CRYPTE HISTORIQUE ET GALERIES DE L'ÉTAGE INFÉRIEUR
guerre des Goths, en 269 : la surexcitation produite par la guerre expliquerait une recrudescence de la haine contre les chrétiens ; tandis qu'en 270, les barbares vaincus dès le mois de février, on dut être mohis porté à de pareilles violences- Son corps fut recueilli par une pieuse matrone, Sabinilla, qui
le déposa « in eodem loco ubi decollatus est », au I^'' mille de la voie Flaminienne (i).
Le tombeau du martyr donna naissance à un petit cimetière chrétien. Au début, ce n'était qu'une courte galerie, une sépulture de famille, absolument privée. Le corps de S. Valentin fut placé près de l'entrée, à gauche [m], dans un arcosole, peut-être même dans un simple « loculus ». L'excavation fut ensuite prolongée de manière à former en arrière comme une seconde chapelle. Puis, pour satisfaire la dévotion des fidèles et leur permettre d'avoir là leur tombeau, on creusa les galeries latérales. Mais le tuf étant très dur, on ne put aller bien avant ; on se contenta de former, probablement au I V^ siècle, deux petits étages supérieurs, qui ne sont pas en communication avec le cimetière primitif. Nous parlerons un peu plus loin de la basilique qui fut, au IV^ siècle, élevée devant cette crypte et des restaurations dont elle fut l'objet même après l'époque de l'abandon des autres catacombes.
Le cimetière de St-Valentin appartint, pendant le moyen âge, aux religieux Augustins.L'un d'eux, le célèbre Panvinio, nous en a laissé une description. Bosio le visita aussi et le trouva en très mauvais état ; il en releva cependant les peintures (2). Après lui, on fit de la chapelle historique une cave ; on ne craignit même pas de détruire une partie des fresques, afin d'élargir les galeries et de faire passer plus
I. Le martyrologe romain rappelle aussi, le 14 février, le martyre d'un autre S. Valentin : « Interamnae sancti Valentini, episcopi et martyris, qui post diutinam caedem, custodiae mancipatus, cum superari non posset, mediae noctis silentio éjectas de carcere, decollatus est jussu Placidi urbis praefecti ». Cette coïncidence des fêtes de deux saints du même nom, victimes tous deux de la même persécution, a fait supposer à Tillemont que S. Valentin, évêque de Terni, n'était autre que S. Valentin prêtre de Rome ; on aurait d'abord célébré sa fête à Rome et à Terni, plus tard on aurait cru qu'il s'agissait de deux personnages distincts. Une telle identification ne semble guère vraisemblable : S. Valentin de Rome était prêtre, S. Valentin de Terni était évêque ; le corps du second a toujours reposé à Terni, celui du premier n'a jamais quitté Rome. On expliquerait peut-être mieux la coïncidence, en disant que, la date du martyre de S. Valentin de Terni ayant été oubliée, on unit son souvenir à cçlui de l'autre S. Valentin. Il est possible aussi qu'il y ait eu d'autres rapports entre les deux saints, car il est certain qu'on leur a rendu un culte parallèle, et on a trouvé sur la voie Flaminienne des inscriptions sépulcrales d' « Interamnates » ou citoyens de Terni. Cf. Marucchi, Op. cil., p. 35-40.