‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 2)Chapitre 91 sur 384 · LES VETEMENTS LITURGIQUES. 'J "J · texte numérisé non relu

LES VETEMENTS LITURGIQUES. 'J "J

à une concession impériale » (.\) ; car nous voyons certains papes demander à l'empereur l'autorisation de le donner à d'autres évêques et l'empereur lui-même l'accorder quelquefois directement. Dès le principe, il fut la marque de l'autorité épiscopale dans son plein exercice. Il prit ensuite une signification symbolique : déposé pendant une nuit sur le tombeau de S. Pierre, il fut considéré comme une sorte de manteau de l'Apôtre, faisant participer celui qui en était revêtu à la juridiction pontificale : le nom plutôt que la chose aurait suggéré cette idée du « pallium » considéré comme un manteau. Telle est l'opinion, de Mgr Duchesne, déjà soutenue par des auteurs plus anciens.

Suivant Mgr Wilpert, au contraire, le « pallium » a une origine exclusivement ecclésiastique ; loin de dépendre du « pallium discolor » imposé par la loi de 382 aux « officiales » ou employés subalternes, il a précédé ce dernier pour lequel même il a servi de type. Regardé par les premiers chrétiens comme un vêtement d'honneur, et à cause de cela très souvent attribué aux saints et aux personnages bibliques dans les peintures des catacombes, le « pallium » ne fut pas supprimé quand l 'adoption de la « paenula » en rendit cependant l'usage très incommode. On se contenta de le plier de manière à le réduire à une simple bande, comme on fit pour la « palla » que portaient les femmes. C'est donc par la « contabulatio » que se transforma le « pallium », comme se transformèrent aussi le « linteum » en « orarium » ou étole, et la « mappula » en manipule. C'est peut-être vers la fin du I\^*^ siècle que s'opéra cette transformation ; les portraits d'évêques qui décorent la crypte de St-Corneille, au cimetière de Calixte, et qui datent de la seconde moitié du VP siècle, nous montrent le « pallium » déjà arrivé à peu près à sa forme actuelle. Quant aux demandes faites quelquefois par le pape à l'empereur avant de conférer le « pallium », elles doivent s'expliquer par des raisons spéciales que nous ne sommes pas en mesure de déterminer pour le moment ; il est bien certain en

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