I. Roma antica, t. I, p
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« cunei » ou secteurs, désignés par le numéro de la porte correspondante ; des balustrades ornées de mosaïques formaient la limite des « cunei ». Chaque « tessera » indiquait au spectateur le « cuneus ». l'étage (.« moenianum »' et le numéro d'ordre de la place qu'il devait occuper. Tout en haut était le bas peuple, protégé par un petit portique, sur lequel étaient disposées des antennes pour dresser le « velarium >. A la manœuvre des voiles étaient préposés des marins, spécialement ceux de Misène. qui avaient leur caserne dans le voisinage. Les programmes faisaient savoir quand on userait des voiles : « Vêla erunt ».
Le Colisée nous rappelle des souvenirs chrétiens très nombreux et très touchants. Alarangoni et d'autres auteurs ont prétendu que l'architecte même du Colisée. un certain Gaudentius, devenu chrétien, y aurait été mis à mort. Toute cette histoire se fonde sur une inscription, qu'on prétendait provenir de Ste-Agnès, et qui se conserve dans la crypte de Ste-Martine :
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Mais les formules et la paléographie de cette inscription prouvent que certainement elle n'est pas authentique. Les chrétiens ne se permettaient pas d'objurgations contre l'empereur, et jamais dans les inscriptions anciennes les I ne portent le point comme dans celle-ci. Elle est l'oeuvre de quelque faussaire, émule du fameux Pirro Ligorio.
Nous avons des souvenirs autrement sérieux, qui permettent, malgré les doutes émis récemment sur la valeur de la tradition, d'affirmer que beaucoup de chrétiens ont trouvé la mort au Colisée. La lettre de S. Clément aux Corinthiens 0). les Actes authentiques des martyrs de Lyon, cités par Eu-
r. Ep. I ad Cor., v. (P. G., t I. col. 220).
286 ÉLÉMENTS DARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
sèbe i^), les Actes de Ste Perpétue, disent qu'un grand nombre de disciples de Jésus-,Christ furent livrés aux bêtes dans les divers amphithéâtres ; suivant Tertullien {^), ce supplice aurait peut-être été le plus commun ; il n'arrivait pas un malheur public sans que retentît aussitôt le cri féroce : « Christianos ad leonem ».
Nous savons le nom d"un illustre personnage qui fut ainsi exposé dans Tamphithéâtre Flavien. C'est S. Ignace d'Antioche, au temps de Trajan. Ses Actes, sans être contemporains, sont très anciens. Dans sa lettre aux Romains (^). il fait allusion au genre de supplice qui l'attend, et leur demande de ne pas intercéder en sa faveur. Il fut dévoré par des lions, sous le consulat de Sura et Sénécion (107); il ne resta de son corps que les gros ossements, dont peut-être les uns furent laissés à Rome, et les autres portés à Antioche « extra portam Daphniticam ».
On pourrait ajouter peut-être S. Eustache. martyr sous Hadrien, vers 120; — Ste Martine, mise à mort, d"après ses Actes, probablement vers le III<^ siècle; — SS. Abdon et Sennen (258), sous A'alérien, déposés d'abord dans un endroit secret, puis sur la Via Portuensis, enfin transférés à St-Marc par Grégoire IV ; — • Ste Darie, femme de Chrysante, ensevelie sur la Via Salaria (^258) ; — un groupe de plusieurs soldats, sous Claude le Gothique i268) ; — enfin la plupart de ceux dont on dit qu'ils furent immolés « in theatro, — juxta simulacrum solis » ila statue de Néron, qui le représentait sous les traits d'Apollon). On peut remarquer que la préfecture de Rome, qui condamna tant de chrétiens, s'élevait non loin du Colisée, près du temple de Tellus, « in Tellude ».