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dans une tour près de la Chancellerie, le pape fut délivré presque aussitôt par le peuple et retourna à Ste-Marie- Majeure célébrer la troisième messe.
Les reliques venues au VIP siècle augmentèrent encore la vénération dont la basilique était entourée. Le p>euple prit peu à peu l'habitude de l'appeler Ste-Maire-Majeure. Au moyen-âge, elle portait aussi le nom de « S. Maria in superagio », en souvenir de !'« agger Servii TuUii », — et celui de « Basilica Domnae ». qui fit appeler la porte voisine (porte Majeure) « porta Domnae » et «porta délia Donna ».
De grandes restaurations furent faites sous Nicolas IV à la fin du XIIP siècle. Avant lui, l'abside était à jour, terminée par des arcs et une galerie comme au Latran. Il fit fermer les arcs et commencer les mosaïques, oii est représentée la légende de la neige. Au XV^ siècle, Alexandre VI décora le plafond avec le premier or venu d'Amérique. Sixte V et Paul V firent construire, l'un la chai>elle du Très-Saint- Sacrement, où il plaça sous l'autel une reproduction de la crèche remplaçant l'ancienne qui n'existait plus ; l'autre, la chapelle Borghèse en face de la chapelle Peretti ou Sixtine. Ce furent les derniers grands travaux exécutés à Ste-Marie- Majeure pour la décoration intérieure. En somme, c'est des quatre basiliques patriarcales celle qui a été le moins transformée ; les colonnes actuelles sont certainement de l'époque romaine. La façade moderne fut bâtie par Benoît XIV, qui heureusement obligea son architecte à conserver l'ancienne mosaïque.
Il y avait autrefois devant la basilique un « atrium » ; il n'en reste plus de traces. Disparu aussi, l'ancien palais épiscopal ; on en a cependant retrouvé quelques traces à gauche de l'église actuelle, dans le palais Cassetta. C'est à cet « episcopium » qu'au X\'IP siècle succéda celui du Quirinal ; aussi les lettres papales envoyées du Quirinal sontelles signées « apud .S. Mariam Majorem ».
Eléra. d'archéol. chrét. — III.
§ II. Description.
Les principaux monuments anciens de Ste-Marie-Majeure sont ses mosaïques.
La mosaïque de la façade est du XI IF siècle. Elle a été endommagée par la construction de la Loggia sous Benoît XIV. Mais un manuscrit de la Bibliothèque Barberini nous la décrit telle qu'elle était primitivement. Il y avait alors les portraits des deux cardinaux qui la firent exécuter, Pierre et Jacques Colonna. La mosaïque est divisée en deux étages, un peu différents de style. Le style général n'est plus celui des mosaïques byzantines antérieures au IX^ ou au X*^ siècle, mais celui de l'art byzantin des XI I^ et XI II'^ siècles. L'auteur de la partie supérieure a signé son œuvre : c'est un certain Philippus Rusutus, et il semble avoir appartenu à l'école des artistes qui achevèrent les fresques de Cimabué dans l'église de St-François à Assise. L'exécution dut avoir lieu entre 1288 et 1318 : c'est en effet en 1295 que Mino da Turrita termina la mosaïque de l'abside aux frais du cardinal Jacques Colonna, or celle de la façade marque un progrès dans le développement de l'art et doit par conséquent lui être postérieure.
A l'étage supérieur, on voit, assis dans une gloire formée d'étoiles, et désigné par les abréviations IC • XC, Notre- Seigneur, qui bénit de la main droite, et de la gauche tient le livre des Évangiles. Autour du S,auveur sont quatre anges, dont deux portent des encensoirs, et les deux autres des candélabres. En haut, au niveau des premiers, est représenté un autre ange accompagné de trois animaux: ce sont les symboles des Évangélistes. Au niveau des anges inférieurs, on voit, à droite, la T. Ste \'ierge avec les lettres M F • (-)T ; puis l'apôtre S. Paul tenant un glaive, et à côté de lui Tinscription MiHi viVERE CHRISTUS; S. Jacques, en costume de pèlerin, qui rappelle les pèlerinages fameux de Compostelle ; une autre figure dont le nom, HIERONIMVS, est conservé dans le ms. Barberini. A gauche du Sauveur, il y a S. Jean-Baptiste avec son nom; S. Pierre, également avec son nom, et entre
ses mains l'inscription TV ES CHRISTVS FILIVS DEI vivi ; S. André, et enfin un autre Saini que le ms. Barberini appelle S. Mathias. La signature de l'artiste se trouve sous le marchepied du trône: PHILIPP • RUSVTl • FECIT HOC OVS (opus). Passons à l'étage inférieur. Il est l'œuvre d'un élève de Giotto, Gaddi. A gauche, on voit un pape endormi, la mitre près de lui, et au-dessus, au milieu d'anges et de flammes., la Ste Vierge avec son Fils, qui semble parler au pontife ; au-dessous l'inscription : ApparviT • PP • LIBIO • DICES •
FAC • M • ECCL • i.MOXTE SVPAGio (superagio) sic! • NIX • IXDICAT. C'est l'apparition légendaire de la Ste Vierge au pape Libère, A côté, elle apparaît aussi au patrice Jean, comme l'indique l'inscription : QVAE EADEM NOCTE appa-
RVIT lOHANNI PATRICIO IDEM DICENS NONIS AVGVSTE
Dans le tableau suivant, le patrice Jean raconte sa vision au pape Libère assis sur un trône: QVI iohannes PATRI-
CIVS IVIT AD PAPAM LIBERIVM PRO VISIONE QVAM VI-
DERAT. Enfin le dernier tableau rriontre le Sauveur et la Ste Vierge faisant tomber une neige abondante sur l'Esquilin, et le pape Libère avec le clergé de Rome et le patrice Jean traçant sur la neige le plan de la nouvelle basilique ; l'inscription est très effacée, on peut la lire ainsi : QUANDO
PAP ET IOHANNES PATRITIVS CVM CLERO ET POPVLO RO- MAND NIVE DEALBATVM INVENIENTES LOCVM FODERE VOLEBANT ET TERRA PER SE APERTA EST.
L'intérieur de la basilique est, comme nous lavons dit. bien conservé. Le partage des trois nefs est fait par quarante colonnes ioniques en marbre blanc. D'après une légende, elles proviendraient du « macellum Liviae », ou, suivant d'autres, du temple de Diane Lucine. Il est plus probable que ce sont les anciennes colonnes de la basilique Sicinienne. Au moyen-âge, l'église était entourée de chapelles, un peu comme à St-Pierre. Au-dessus de la porte d'entrée était une grande mosaïque avec la dédicace de Sixte III rapportée plus haut 0).
I. Cf. la description des mosaïques de Sixte III par Bianchini dans son édition du Liber pontificalis (P. L., t. CXXVIII, col, 263 sq.).
1 S6 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.
La mosaïque de l'arc triomphal remonte aussi au temps de Sixte III. On y voit au milieu, en haut 1" « etimasia ». c'est-à-dire un trône vide, le trône céleste préparé pour le Sauveur qui va s"y asseoir ; il y a d'autres exemples de ce symbole. De chaque côté se tiennent S. Pierre et S. Paul. A gauche de ce groupe central, il y a l'Annonciation et un groupe d'anges rappelant la parole de S. Paul (i): « Et adorent eum omnes Angeli Dei » ; puis Zacharie, souvenir