ST-MARTIN-AUX-MONTS. 3 I
non, une peste dont la ville fut déli\Tée après des prières à S. Sébastien; on l'invoque depuis lors contre ce genre de fléau, et il est bien probable que ce tableau est comme un ex-voto offert alors en signe de reconnaissance.
La basilique fut décorée par Sixte IV et Jules II, qui furent cardinaux de ce titre; ils ont fait élever le portique actuel. Dans les peintures de l'abside, on croit reconnaître le p>ortrait de l'artiste Clovio, miniaturiste célèbre. Le Moïse de Michel- Ange était destiné à St-Pierre du \"atican : Jules II voulait avoir un tombeau monumental au milieu même de la grande nef de cette basilique; heureusement ce rêve ambitieux n'a pas abouti et ce qui en a été exécuté est venu échouer à St-Pierre-aux-Liens.
.§ IV. St-Martin-aux-Monts.
Pour passer de St-Pierre-aux-Liens à St-Martin-aux-Monts. nous traversons l'ancien « porticus Liviae », un des monuments indiqués sur le plan en marbre du Capitole. L'entrée était sur le « cli\-us suburanus ;; ; on en voit des ruines dans la Via di S. Lucia in Selci. à droite '^). Près de là,touchant les Thermes de Trajan. se trouvait une x curia athletarum x, que mentionne une inscription grecque de la Bibliothèque ^^aticane. La \'ia in Selci tombe sur la Via Cavour près de l'abside de St-Martin-aux-Monts. Sur la place voisine de l'abside, on a découvert, en 1885, une petite chapelle mithriaque, érigée pour le culte privé. Son propriétaire lui-même dut la fermer, peut-être après les édits de Théodose; grâce à cette circonstance, elle est demeurée dans un parfait état de conser\-ation ; il y a encore dans l'escalier les deux génies lampadophores, gardiens du heu, l'autel en marbre, et au fond la statue de Mithra immolant le taureau. Qh' y a trouvé aussi douze lampes représentant les douze signes du zodiaque.
L'éghse de St-Martin est indiquée comme construite sur les « Thermae Domitianae »; il faut dire: sur les Thermes de
. I. Cf.Sueton.,.J«^.,29;DionCa53., Liv, 23 ; Jordan, ^«>r///a U.R., p.46, t. II.
320 ÉLÉMENTS DARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
Trajan. Le Liber ponHficaU.s attribue sa fondation à S. Sylvestre et nous apprend que son nom primitif était « titulus Equitii ». Cet Equitius est un personnag-e inconnu. ^nXêtre celui qui fit les frais de la construction, ou un chrétien qui avait déjà ouvert en cet endroit un oratoire. Elle est souvent citée dans les documents anciens; il s'y tint un concile contre les ariens. A la fin du \''^ siècle, Symmaque M éleva au-dessus l'église actuelle, à laquelle il donna l'ancienne pour confession. L'œu\re de Symmaque fut restaurée par Serge II (844-847); l'inscription de l'ambon nommait ce pape: « Salvo domino nostro beatissimo Sergio papa iuniore » (-), comme le fait aussi le catalogue de reliques fixé encore à la paroi de l'escalier qui descend à la crypte. Léon IV, successeur de Serge II, orna les murs de peintures et l'abside d'une mosaïque; une inscription rappelait tous les travaux de cette restauration :
Sergius hanc coepit praesul quam cernitis aulam...
Cette mosaïque est aujourd'hui détruite, aussi bien que celle de l'abside de l'église inférieure. Mais nous connaissons cette dernière par deux manuscrits. l'un de la Barberine (^), l'autre de la \'allicelliana *;: elle représentait la T. Ste Vierge assise avec l'enfant Jésus, entre S. Pierre et S. Paul, S. Sylvestre et S. Martin.
L'ne grande restauration fut exécutée, au X\'II'^ siècle, aux frais d'un Carme, le P. Filippini; l'administration du culte a refait dernièrement le plafond. Les belles fresques des parois sont l'œuvre de Poussin; deux ont un intérêt si>écial: elles décorent la paroi de g"auche et reproduisent l'intérieur des anciennes basiliques du \*atican et du Latran. Beaucoup de marbres des catacombes a\aient été employés pour le pavé ; c'est là qu'on a retrouvé le fragment SCRIPSIT FVRIVS DION... conservé au musée de Latran. Le catalogue des reliques transportées par Serge II est placé à droite dans