Rev. ,^esl., xxi, i
l'inscription était vierge, et on la croit une fille de la précédente et nièce de Constantin; sa vie cachée expliquerait le silence que gardent sur elle Ammien Marcellin et Eusèbe (i). La basilique actuelle a la même forme que celle qui fut bâtie sous Constantin et plusieurs fois restaurée. L'autel est moderne, mais il occupe la place primitive, sur le tom-
beau de la Sainte : les fragments sculptés placés actuellement dans le grand escalier ont dû appartenir à l'ancien autel, ainsi que la figure orante accompagnée du nom d'AGNES qui fut trouvée en 1886 dans les fouilles faites par ordre du cardinal Lavigerie.
t. Il y a là un problème historique a<;sez compliqué qu'on ne peut pas traiter ici. Cf. Ducliesne, Bulletin critique, 1892, p. 142.
Vers la fin du I\'e siècle, un certain Potitus décora l'autel. Son nom est inscrit sur un reste de l'architrave, consené au musée du Capitule:
inar/TVRE agxeti potitvs serbvs dei ornavit\
Le pape Damase y plaça aussi sa belle inscription en l'honneur de Ste Agnès, fixée maintenant dans lescalier, près de la porte d'entrée de l'ég'lise. Elle est comme un petit résume des actes de la martyre, et se termine par une belle acclamation qui est un acte de foi en la puissance d'intercession des Saints :
FAMA REKEKT SAXCTOS DVDVM RETVLISSE PARENTES AGNEN CV.M LVGVBRES CANTVS TVIiA CONCREPVISSET NVTRICIS GREMIVM SVBITO LIQVISSE PVELLAM SPONTE TRVCI3 CALCASSE MINAS RARIEMQVE TYRANNI VRERE CVM FLAMMIS VOLVISSET NOBILE CORPVS VIRIBVS IMMENSVM PARVIS SVPERASSE TIMOREM NVBAQVE PROFVSVM CRINEM PER MEMBRA DEDISSE NE DOMINI TEMPLVM FACIES PERITVRA VIDERET O VENERANDA MIHI SANCTVM DECVS ALMA PVDORIS VT DAMASI PRECIBVS FAVEAS PRECOR INCLYTA MARTYR
Les papes Synmiaque (498-514j et Honorius l'-"" ,625-638) restaurèrent la basilique: de ce dernier date la mosaïque de l'abside, ainsi que le rappelle l'inscription tracée au-dessous :
AVREA CONCJSIS SVRGIT PICTVRA METALLIS
ET COMPLEXA SIMVL CLAVDITVR IPSA DIES FONTIBVS E NIBEIS CREDAS AVRORA SVBIRE
CORREPTAS NVBES RVRIBVS ARVA RIGANS VEL QVALEM INTER SIDEKA LVCEM PROFEREI IRIM
PVRPVREVSQVE PAVO IPSE COLORE NITEN.S QVI POTVIT NOCTIS VEL LVCIS REDDERE FINEM
MARTVRVM E BVSTIS H INC REPPVLIT ILLE CHAOS EVRSVM VERSA NVTV QVOD CVNCTIS CEK.MTN R VSQVE
PRAESVL HONORIVS HAEC VOTA DICATA DEDIT VESTIBVS ET KACTIS SIGNANTVk ILLIVS ORA
EXCITAT ASPECTV LVCIDA COKDA GEKt.NS.
Elém. d'archéol. chrct. — III. 33
474 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIEîiNE.
Il faut remarquer, pour comprendre ces deux derniers vers que dans la mosaïque Honorius est représenté vêtu des ornements jwntificaux et offrant la basilique à Ste Agnès.
De nouveaux travaux furent exécutés au XVlJe siècle par le cardinal Sfondrati ; la bibliothèque Alexandrinc conserve le procès-verbal de la reconnaissance qu'il fit du corps de Ste Agnès et de celui de Ste Émérentienne (7 oct. 1605).
MOSAÏQUE ABSIDALE DE STE-AGNES (Vil» siècle).
L'autel donné alors par Paul \" a été depuis restauré par Pic IX, en même temps que la basilique.
En 1896. au cours de travaux entrepris par l'abbé Le Bourgeois à l'autel de Ste Émérentienne, on a trouvé l'inscription funéraire d'un sous-diacrç de la IV^ région :
"^ LOCVS IMPORTVNI SVBDIAC • KEG • QVARTAE
La « regio IV» renfermait le titre de Vestinc ou de S. Vital 0): le cimetière et la basilique de Ste-Agnès pouvaient donc se rattacher à ce titre.
Si]
Dans les dernières fouilles (1901-1902), on rencontra une galerie souterraine ( « rétro sanctos » ) qui traverse l'abside au-dessous de l'autel; une inscription de 349 y est encore à