Di S. FeUce papa e marlyre, App. ,, p. V sq
2. Cf. de Rossi, Inscripf. christ., t. I, p. 176-177. Voir la même expression dans une épitaphedu cimetière de St-Valentin.
Cl)apitre tïou5ième.
APRÈS le cimetière de Félicité, \ Index coevieteriouun mentionne, sur la Via Salaria Nova, trois autres groupes : « Coemeterium Priscillae ad S. Sylvestrum, coemeterium Jordanorum ad S. Alexandrum, coemeterium Thrasonis ad S. Saturninum >>. Le premier Itinéraire de Salzbourg parle aussi de deux églises, dédiées, l'une à S. Saturnin, l'autre aux SS. Chrysanthe et Darie.Les mêmes indications se retrouvent dans le second Itinéraire de Salzbourg, mêlées à une erreur historique, car on y confond S. Alexandre, fils de Ste Félicité, enterré dans le voisinage, avec S. Alexandre de la voie Nomentane, et on lui donne pour compagnons les SS. Eventius et Théodule. Le même Itinéraire et celui de Malmesbury nomment encore en cet endroit sept vierges, Saturnina.Hilaria, Dominanda, Serotina, Paulina, Donata, Rogantina. La place précise du cimetière de Saturnin est marquée par le manuscrit d'Einsiedeln : « In sinistra S. Saturnini, in dextera S. Felicitatis.» Enfin \e Liber pontificalis, dans la biographie d'Hadrien I'^''^ indique dans le cimetière des « Jordani » les tombeaux des Saints Alexandre, Vital et Martial. Il y a en effet, entre Ste-Félicité et Priscille, un groupe important de galeries.
Une grande découverte fut faite au temps de Baronius, en 1578, dans une vigne appartenant à un gentilhomme Espagnol, Barthélémy Sanchez, laquelle passa ensuite aux Délia Rovere (2). Bosio découvrit dans cette région d'autres galeries souterraines et les ruines d'une église de St-Saturnin, appelée alors de Ste-Citronine. Ces galeries correspon-
1. Cf. De Rossi, Bullettino, 1873, p. 5-25, 49-83 (édit. franc.).
2. Le blason de cette famille est scu'pté sur la porte d'entré*", qui est restée isolée à droite de la voie.
dent évidemment aux deux groupes cîmetériaux deThrason ou de Saturnin et des « Jordani ».
Thrason était un riche citoyen romain, dont on lit le nom dans les Actes de Suzanne et dans plusieurs autres documents. Il ensevelit dans sa propriété plusieurs martyrs, notamment S. Saturnin, un vieillard condamné à travailler dans les carrières pour la construction des Thermes de Dioclétien. Ce martyr fut honoré à Rome, le calendrier Libérien le nomme au 29 novembre : « III Kal. Dec. Saturnini in Thrasonis » ; et S, Damase lui consacra une longue inscription, d'ailleurs très obscure, dont nous trouvons le texte dans les recueils épigraphiques (i) :
INCOLA XVNC CHRI5TI FVERAT CARTHAGIN'IS ANTE TEMPORE aVO GLADIVS SECVIT PIA VISCERA MATRIS SANGVIXE MVTAVIT PATRIAM NOMENQ.VE GEXVSaVE ROMAXVM CIVE.M SANCTORVM FECIT ORIGO xMIRA FIDES RERYM DOC VIT POST EXITVS INGENS CV.M LACERAT PIA MEMBRA PREMIT GRATIANVS VT HOSTIS POSTEAaVAM FELLIS VOMVIT CONCEPTA VENENA COGERE NON POTVIT CHEUSTVM TE SANCTE NEGARE IPSE TVIS PRECIBVS MERVIT CONFESSVS ABIRE SVPPLICIS HAEC DA.MASI VOX EST VENER.\RE SEPVLCRVM SOLVERE VOTA LICET CASTASQ.VE EFFVNDERE PRECES SANCTI SATVRNINT TVMVLVS Q.^^A .\L\RTYRIS HIC ES7 SATVRNINE TIBI MARTYR MEA VOTA REPENDO.
L'oratoire dans lequel était placée cette inscription n'est autre sans doute que celui dont Bosio vit les restes. Construit dès le IV^ siècle, il fut restauré au VL siècle par Félix IV (526) et subsista jusqu'au temps de Nicolas IV 1288-1294), comme on le voit par une bulle de ce pape. Les reliques furent, on ne sait à quelle époque, transportées à Sts-Jean-et- Paul, où, après quelques années d'oubli, on les vénère de nouveau, depuis que le P. Germain de St-Stanislas a pris soin de faire restaurer leur chapelle (2).
L'entrée d'un premier hypogée, correspondant peut-être au cimetière de Thrason, se trouve dans la villa Odescalchi, à gauche de la voie. J'en donne un plan schématique.