVM CINERES ATQVE OSSA RIGABANT NON TVLIT HOC DAMASVS COMMVNI LEGE SEPVLTOS POST REQVIEM TRISTES ITERVM PERSOLVERE POENAS PROTIXVS AGGRESSVS MAGNVM SVPERARE LABOREM AGGERIS IMMEXSI DEIECIT CVLMINA MONTIS

INTIMA SOLLICITE SCRVTATVS VISCERA TERRAE SICCAVIT TOTV.M QVIDQVID MADEFECERAT HVMOR INVENIT FOXTEM PRAEBET QVI DOXA SALVTIS HAEC CVRAVIT MERCVRIVS LEVITA FIDELIS

Deux édifices ronds étaient attenants à l'abside, mais en dehors de la basilique. L'un était le mausolée construit vers la fin du IV*^ siècle par Valentinien II pour lui et sa famille. u mausoleum Augustorum ». C'était probablement une imitation du mausolée d'Auguste sur la voie Flaminienne. Sous Paul III on y retrouva le sarcophage et le magnifique trésor de l'impératrice Marie, fille de Stilicon et femme d'Honorius 0). Ce mausolée devint l'église de Ste-Pétronille, quand Paul 1er y transporta le corps de cette Sainte. — L'autre édifice rond, l'église de St-André, était d'une époque postérieure; il fut bâti par le pape Symmaque, au \''^ siècle, près de l'obélisque de Néron, au milieu de la « spina » du cirque impérial. Cette église subsista jusqu'au temps de Sixte V.

D'autres monuments, tout à fait indépendants, s'élevaient dans le voisinage. Ainsi le mausolée des Anicii Probi, qui fut détruit au X^'e siècle par Nicolas V ; nous avons heureu-

I. Cf. Bosio, Koni, so'.t., 1. H, c. 7 ; — de Rossi, Bullett.. 1S63, p. 53-56.

sèment une copie de l'inscription clans les manuscrits de JMaffeo Vegg'io l'i; — les monastères de St-Étienne-lc-Majeur et de St-Étienne-le-Mineur, dont il reste un souvenir dans le nom et l'église de St-Étienne-des-Abyssins ; — le monastère de St-Martin-de-Tours, où fut vénérée jusqu'au XV^ siècle la statue en bronze de S. Pierre conservée dans la basilique moderne.

Le pape avait près de St-Pierre une maison, un « episcopium », dans lequel un appartement était réservé aux empereurs qui venaient se faire couronner.

La bourgade créée ainsi autour de la basilique était, comme celle de St-Paul, reliée à la ville par un portique, le « porticus S. Pétri ». \>rs le milieu du IX*^ siècle, Léon I\' l'annexa à la ville et en forma la « civitas Leoniana ».

.5^ IL La basilique moderne et les cryptes Vaticanes {^).

La basilique fut commencée par Nicolas V. L'ancienne était alors en si mauvais état que les pèlerins qui vinrent au jubilé de 1450 en furent très choqués; il est probable que le pape entendit aussi d'autres plaintes au moment du couronnement de Frédéric IIII (1452). On se borna d'abord à démolir le mausolée des Anicii afin de prolonger la basilique. A cause des dépenses énormes que devait entraîner la reconstruction, les travaux ne tardèrent pas à être suspendus (1455), Sixte IV éleva même une nouvelle chapelle du chœur. Mais Jules II consomma la destruction, avec le concours de Bramante (3). Raphaël, Sangallo, Michel-Ange succédèrent à ce dernier dans la direction des travaux. Paul V acheva la

1. Cf. de Rossi, Inscript, christ., t. II, p. i^, p. 111-113, 348-349.

2. Cf. Cancellieri, Descrizione délia basilica Vnticana cou iina biblioteca degli auiori che ne hanno traltato, Roma, 1788; — Mii^nanti, Istoria delht sacrosanla patriarcale basilica Vaticana, Roma, 1867.

3. Bramante avait la réputation d'être un grand démolisseur. On l'avait surnommé « maestro Guastante, maestro Ruinante ». Le véritable vandalisme qu'il montra dans la destruction de la basilique Vaticane souleva de légitimes protestations. Michel-Ange se plaignit vivement au pape de ce qu'on laissait tomber et se briser de magnifiques colonnes qu'il eût été peu coûteux de conserver et qu'il serait bien difificile de remplacer.

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façade, œuvre médiocre de Maderno il605), et Alexandre VII construisit la colonnade.

Dans le vestibule ou « narthex » il y a plusieurs monuments intéressants au point de vue archéologique. D'abord l'épitaphe composée par ordre de Charlemagne pour le tombeau d'Hadrien I'^''. Elle était dans l'ancienne basiliciue, et on l'a fixée sur la paroi du vestibule de la nouvelle, à gauche de la ]oorte d'entrée. Le style très littéraire de cette inscription a fait croire à M. de Rossi qu'elle avait Alcuin pour auteur;' et il a trouvé dans la nature de la pierre sur laquelle elle est gravée, une preuve qu'elle fut exécutée en France même. C'est Charlemagne qui parle et fait l'éloge de son ami :

HIC PATER ECCLESIAE KOMAE DECVS INCLITVS AVCTOR HADRIANVS REQVIEM PAPA BE.\TVS HABET

POST PATREM LACRIMANS CAROLVS HAEC CARMINA SCRIPSI

TV MIHI DVLCIS AMOR TE MODO PLANGO PATER TV MEMOR ESTO MEI SEQVITVR TE MENS MEA SEMPER

CVM CHRISTO TENEAS REGNA BEATA POLI TE CLERVS POPVLVS MAGNO DILEXIT AMORE

OMNIBVS VNVS AMOR OPTIME PRAESVL ERAS NOMINA IVNGO SIMVL TITVLIS CARISSIME NOSTRA

HADRIANVS CAROLVS REX EGO TVQVE PATER (').

Le Style épigraphique du VP et du VIP siècle, même du commencement du V'IIP, était loin de cette perfection; il y eut sous Charlemagne une sorte de renaissance littéraire. C'est sous l'influence de cette même renaissance qu'ont été composés, dans un but d'étude, les premiers recueils épigraphiques, entre autres le célèbre recueil d'Einsiedeln.

En face de cette inscription il faut remarquer la mosaïque appelée « navicella di S. Pietro ». C'est un fragment d'une grande composition de Giotto (XI IP siècle), dont les débris ont été dispersés dans la villa Torlonia (aujourd'hui villa Poli sur la via Prenestina) et ailleurs. La partie droite fut recouverte jusqu'à ces dernières années d'autres mosaïques.

I. Cf. de Rossi, Imcript. christ., t. II, p. P, p. 411 ; L'inscription du iombeau tf Hadrien 1", dans les Mélanges de P École française, 1888, p. 478 sq.

Des restes d'une mosaïque analogue ont été découverts sur la façade latérale de l'église d'Ara caeli.

Plusieurs inscriptions du moyen-âge, également fixées dans le vestibule, concernent des donations de fonds faites à St-Pierre. L'énumération de ces « massae » a une certaine importance pour la topographie de la campagne romaine à la même époque.

On entre dans la basilique par plusieurs portes. Celle du milieu, en bronze, fut fondue sous Eugène IV (X\'*^ siècle) par le célèbre artiste grec Philarète. L'inscription fait allusion au Concile de Florence :

VT GRAECI -aRMEXI AETIOPES HIC ASPICE VT IPSA ROMAN AM AMPLEXA EST GENS lACOBIXA FIDEM

SVXT HAEC EVGEXI MOXIMEXTA ILLVSTRA QVARTI EXCELS1 HAEC AXIMA SVXT MOXIMEXTA SYI

Les bas-reliefs représentent Xotre-Seigneur entre S. Pierre et Eugène IV, et le martyre des deux Apôtres d'après les opinions qui commençaient à a\"oir cours : les deux « metae » sont figurées par la pyramide de Cestius et celle qui s'élevait près de Ste-Marie Transpontine. Au-dessus, des épisodes du pontificat d'Eugène IV, le Concile de Florence, l'entrée solennelle de Paléologue et du patriarche à Florence, l'entrée du pape à Rome par la porte du Peuple.

Laissant à d'autres le soin de décrire toutes les œuvres dart modernes qui ornent l'intérieur de la basilique, nous ne parlerons ici que des monuments anciens, proprement archéologiques.

Dans la première chapelle à droite, celle de la Pietà, nous remarquons une colonne de marbre, décorée de branches de vigne, qui fit partie de l'ancienne confession ; d'après l'inscription qui l'accompagne, elle viendrait du temple de Jérusalem, et Xotre-Seigneur s'y serait appuyé soit pour prier, soit pour prêcher. Il y a dans la même chapelle le sarcophage d'Anicius Probus 395'. avec les figures des Apôtres et une inscription rappelant la noblesse de ce personnage.

La chapelle du T. -S. -Sacrement renferme le monument

Elém. d'archéol. ohrét. — III. ii

sépulcral de Sixte I\', fondu par Pollaiulo. C'est dans ce

monument que repose le corps de Jules II, neveu de Sixte I\'.

Plusieurs sarcophages anciens ont été placés sous les

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