IIII ///NE
Le mot PARCE devait commencer une formule déprécatoire, comme : « Parce Deus animae, etc. », dont on trouve peu d'exemples dans les catacombes.
Le second étage, au-dessus de celui que nous venons de décrire, fut vraisemblablement le cimetière public souterrain
de St-Valentin ; il est plus vaste et présente la forme ordinaire des catacombes romaines. Il a son entrée au-dessus de la crypte historique ; on y voit deux galeries, longues de trente mètres environ, qui se coupent à angle droit et sur lesquelles s'amorcent trois autres galeries comblées. Un escalier creusé dans le tuf les met en relation avec un troisième étage qui se compose de huit galeries, dont quatre déblayées et quatre encore fermées. A ces deux étages il y a des « loculi », mais aucune peinture ni inscription ; la seule marque de christianisme est un monogramme du Christ profondément gravé près de l'ouverture d'un « loculus ».
§ II. Le Cimetière à la surface du sol.
Quand la paix eut été accordée à l'Eglise, un cimetière à la surface du sol se développa près de Thypogée de St-Valentin. Il y a longtemps que Settele en constata l'existence (i). C'était le plus étendu des cimetières de ce genre. Creusé entre les monts Parioli et la voie Flaminienne, il renfermait des tombes ouvertes dans le sol et maçonnées, € formae », des sarcophages en terre cuite et en marbre. La collection épigraphique que l'on y a recueillie est, pour les inscriptions consulaires, la plus importante après celle du Latran ; elle fournit un très grand nombre de dates, de l'an 318 a l'an 523, c'est-à-dire presque jusqu'à l'abolition de la dignité consulaire. Pour ce motif, j'en donnerai une description assez détaillée. La collection se trouve réunie dans la galerie qui fait suite à la crypte historique.
///OD MORIBVS Q.V/// ///DVS HORTVS ET PAT'// ///ERIS COXCESSIT AB OR/// ///T PATIS NEC PERROCIA/// ///SSIT GENESI NEC CORPV/// viaritXS PECIT QVE PVIT MEc//w LiciniO • V • ET • CRISPO CAES CONS (An. 518).
I. Al/i délia pontif. accadein. di archeol., ser. i^, an. II, p. 64 sq.
En tenant compte du caractère métrique de l'inscriotion, je crois pouvoir la restituer ainsi :
candida çuOB MORIBVS QVOD vu/Ui /ioHDVS HORTVS ET FATrem adsocians wjVERIS CON'CESSIT AB OR// iafn expers «T FATIS XEC FERROCIA vixet sccundae /<7SSIT GENESI NEC CORPV5 abesse
J'entendrais « genesi '^ dans le sens de la seconde naissance, c'est-à-dire de la résurrection finale ; nous aurions alors le vœu, exprimé par un mari, que le corps de sa femme reste dans son tombeau jusqu'au dernier jour ; l'inscription présenterait donc un caractère dogmatique. De Rossi préfère voir dans « Genesis ^ le nom de la défunte et lire de cette manière :
Et patrem adsocians superis concessit ab oris Jam expers sit fatis nec ferro clam violetur Extraneum possit Genesi nec corpus adjungi.
Enfin Visconti regarde € Genesis » comme synonyme de maison, race, et propose la lecture suivante :
Integra quod moribus quam saeptus floridus hortus Et patri juncta his miseris concessit ab oris Libéra jam sit fatis nec ferrocia vexet Externum possit genesi nec corpus adesse.
Quoi qu'il en soit, la date de cette inscription nous prouve que le cimetière à la surface du sol est antérieur à la basilique qu'y éleva ensuite Jules I^r '337-352}.
VEN'ERIOSE Q.VE NATA EST IK Cm/afe INTERAMXATIVM CON;SSArH<io«î5 il (ii'O TOLLIAXI XV K SEPTEMB Q.VE vixii ann IS Q.VATITVOr H diES LUI dVE ET àipoiila est sub DIES VNON OCtolR CONS EVSEBI ET Ypatii QVi fuit cARA ET AMABiJis (parentibus suis?} (An. 359j.
C'est l'épitaphe d'une enfant née à Terni le 18 août 355 et morte, peut-être à Rome, le 5 octobre 359. Elle est gravée au dos d'une inscription païenne mentionnant la société ouvrière des « Subaediani ^ :
D • M FELICISSIMVS PROCALENI CON IVGI • CVM -QVA VIXI • A • XVI II - B • M ET • EX Qorpore SVBEDIANORVM Q • V • A • P • M • L (1).
L'inscription de Veneriosa semble indiquer qu'il y eut quelque relation entre S. Valentin martyr romain et son homonyme de Terni.
BALENTINîa«o et BALENTE X Kahn DASIVLnzi
Ce fragment est maintenant perdu.
DVLCISSIMO . FILIO • ASELLO • Q.VI . VIXIT ANNOS • DECEM • ET . HOCTO • DEPOSITVS VU • IDVS . NOVENBRIS • CONS • GRATIANO ET • DAGALAIFO • CONS • PARENTES • FECEUVNT BENE • MERENTI • IN • PAGE (An. 366).
Le graveur aurait pu se dispenser de répéter deux fois le mot
I. Je l'ai publiée dans le 5«//e//. archeol. coin., oct-déc. 1877. — Le collège des «Subaediani» s'appelait ainsi peut-être parce que ces artisans se tenaient « sub aedibus ».
CONS, l'indication « consulibus > se lisant indifféremment avant ou après les noms propres.
BENEMERENTI VITALINE FAVSTiySus paUr FECIT QVE VICXITAN'NOS TRI; el mensesUi Q.VE DEPOSITA EST III IDVS OCTOBn; Lupiàno ET lOVINO CONSS
(An. 367).
Ici viendrait, suivant l'ordre chronologique, une inscription que l'on peut voir dans la basilique, sur le devant du sarcophage d'une jeune femme, Acilia Bebiana, qui vécut 17 ans, 9 mois et 13 jours, mourut après un an et trois mois de mariage et fut enterrée le 22 février 368. Comme on ne lui donne pas le titre de « clarissima », nous ignorons si elle appartenait à la famille des Acilii du cimetière de Priscille.
IVSTITIAE FACIES PVDOR INTEGER OMNIS HONESTAS + CASTA MARITALI SEMPER DEVINCTA PVDORE + \ MORTIS ONOS TVA PERPETVIS DATVR AVLA SEPVLCRIS -(- ANTE MEOS TALAMOS ME DIGNV.M SOLA PETISTI ; COXTEM- PTISQ.VE ALIIS ME DICTO IVRE SECVTA ES + CVM TE PVRA DOMVS QVAERIT SCIT PVBLICA PAMA -f ; ET PROBAT OMNE BONVM SOLI SERVASSE MARITO + O DVRVS RAPTOR MORS INPROBA VIX MIHI TECVM + CONVBII GRATAS LI- CVIT COXIVN'GERE TAEDAS + IXPIA PRAEPROPERO VIDI TVA FATA DOLORE + j FL + CRESCENS ACILIAE BAEBIA- NAE DVLCISSIMAE ADQVE AMANTISSIMAE CONIVGI BENE- MERENTI IN PAGE QVAE VIXIT ANNOS DECEM ET SEPTEM | ET MENSIBVS -f- NOVEM DIEBVS TREDECIM + FECIT CVM MARITC ANNVM ET MENS + III DEP + VIII • KAL • MART . VALENTINIANO ET VALENTE AVGG . ITER • CONSS C')
(An. 36S).
La chambre sépulcrale, « aula », à laquelle il est fait allusion, était peut-être un tombeau de famille fondé par le mari en souvenir de la femme défunte.