‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 2)Chapitre 237 sur 384 · AMBON ET CHANDELIER PASCAL · texte numérisé non relu

AMBON ET CHANDELIER PASCAL

moine qui pourrait être l'auteur de ce travail. Sur le fond se détache le Crucifix, dans le stvle du XIP siècle: le Christ

mort, la tête penchée sur l'épaule, les pieds et les mains attachés par quatre clous. Douze colombes placées sur le

bois de la croix figurent les apôtres. Au-dessous ces inscriptions, dont la seconde sépare les deux vers de la première:

304 ÉLÉMENTS DARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.

-i- ECCLESIAM CHRISTI • VITI • SIMILABIMVS ÎSTI

QVAM LEX ARENTEM ET CRVX FECIT ESSE VIRENTEM

4 DE LIGXO CRVCIS • lACOBI DENS • IGXATIIQVE.

IN SVPRASCRIPTI • REQVIESCVXT ■ CORPORE CHRIST. +

GLORIA IN EXCELSIS DEO SEDENTI SVPER THRONVM ET IN TERRA PAX HOMINIBVS BONAE VOLVXTATI,S.

La seconde inscription fait allusion aux reliques de la vraie Croix, de S. Jacques et de S. Ignace, insérées dans la figure du Sauveur. La nouveauté de cette composition a pu être inspirée par les événements contemporains. Pascal II, ancien cardinal de St-Clément, était devenu pape l'année même de la conquête de Jérusalem par les croisés (1099); faisant décorer l'abside de la basilique il a voulu sans doute, en y représentant le triomphe de la Croix, perpétuer le souvenir de cette conquête (M. La zone peinte qui est au-dessous et qui représente les douze apôtres n'est que du X\'^ siècle.

Il y a encore à remarciuer, à droite de l'abside, le tabernacle du XIIP siècle mentionné plus hauti-i;à gauche, près du rnaitre-autel, le tombeau d'Henri d'Allosio, cardinal au temps d'Eugène IV et de Nicolas \' ►r' 1450i. et celui du cardinal \'enerio de Recanati ►r' 1479 pour la décoration duquel ont été employées les colonnes de l'ancien tabernacle ; de l'autre côté, le monument du cardinal Roverella de Ravenne, qui vivait au temps d'Eugène I\', de Pie II et de Sixte IV, et celui de son neveu Brusato; près de l'entrée, la belle chapelle de Ste-Catherine d'Alexandrie, substituée à un autel de la basilique primitive avec de jolies peintures du XV^ siècle (^). Les fresques représentent l'histoire de la sainte, sa

1. Cf. Marucchi, [/// ricordo ckîla prima crociata in Roma. 1S96.

2. Il fut exécuté par ordre du cardinal Caetani, neveu de Boniface VII I, ainsi qu'en fait foi Tinscription :

EX ANNIS DXI PROT.APSIS MILLE DVCENTIS .VONAGINTA NOVEM lACOBVS COLLEGA MINORV.M HVIVS BASILICAE TITVLl PARS CARDINIS ALTI HAEC IVSSIT FIERI QVI PLAVSIT ROMA NEPOTE PAPA BONIFACIVS OCTAVVS ANAGNIA PROLES

3. M. Wickhoff, Die Fresktu in der Capelk der heiligen Katharina in S. Clément- zu Rom, dans la Zeitsehrijt fiir hildende Kunst, t. XXIV, p. 12, a dit qu'il faut les attribuer à MasoHno, et non à Masaccio.

dispute avec les docteurs d'Alexandrie, son martyre, des miracles opérés par elle.

ALSIDE (XI F siècle).

Sur le mur de cette chapelle, près de la porte principale de réalise, on a fixé une belle inscription de l'époque

306 ÉLÉMENTS DARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.

du pape Zacharie (VIII^ siècle) rappelant une donation de livres faite à la basilique par un cardinal titulaire :

HHISRAHELITICVS DEC OFFEREBAT POI'VLVS CVRl "^

ALIVS QVIDEM AVRVM Q VIDEM COQVE AES

INFELIX AVTEM EGO S EDIS APOSTOLICAE

CVRAM BEATl O FFERO DE TVIS

ALIVS NAMQVE ARGENTVM ^ fjVIDAM VERO l'ILOS CAPRARVM ^ GREGORIVS PRIMVS PRESBYTER ALMAE "^ HVIVSQUE TITVLI GERENS >f, SVPPREMVS CLIENS CLEMENTIS S»

HAEC TIBl CHRISTE THESAVKIS "Jg TEMPORIBVS SA^'CTISSIMI ZACCHARIAE PRAESVLIS SVMMI "^

P ER MARTVREM ET SANCTVM PAR VA MANVSCVLA TVViM g<

CLEMENTEM CVIVS MERITIS MEREAR DELICTIS CARERE '^ A TQVE AD BEATAM AETERNAM INGREDI VITAM 'te

AISTI QVANTVM HABES REGXVM VALET COELORVM "^ S VSCIPE HOS DOMINE VELVT MINVTA VIDVAE QVESO ^ VETERIS NOVIQVETESTAMENTORVM DENIQVE LIBROS )^ O CTATEVCHVM REGVM PSALTERIVM AC PROFETARVM |g SALOMONEM ESDRAM STORIARVM ILICO PLENOS ^

REQVIRE SYLLABARVM LECTOR SEQVENTIAM HARVM

i stP pr^HKiV.s^«- rilHWf;cîî:£r^^HT r ^|

O.Ï;f- , ):5A'EC.Tii;JîxFi:-THESAVRî^' '^^

INSCRIPTION DE ST-CLÉMENT (partie supérieure).

La disposition des lettres et l'invitation finale ont fait penser que l'auteur de cette inscription avait voulu poser une énigme au lecteur. Il est plus probable que les derniers mots font simplement allusion à une seconde plaque de

marbre sur laquelle se poursuivait l'inscription et dont on n'a retrouvé que ce tout petit fragment (^ :

S T A M B i E L 1 B R \ Im Sa/c R A M Efntorum (?)

On peut en rapprocher l'inscription portée de StA'alentin à Ste-Marie-in-Cosmedin \-].

L'église est précédée de 1' « atrium», qui reproduit sans doute l'ancien du I\'^ ou du V*^ siècle, et du vestibule. Le petit portique, analogue à ceux des Sts-Côme-et-Damien au Transtévère et de Ste-Marie-in-Cosmedin, est caractéristique du XI P siècle.

A St-Clément devait se rattacher une petite église dédiée à S. Pasteur qu'il ne faut pas confondre avec le « titulus Pastoris »). L'ne pièce des archives de l'hôpital de Latran la mentionne en 1452 « prope S. Clementem ;>; on voyait encore au X\'F siècle une partie de l'abside.

La rue qui passe près de St-Clément, \-ia S. Giovanni in Laterano, faisait au moyen-âge communiquer le palais pontifical avec le centre de la ville; on l'appelait «via major, via papae », et même « via Sacra » {^;. Une des curiosités de cette rue était la maison où serait morte la prétendue papesse Jeanne ; c'est seulement sous Sixte V que fut enlevée la statue de ce légendaire personnage, dont l'existence entre Léon IV et Benoit III, ignorée des documents anciens, est d'ailleurs incompatible avec les monuments. Garampi (*j a en effet publié une monnaie de Benoît III qui prouve que ce pape succéda immédiatement à Léon I\'; cax il y est nom-

1. Cf. Bartolini, Di S. Zaccaria papa. lîianchini, dans son éditir.n du Liber pontificalis (in vita Gelasii It, raconte comment cette importante inscription fut retrouvée par hasard au cours d'une restauration faiie par le cardinal Albani. (Cf. P. L., r. CXXVIII, col. 421 sq.)

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