‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 2)Chapitre 58 sur 384 · De Winghe, cod. cit · texte numérisé non relu

De Winghe, cod. cit

Les mêmes artistes travaillèrent également à Subiaco, ovi on lit sur le cloître de Ste-Scholastique les noms de Cosmas, Luc et Jean; et sur la porte intérieure du monastère de St-Benoit l'inscription:

f^t LAVREXTIX s CVM L\COBO FILIO SVO. FEECIT HOC OPVS.

En même temps qu'eux prospérait une autre école, celle des A'assalletti. Ils furent les auteurs du cloître de St-Jean-de- Latran. dont l'inscription, lue jadis par Sirmond {^), a été retrouvée récemment sous des constructions postérieures :

XOBILITATE DOCTVS HAC VASSALECTVS IX ARTE CVM PATRE CEPIT OPVS QVOD SOLVS PERFICIT IPSE

Ce cloître est une œuvre du commencement du XIII<^ siècle, car celui de St-Paul, qui en est manifestement une imitation, fut achevé la dernière année de l'abbé Jean d'Ardée. mort en 1241. C'est aussi un A'assalletti qui fit la chaire de la cathédrale d'Anagni : vasalet de ROMa ; — le candélabre de la même église : vasaleto ME FECIT ;

I. B. N. de Paris, cod. sappl. lat. 1420, fol. 29. Cf. de Rossi, liidleit., 1S91, p. 90-93.

— le tabernacle aux saintes huiles de St-François à Viterbe: BASSALECTVS ME FECIT ; — le lion en marbre placé à l'entrée de l'église des Saints-Apôtres : *i* BASSALECTVS ; — le candélabre de St-Paul-hors-les-Murs : EGO NICOLAVS de an-

GELO CVM PETRO BASSALETTO HOC OPVS COMPLEVL

On peut deviner le même nom dans 1 inscription qui se lisait sur une statue d'Esculape conservée au palais \'erospi: ASALECTVS. \\'inkelman crut y reconnaître le nom d'un artiste grec ancien qui se serait appelé ÀTTaAexTo; ; il est plus probable que cette statue était simplement une copie

de statue antique ayant servi de modèle dans l'atelier de cet artiste du moyen-âge.

Le P. Grisar a aussi fait connaître une autre école artistique qui travailla en Ombrie. surtout à Spolète. au XII<^ siècle l'j.

Enfin en dehors de ces familles de « marmorarii ». il y eut encore des artistes isolés, comme le Pascal qui fit le candélabre de Ste-Marie in Cosmedin:

VIR DOCTVS ET PROBVS PASCALIS RITE VOCATVS SVMMO CVM STVDIO COXDIDIT HVNC CEREVM

un Dudus de Trino (^) ; un « Ivo magister », auteur du tabernacle aujourd'hui détruit des Sts-Côme-et-Damien près de Mcovaro: QVAE VIDETIS IVO ME FECIT (^).

Pour composer toutes leurs décorations, ces artistes firent main basse sur les pierres cimitériales, faciles à scier en plaques de toute forme, comme les demandait 1' « opus tessellatum ;;. principalement pour les pavages. Ainsi voit-on dans l'ambon de St-Laurent-hors-les-Murs l'inscription d'un prêtre du titre de Xicomède. Elles furent même transportées en dehors de Rome, par exemple à Genazzano (*), à Corneto, et jusqu'à Westminster. Un fragment de l'inscription damasienne de S. Hippolyte, qui avait servi au même usage, est aujourd'hui fixé au mur du cloître de St-Jean de Latran.

1. Una scuola cla-^sica ai marmorarii, meJioevali, dans le Nuov. Bulhtt. 1895, p. 42 sq., 127 sq.

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