‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 2)Chapitre 141 sur 384 · Nuovo bicllet., 1899, p. 137 s(j · texte numérisé non relu

Nuovo bicllet., 1899, p. 137 s(j

■de Melchisédech, ont été mises là, sans aucun doute, parce •que ce sacrifice fut une figure de l'Eucharistie ; le P. Grisar, qui les a étudiées minutieusement, juge qu'elles ressemblent aux peintures du IV*^ siècle. Il a constaté aussi qu'elles ont été sciées pour s'adapter exactement à cette place. On peut en conjecturer qu'elles ont appartenu d'abord à la basilique primitive, et qu'il y avait dans cette basilique, transformée par le -pape Libère, une sorte de bible figurée du 1\'^ siècle, par ailleurs inconnue, analogue au rouleau de Josue de la Bibliothèque Vaticane et au rouleau de la Genèse de la Bibhothèque de Menne.

La grande MOSAÏQUE DE l'abside est bien postérieure aux précédentes ; elle fut exécutée sous Nicolas IV, à la fin du XI IP siècle, par Giacomo da Turrita. A la partie supérieure on voit l'Agneau divin, et au-dessous le monogramme du Christ. Le centre de l'abside est occupé par un grand tableau du couronnement de la Ste Vierge ; des groupes d'anges entourent le trône ; au-dessous deux disques figurent le soleil et la lune, -et on lit sur deux lignes l'inscription : MARIA

VIRGO ASSVPTA EST AD AETHEREV THALAMV IN QVO REX REGV STELLATO SEDET SOLIO EXALTATA EST SANCTA DEI GENITRIX SVPER CHOROS AXGELORVM AD COELESTIA RE- GNA. De chaque côté, trois saints, debout, désignés par leurs noms, et à genoux, un personnage vivant ; à droite : le C^i Colonna, S. Jean-Baptiste, S. Jean l'évangéliste, S. Antoine; à gauche, le pape Nicolas I\', S. Pierre, S. Paul et S. François. Cet ensemble est terminé inférieurement par un fleuve sur lequel flottent des barques et des animaux. Pareil sujet se rencontre à St-Jean-de-Latran et à Ste-Constance ; il est donc vraisemblable qu'ici il fit d'abord partie d'une composition primitive remplacée par Nicolas IV. Au-dessous de cette ligne, il y a d'autres scènes séparées par les fenêtres : au centre, la mort de la T. Ste \^ierge, d'après les données des Évangiles apocryphes ; à gauche, la crèche, l'Annonciation, et S, Jérôme qui instruit une matrone ; à droite, l'Adoration des Mages, la Présentation, et S. Mathias dans l'attitude de prêcher.

Jusqu'à la Renaissance du X\'*^ siècle, la basilique conserva d'autres parties de sa décoration primitive : des ambons du XI P siècle, et deux autels, dont l'un avait été dédié à tous

les Saints par le C^' Capocci. et l'autre conservait l'image de la Ste A'ierge, « Salus populi romani », aujourd'hui dans la chapelle Borghèse. Cette image, gratuitement attribuée à

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S. Luc, est de style byzantin; elle aura pour auteur quelque artiste venu d'Orient à Rome après la persécution des Iconoclastes.

Le pavé est un travail des Cosmates contemporain de la mosaïque de l'abside. L'inscription qui y était autrefois tracée rappelait les deux nobles romains par les soins . desquels il fut exécuté, Scotto et Giovanni de Paparoni.

Il y a un autre travail de la même école au fond de la nef latérale, du côté de la chapelle Sixtine. C'est le tombeau du cardinal Gonsalvo, évoque d'Albano ,(►^'1299}. Il porte le nom de son auteur: HOC OP FEC iohes MAGRI COSM CIVIS ROMANVS. Au-dessus du tombeau il y a un tabernacle en marbre et une mosaïque représentant la très Ste Vierge entre les deux Saints dont les reliques reposaient sous l'au-. tel majeur et au « praesepe », S. Mathias (ME TENET ara PRIOR) et S. Jérôme (recvbo psepis ad antrv).

Le campanile, qui existait déjà au XI P siècle, fut, au XR^*^, reconstruit par Grégoire XI après son retour d'Avignon (1377). C'est un beau monument de la restauration du St-Siège à Rome. De là est venue une cloche qui se trouve maintenant au Musée de Latran et qui porte l'inscription suivante :

AD • HONOREM • DEI ■ ET • BEATE • MARIE • VIR GINIS • ISTA • CAMPANA • FACTA • F VIT • FER ALFANVM • POSTMODVM • IN • ANNO • DOMINI MCCLXXXIX ■ RENOVATA ►i^ EST • FER DOMINVM • PANDVLFVM • DE • SABELLO PRO • REDEMPTIONE • ANIME • SVE • GVIDOC TVS • FISANVS • ET • ANDREA • EIVS • FILIVS ME • FECERVNT.

Elle avait donc été donnée par Alfanus, le secrétaire de Calixte II, qui joua un rôle au Concile de Worms ; et réparée par le frère d'Honorius IV, Pandulfus de Sabello (Savelli), qui combattit contre Conradin à la bataille de Tagliacozzo (1268).

Signalons enfin, dans l'escalier du palais du Chapitre, le

DESCRIPTION DE STE-MARIE-MAJEURE. l6l

sarcophage des SS. Simplice et Faustin. martyrs sous Dioclétien. Léon II transporta leurs corps, du \'II'^ mille de la voie de Porto, où ils avaient été dép>osés, à Ste-Bibiane, et de là ils sont venus à Ste-Marie-Majeure (').

La grande relique de Ste-Marie-Majeure est celle de la CRÈCHE i-i. On admet généralement quelle est arrivée à Rome vers le milieu du \'II*^ siècle, sous le pontificat de Théodore, qui était originaire de Palestine. Le reliquaire dans lequel elle est renfermée est moderne, l'ancien ayant été volé pendant l'invasion française. L'n inventaire du XV*^ siècle, cité par Mgr Liverani, mentionne ime double rehque ; « Tabula una... cum imaginibus et litteris graecis ac lapidibus pretiosis, ubi reconditum est Puerperium D. X. J. C. — Quinque asseres seu tabulae oblongae ad mensuram unius brachii et plus, strictae ad mensuram quatuor digitorum, quae sunt de cunabulo D. X. J. C. » Aujourd'hui il n'y a plus rien des linges que doit désigner le mot « puerperium ;> -^1, mais seulement cinq fragments de bois.

En 1893, sur la demande du cardinal archiprêtre Hohenlohe, les PP. Cozza-Luzzi et Lais firent un examen de ces fragments. Sur l'un d'eux, le P. Cozza lut une inscription grecque assez étrange et qui n'a aucun rapport avec la crèche : « ...inter duos angelos parva, in manibus eorum coronam super caput... Sanctus Demetrius Thessalonicensis, subter Sanctus Eustachius et Christus inter cornua cervae, et Sanctus Eustratius subter — Sanctus Sisinnius martyr, et fiant quinque mart\'ribus sedentes sui>er equos — Christus propitius sit tibi — Et fiât huic imagini pulchrae aurum ». On peut conjecturer que la planche sur laquelle est tracée cette inscription du AT le siècle faisait partie d'un cadre, que le tableau orné de ce cadre représentait plusieurs Saints et

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