Tit., vil
Klém. d'archéol. chrét. — III. 21
DECIVS MARIVS VENAN'TIVS BASILIVS VC ET INL PKAEF \~RB PATRICIVS CONSVL ORDINARIVS ARENAM ET PO D I V M Q V A E A B O M I NANDI TERRAE MO T V S R \" I N A P R O S T R A \' I T S V M T V P R O PRIO RESTIT\'IT
Nous trouvons ensuite des mentions du monument dans les catalogues régionnaires. puis dans Bède, le premier auteur qui emploie le nom de Colisée. On connaît le mot de cet écrivain : « Quamdiu stat Coliseus, stat et Roma ; quando cadet Coliseus, cadet et Roma ; quando cadet Roma. cadet et mundus i^X » L'étymologie du nom de Colisée est discutée ; il est plus probable qu'il fait allusion à la masse même de l'Amphithéâtre Flavien.
En 1084, les Normands le ravagèrent. Il fut ensuite transformé en une forteresse, qui passa successivement au pouvoir des Annibaldeschi, des Frangipani. de la commune ; c'est alors qu'on y construisit des tours, qu'on enleva les parties métalliques, etc. En 1334, on y donna une chasse semblable aux chasses antiques. Un tremblement de terre amoncela de nouvelles ruines. Une partie des décombres a ser\-i à construire des églises et des palais, notamment le palais de St-Marc et le palais Giraud, aujourd'hui Torlonia ; mais il est faux qu'on ait jamais détruit à dessein le Colisée, qu'on en ait fait comme une carrière à exploiter. Il aurait subi plus de dégâts, s'il n'avait été. sous Benoît XlV. consacré par la religion, comme le Panthéon et bien d'autres monuments. Les fouilles et réparations modernes ont commencé sous le pape Pie ^'11 ; une grande partie de 1' « arena » a été décou-
I. Excerptiones Pafrtim ColUctama (/'. Z. , t. XCIV, col. 543)
LA m'' RÉGION.
\erte en 1813. Léon XII, Grégoire XVI, Pie IX, puis le gouvernement italien, ont complété les travaux.
Nous pouvons reconnaître la' forme primitive du Colisée en étudiant les médaillons de Vespasien, de Titus, de Gor* dien III, et les bas-reliefs du tombeau des Atherii conservé au musée de Latran.
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L'AMPHITHEATRE FLAVIEN.
L'édifice s'élevait sur l'emplacement du jardin de Néron, lequel s'étendait du Palatin à l'Esquilin. C'est à cet endroit qu'était la maison dorée ; on en voit les restes sous l'Esquilin, et une partie du pavé de marbre a été trouvée récemment à quatre ou cinq mètres sous terre. Les médailles représentent le monument entre le portique des Thermes de Titus, la « Meta sudans » et la statue colossale de Néron, dont le soubassement existe encore. L'aspect extérieur est celui d'une ellipse. Le mur présente, dans sa hauteur, trois ordres d'architecture, surmontés de l'attique. Au milieu de chaciue
arc était placée une statue; des écus de bronze formaient le couronnement. Les arcs étaient au nombre de 80, dont 76 numérotés en chiffres romains : quatre formaient des portes réservées, dont deux pour l'empereur, surmontées de tribunes. De tous ces arcs 47 se sont écroulés.
A l'intérieur, il faut distinguer 1' « arena », le « podium », et les degrés.
L' « arena » ou partie centrale était soutenue par des constructions transversales et elliptiques. Fea a cru que tous ces murs, encore visibles, étaient du moyen-âge ; d'autres les ont fait remonter indistinctement au temps même de la construction du Colisée. Il faut penser plutôt qu'ils sont de diverses époques. Nibby {^) remarque justement que jusqu'au temps de Trajan il est question de naumachies de l'amphithéâtre ; il n'y avait donc pas encore les murs que nous voyons. Mais ensuite aucune mention de ce genre de spectacle: la restauration de Trajan a dû comprendre une élévation de 1' « arena », qui en a fait un « pensile ». Nous voyons en effet de semblables constructions dans d'autres amphithéâtres. De ces souterrains on faisait sortir des bêtes, « emersisse feras », pour les changements à vue; on les utilisait aussi pour la manœuvre des machines. On reconnaît un corridor central, où en 1872 on trouva une sorte de rail en bois. Les nombreux puits ou lucernaires pratiqués de chaque côté servaient à faire monter, au moyen d'ascenseurs, les cages des bêtes fauves. Il est impossible de préciser davantage la destination des diverses parties souterraines. De là part un grand ambulacre qu'on doit identifier avec le crypto-portique de Commode.
Le « podium » et les degrés sont décrits par Calpurnius, écrivain du temps de Dioclétien. Le « podium » était orné de grilles dorées ; c'était la place réservée aux personnages distingués, consuls, sénateurs, édiles, flamines, vestales. Les niches rectangulaires symétriques pratiquées au-dessus servaient de refuge aux gladiateurs et aux « bestiarii » qui mettaient ainsi l'ennemi dans l'impossibilité de les attaquer autrement que par devant. Les gradins étaient partagés en