Lib. pontif
sont à leur place primitive et antérieures à Pascal I^"^; les modifications apportées par ce pape auraient donc pu consister surtout à changer la position respective de la porte et de l'abside, comme on a fait à St-Paul-hors-les-Murs, et à décorer les parois : « Absidam vero ejusdem ecclesiae musivo opère exornato variis decenter coloribus decoravàt. Simili modo et arcum triumphalem et oratorium S. Zenonis. » Il érigea aussi un oratoire de Ste-Agnès dans le monastère annexé à la basilique. C'était un monastère fondé par des moines grecs qu'avait mis en fuite la persécution iconoclaste. Du monastère et de l'oratoire nous avons un souvenir dans une inscription du XII I*^ siècle conservée au Latran :
DEO • AD • HONORE M BEATORVM • M A R T Y R V M AGNETIS • VIRGINIS • ET ALEXANDRI • PP OBTVLIT PRATVM • MARCVS • ABBAS MONASTERII • HVIVS ■ SAN CTAE • PRAXE DIS
Innocent III donna ce monastère aux moines de Vallombreuse.
L'église fut plusieurs fois restaurée, au moyen-âge. dans la seconde moitié du XVI^ siècle par S. Charles Borromée, cardinal titulaire, et au XVI IF siècle. L'entrée principale est sur l'ancien « clivus Suburanus »; on arrive par un escalier à « l'atrium ». A l'intérieur, la basilique a encore ses colonnes diastyles, c'est^-dire largement écartées les unes des autres, et son architrave de forme classique. Le puits situé près de la porte, dans la nef centrale, serait celui dans lequel Ste Praxède recueillait le sang des martyrs : cette légende, qui se retrouve à Ste-Pudentienne, est évidemment un souvenir des soins que les deux saintes prirent des restes des martyrs, mais rien de plus. La plaque de marbre sur laquelle
STE-PKAXÈDE. 325
aurait reposé Ste Praxède, et qui est fixée à gauche de la porte principale, n'est pas plus authentique; il faut seulement remarquer les colonnes dont elle est accompagnée, ce sont des débris du « ciborium » de l'ancien autel.
Pascal I" fit dans cette église de grandes translations de reliques. Le Liber pontificalis les mentionne, et nous en avons un important monument épigraphique dans le catalogue sur marbre placé sur la face latérale d'un pilastre à droite de l'autel. A'oici le texte de ce catalogue:
IN n(0MI)nE d(0MI)nI SALV(aTORIS) n(0ST)R1 IHV XPI ^ TEMPORIBVS S(AN)c(t1S) SIMI AC TER BEATISSIMI ET APOSTOLICI D(OMI)nI PASCHALIS PAPAE INFRADVCTA SVNT VENERANDA sfAN)c(TO)RVM CORPORA IN' HANC S(an)c(t)a.M ET VENERABILE.M BASILICAM BEATAE XPI VIR- GINIS PRAXEDIS OVAE PRAEDICTVS PONTIFEX DIRVTA EX CYMITERIIS SEV CRYPTIS lACENTlA AVFERENS ET SVB HOC SACROS(an)c(t)0 ALTARE SVMMA CVM DIUGBNTIA PROPRIIS MANIBVS CONDIDIT IN MENSE IVLIO DEI XX INDICTIONE DECIMA Kî NOMINA VERO PONTIFICVM HAEC SVNT VRBANI STEPHANI ANTERI MELTIADIS FAVIANl IVLII PONTIANI SIRICII LVCII XVSTI FELICIS ANASTASII ETCOBLESTINI S? ITEM NOMINA EPISCOPORVM. STR ATONICI LVCII ET OHTATI ÊJ QVA.MQVAM PRESBYTKKORVM ET LEVITARV NICOMEDIS ARCHIp(rES)b(yTE)rI IVSTINI ETCYRINICYRIACI DIACONI NEMESII ATVQE lACHEI fS ETIAM BT MARTYRVM NOMINA ISTA SVNT ZOTICl HERENSI lACHINTl AMANTI MAKI AVDIFAX ABBACV AC s(an)c(t)oR\M OCTINGENTORVM QVORVM NOMINA SCIT O.\i(ni)p(0TEN)S CASTVLI FELtCIS MILITIS GORDIANI EPIMACHI SERVILIANI SVLPICII DIOGENIS BASTl ET ALIl LXIl MARCBLLIANI MARCI FESTI ET ALII DVD TERTVLLINI VAVSTI BONOSI MAVRI CALVMNIOSI lOHANNIS EXSVPERANTII CASTI CYRILLI ET SEPTEM GERMANOS HONORATI THEODORI BASILII CRESCENTII LARGI SMARAGDI CRESCENTION'IS lASONIS MAVRI VPPOLITI PONTIANI CHRYSANTI ET ALII LXVI SIMVL QVE ET ALII MIL E CENTVM ET VIGINTIQVATVOR QVORV.M NOMINA SVNT IN LIBRO VITAB MAVRI ARTHEMII POLIONIS ET ALII SEXAGINTA DVD MARTYRES ® NOMINA QVOQVE VIRGINVM SCILICET ET VIDVARVM PRAXEDIS PVDENTIANAE IVLIANAE SYNPH080SAE FELICVLAE .MARIKAE CANDIDAE PAVLINAE DARIAE BASILLAE PAVLINAK MEMMIAE MARTHAE BMERENTIANAE ZOK ET TIBVR- TIADIS fî) QVOCIRCA ET IN IPSO INGRESSV BASILICAE MANV DEXTRA VBI VTIQVE BEN'IGNISSI- MAE SVAE GENITRICIS SCILICET DOMNAE THEODORAE EPISCOPAE CORVVS QVIESCIT CONDIDIT lAM DICTVS PRAESVL CORPORA VENERABILIVM HAEC ZENONIS PRESBITERI ET ALIORVM DVORVM J3 PARITERQVE ET IN ORATORIO BEATI lOHANNIS BAPTISTAE MANV LEVA PRAENOMINATAE BASILICAE QVI ET SECRETARIVM ESSE DINOSCITVR CONDIDIT CORPORA SCILICET MAVRI ET ALIO- RVM QVADRAGINTA MARTYRVM ® SIMILI MODO ET IN ORATORIO BEATAE XPI VIRGINIS AGNETIS QVOD SVRSVM IN MONASTERIO SITVM EST IPSE PASTOR EXIMIVS POSVIT CORPORA PIORVM MARTYRV.M VIDELICET ALEXANDRI PAPAE ATQVE BVENTII t T THBODVLI PRESBYTERIS
K5 hosomnesd(e)i electos freqventivs deprecansqvatenvspereorvm valeat prkces
SVAE POST FVNERA GARNIS AD CAELI CONSCENDERE CVLMEN AMEN & FIVNT ETIAM INSIMVI.
OMNES s(an)c(t)i dvo milia ccc (')• (v- 'a photographie à p. 326)
I . Les deux autres catalogues fixés aux pilastres de chaque côté de l'autel sont
modernes.
Ainsi cette grande translation eut lieu le 20 juillet 817, la veille de la fête de Ste Praxède. Le pape avait fait préparer sous l'autel un souterrain rappelant les catacombes : c'est ce qui a donné lieu à l'erreur du moyen-âge nommant cimetières cette confession et plusieurs autres, et leur attribuant une étendue fantastique. La crypte n'est pas très grande, il était bien impossible d'y déix)ser 2300 corps, d'autant plus qu'à cette époque (IX^ siècle) on ne partageait pas encore les ossements. Il est donc permis de penser que Ste-Praxède fut en quelque sorte un dépôt provisoire d'où on envoya des reliques à d'autres églises. De fait plusieurs des Saints nommés ici sont depuis fort longtemps vénérés ailleurs. A Ste- Praxède une tradition veut aussi que beaucoup de ces ossements soient sous le pavé de la chai>elle de St-Zénon, où reposait la mère du pape qualifiée du singulier titre d' « episcopa ».
Des peintures trouvées dans le clocher ont fait supposer que de ce côté était la chapelle de Ste-Agnès ; mais la chose n'est pas démontrée, et l'emplacement exact de la chapelle reste encore incertain.
Le Liber pontificalis rapporte que Pascal I" décora de mosaïques l'abside et l'arc triomphal de Ste-Praxède. Ces mosaïques sont les plus célèbres de l'époque {^). Celle de l'abside représente le Sauveur tenant de la main gauche un rouleau; à ses côtés, S. Paul, Ste Pudentienne et Pascal I'^'', S. Pierre, Ste Praxède et un saint diacre (on peut noter qu'ici les personnages les plus dignes sont à gauche de Xotre-Seigneur) ; au-dessus, la main divône avec la couronne,
et sous 1 arc le monogramme du pape • — TT ; au-dessous, le
fleuve du Jourdain (+ IORDANES), l'agneau divin entouré de douze agneaux, et les deux villes symboliques de Jérusalem et Bethléem; plus bas encore, l'inscription dédicatoire composée entre la translation (817j et la mort de Pascal £24 : A'oici le texte de cette inscription:
I . Elles ont été étudiées par Da\ anzati, Notizie al pellegrino délia basihca di S. Prassede, Roma, 1725 ; — Ciampini, Veteravionimenta ; ctà^'R.oss\, Musaici'
>h EMICAT AVLA PLA VAKIIS DECORATA METALLIS îS + PONTIFICIS SVMMI STVDIO PASCHALIS ALVMNI S?' PLVRIMA SCORVM SVBTER HAEC MOENIA PONIT -f
•î< PRAXEDIS DNO SVPER AETHRA PLACENTIS HONORE ^ SEDIS APOSTOLICAE PASSIM QVI CORPORA CONDENS g^ FRETVS VT IIIS LTMEN MEREATVR ADIRE POLORVM +
Sur l'arbre qui termine le tableau, à gauche, près du pape, l'artiste a placé un phénix, symbole d'immortalité. Sur le plan extérieur de l'abside, on voit le trône de l'Agneau au milieu des sept candélabres, de quatre anges et des symboles des Évangélistes ; un peu au-dessous, les vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse présentant 'leurs couronnes.
Le sujet de la mosaïque de l'arc triomphal est la Jérusalem céleste : Notre-Seigneur et les élus sont dans une grande enceinte flanquée de tours ; on reconnaît près de lui la T. Ste Vierge, Ste Praxède, S. Pierre, S. Paul, S. Jean-Baptiste, les Apôtres; des anges gardent les portes et se préparent à introduire une foule de Saints, peut-être ceux dont les reliques reposaient dans l'église. Au sommet de la Jérusalem céleste, deux saints peuvent être des personnifications de l'Ancien et du Nouveau Testament.
Le Liber pontificalis mentionne aussi la chapelle de S. Zenon. Ce martyr était honoré sur la voie Flaminienne, dans le sanctuaire dédié à S. Valentin dont il est appelé le frère, sans doute « frater in passione (^j ». L'entrée de la chapelle est décorée de colonnes et d'une architrave de style classique; l'urne qui la surmonte est certainement païenne. L'inscription atteste la restauration faite par Pascal P''.
»^ PASCHALIS PRAESVLIS OPVS DECOR(e) FVLGET IN AVLA g< QVOD PIA OPTVLIT VOTA STVDVIT REDDERE DO : P S : gj'