‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 2)Chapitre 160 sur 384 · Ed. Duchesne, I, p · texte numérisé non relu

Ed. Duchesne, I, p

STE-SABINE

pie do Juno Regina ; sur la seconde à gauche en entrant on lit le nom RVFENO, le même que Bianchini déclare avoir vu

sur une colonne de Ste-Marie-Majeure (^). Ce Rufinus serait-il le célèbre Rufin, magistrat sous Arcadius ? C'est plus proba-

I. « Columnae ferme singulae navem medianam sustinentes praeferunt nonien Riifini ad imum scapum antiquitus incisum. » De vit. Rom. Pontif., Sixt. III {P. L., t. CXXVII, col. 232).

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blement le propriétaire des carrières d'où venaient ces colonnes, ainsi que le pense le P. Grisar (M après le P. Bruzza (^). Des restaurations furent faites sous Léon 111 à la fin du VI 11^ siècle et sous Grégoire IV au IX*^. A côté de l'église était la résidence du cardinal titulaire, encore assez bien conservée, mais transformée au moyen-âge en forteresse. Plonorius III (1216) en fit une résidence pontificale qui s'appela palais Savelli [^) ; on reconnaît encore les traces de ses travaux en « opéra saracinesca ». Il y confirma la règle des Frères-Prêcheurs, y reçut aussi S. François ; puis, il légua le palai's à S. Dominique, qui y demeura longtemps, ainsi que S. Thomas d'Aquin.

L'église a conservé sa forme basilicale. Les deux jwrtes sont anciennes. La principale est dans le monastère, du côté où se trouvait anciennement I' « atrium ». Quand on a franchi cette porte, on voit au-dessus, à Tintérieur, une belle inscription en mosaïque à lettres bleues sur fond d'or:

CVLMEN APOSTOLICVM CVM CAELESTINV.S HABERET PRIMVS ET IN TOTO FULGERET EPISCOPVS ORBE HAEÇ QVAE MIRARIS FVNDAVIT PRESBYTER VRBIS ILLYRICA DE GENTE PETRVS VIR NOMINE TANTO DIGNVS AB EXORTY CHRISTI NVTRITVS IN AYLA PAVPERIBVS LOCVPLES SIBI PAVPER QVI BON A YITAE PRAESENTIS FYGIENS I^IERVIT SPERARE FVTVRAM.

Cette inscription, écho peut-être du concile d'Éphèse, est un remarquable témoignage en faveur de la suprématie de Tévêque de Rome. Elle parle de la fondation même de l'église, non d'une simple restauration. Elle complétait une grande composition en mosaïque dont il ne reste plus que les deux personnages qui sont à droite et à gauche de l'inscription, deux femmes voilées portant un livre et représentant TÉglise sortie des Gentils et l'Église issue du Judaïsme:

.ECLESIA EX GENTIBYS, ECLESIA EX CIRCYMCISIONE. Sui-

1. S/or/a dei papi, vol. I, p. II», p, 401 ; et Aiiakcta 7-oiiiana, t. T, p. 454.

2. Isci-izioiii dci i>ia7-juis;rezzi, dans les Ann. deW Istit. gernt., 1870, p. 107 sq.

3. La famille Savelli a donné à l'Église les deux papes Ilonorius III et Honorius IV.

-Af:

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vaut Ciampini ('), il y avait en outre, en haut, les symboles des Évangclistes ; au-dessus d'e 1' « Ecclesia ex circumcisione », S. Pierre recevant la loi divine; au-dessus de 1' «Ecclesia ex gentibus >>, S. Paiil prêchant.

Les colonnes ne sont pas surmontées d'une architrave, comme dans les monuments antérieurs au V*^ siècle, mais séparées par de petits arcs décorés en « opus sectilc ». Les fragments de marbre figurent des objets qui semblent des miroirs surmontés de la "croix. La basilique date en effet de 1 "époque où on commençait à figurer la croix sous sa vraie torme. L'arc majeur était 'décoré de mosaïques maintenant remplacées par des peintures ; Ciampini nous apprend ciu'elles représentaient le buste du Sauveur au milieu des bustes des Apôtres et de quelques disciples.

L'autel et la confession sont modernes. Ils renferment les corps de Ste-Sabine, des SS. Alexandre, Eventius et Théodule. Plusieurs débris de Tambon et de la « schola cantorum » avaient été employés pour former le dallage ; on les a relevés il y a quelques années et fixés aux parois de l'église. Les pierr'es noires que l'on montre comme ayant servi au supplice des martyrs sont d'ancien poids, semblables à ceux que l'on a trouvés dans plusieurs maisons romaines et à Pompéi.

Le monument le plus précieux est la grande porte en bois sculpté, encore assez bien conservée, quoiqu'elle ait été endommagée par des restaurations modernes i-i. On la considérait autrefois comme un ouvrage du XI F ou du XI IP siècle. Un archéologue russe, 'SI. Kondakoff, a démontré qu'elle remonte au V^, qu'elle est d'un style qui rappelle beaucoup celui des nombreux sarcophages chrétiens de cette époque, qu'elle n'a au contraire aucune analogie avec les sculptures du moyen-âge. Elle doit donc être contemporaine de Célestin I'^'' ou de Sixte III. Les tableaux dont elle se

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