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ce semble, qu'elle renfermât un tombeau vénéré ; le corps ayant été enlevé plus tard, on l'aura fermée de manière à con-
solider la basilique. Comme la peinture de Veneranda et Petronella se trouve dans le voisinage, M. de Rossi a pensé,
— la chose n'est cependant pas certaine, — que cette chapelle était précisément la place du tombeau de Ste-Pétronille. Le sarcophage qui fut transporté au Vatican par Paul I^*" (Vm^ sièple) avec le corps de la sainte portait cette simple inscription :
AVRELIAE . PETRONILLAE • FIL • DVLCISSIMAE
Elle appartenait donc à la famille romaine Aurélia, apparentée aux Flaviens ; et si elle était fil'e de S. Pierre, c'était seulement d'une manière spirituelle, en ce sens qu'elle a pu être convertie et baptisée par lui. La similitude de son nom a fait croire qu'il dérivait de celui de S. Pierre. Il vient plutôt de Petro, nom qui était usité dans la famille des Flaviens (par exemple, Flavius Petro). Ce lien de parenté explique comment son tombeau se trouvait dans ce cimetière.
Dans la niche du fond de l'abside [7] était certainement la chaire épiscopale. C'est là, et non, comme l'a cru Baronius, dans la basilique urbaine des Sts-Nérée-et-Achillée, que S. Grégoire le Grand prononça une de ses homélies (^), car nous y lisons : « Sancti isti ad quorum tumbam consistimus spreverunt mundum » : or, à cette époque, les corps des martyrs étaient encore dans leur tombeau primitif. M. de Rossi a vu une allusion à cette homélie dans un « graffito ^ tracé sur l'enduit, mais aujourd'hui presque invisible, qui représenterait un prêtre priant ou parlant.
La basilique appartenait au titre de Fasciola, comme en font foi trois débris d'inscriptions (à droite de l'abside) :
Hic quusClT PASCENTIVS LECTOR DE FASCiola qui vixit «»NVS XXI DEPOSITVS IN PAC<;/// ///CONS DN . HONORIO ^
///SaSILIVi/// ///FASCIOLAE///
///</.' l-uSClOLA! Il
1. Hom. in Evangel., 1. II, hom. xxvili [P. L., t. LXXVI, col. 1210 sq. ).
LE CIMETIÈRE DE DOMITILLE. lOJ
L'origine de ce nom de Fasciola est douteuse ; suivant une légende, consignée dans les Actes des SS. Pierre et Paul, il rappellerait le souvenir d'une bandelette (« fasciola >) perdue par S. Pierre dans sa fuite sur la voie Appienne et recueillie par une matrone.
Avant de quitter la basilique, signalons encore plusieurs sarcophages, généralement du IV^ siècle, ornés des figures du bon Pasteur ou de quelques Saints, Deux fragments représentent le baptême de Notre-Seigneur et l'adoration des mages. Beaucoup de marbres sont païens et proviennent de la propriété supérieure. Un fragment laisse voir la partie inférieure d'un agneau, le pied d'une croix et la tête d'une colombe. M. de Rossi a reconstitué le sujet et en a donné une belle interprétation :
« L'agneau au pied de la croix est le symbole de la victime divine, de Notre-Seigneur immolé sur le Calvaire. La colombe avec le rameau d'olivier est le symbole de l'âme chrétienne jouissant de la paix : ici elle tend à se reposer sous le cou et sur la poitrine de Sauveur > (^).
Ce groupe a certainement une importance spéciale. Toutefois sa reconstitution n'est pas tout à fait certaine ; et si je la donne ici, c'est moins pour me porter garant de son exactitude que pour enrichir ma description d'un souvenir personnel de l'illustre maître (2).
Près de ce marbre on remarquera d'autres fragments de sculptures et d'inscriptions, entre autres ceux, déjà cités, qui mentionnent le titre de Fasciola, et un autre qui fait allusion à la récente construction de la basiliqne : « in basilica noba ». Il y a aussi une longue inscription, peut-être datée ffin du IV^siècle), primitivement placée sur le tombeau d'une famille qui comptait parmi ses membres des prêires, des évéques et un diacre de la V^ région {^).
1. Note manuscrite, maintenant en ma possession, et pour la première fois publiée dans le Nuovo bulhtt. di arch. crist., 1899, p. 33-34.
2. Mgr Wilpert pense que l'agneau n'est pas au pied dune croix, mais au pied d'un arbre. Même dans cette hypotlièse, la scène n'en aurait pas moins une belle signification symbolique.
3. Cf. Marucchi, Di alcune iscrizioni recentemente trovate o ricomposte nella basi- Jica dis. Petronilla, dans le Xuovo bulUi. di arch. crist., 1899, p. 24 sq.
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LE CIMETIÈRE DE DOMITILLE. IO9
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On connaissait seulement, depuis 1874, ^s fragment
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ALBANENS
Cet Ursin, évêque d'Albano, est d'ailleurs inconnu.
Sur les deux parois de la basilique, en dehors du ^ presbyterium ^, à droite de qui regarde l'abside, sont fixés de nombreux fragments de sculpture païens et chrétiens ; et à gauche, diverses inscriptions consulaires du IV^ ou du V^ siècle. Les inscriptions païennes ont été réunies dans le vestibule de la basilique, près des fragments damasiens consacrés à SS. Nérée et Achillée et à Irène, sœur de Damase, dont il sera question plus loin. Derrière l'abside est le tombeau de la matrone Veneranda (IV^ siècle) et l'image de Ste Pétronille l'introduisant au ciel. La galerie qui conduit à cette chapelle est très courte ; on y voit deux inscriptions avec dates consulaires de la seconde moitié du
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IV^ siècle. De là on peut faire un petit tour à travers des galeries de la même époque qui, passant derrière l'abside, vont déboucher dans la basilique de l'autre côté de cette abside. Ou bien par d'autres galeries on peut se rendre au vestibule des Flaviens.
BASILIQUE AU MOMENT DE LA DÉCOUVERTE (l?74).
II. Vestibule des Flaviens. — A peu de distance de la basilique se trouve l'entrée du cimetière sur la voie publique [19]. Deux chemins y conduisent ; l'un part du fond de la basilique, derrière l'abside (galeries 12, 13, 14, 16) ; l'autre, de l'entrée, au pied de l'escalier du « narthex » (gai. 22, 29). Ce vestibule [16] a été découvert en 1865 et décrit par M. de Rossi, qui en fit ressortir la haute importance dans le Biillettino de la même année (i).
La maçonnerie de l'entrée indique une haute antiquité ;
LE CIMETIÈRE DE DOMITILLF. I F I
c'est une construction en briques semblable à celles des tombeaux de la voie Latine et de la grande galerie de Prétextât. On distingue encore la place de l'inscription primitive. De chaque côté de cette entrée, qu'éclaire un lucernaire, sont deux autres constructions un peu postérieures, mais aussi très anciennes : à droite, une chambre voûtée [17], où l'on remarque un banc qui en faisait le tour, et deux « cubicula » ; à gauche, une autre chambre avec un puits [19]. C'était la i custodia monumenti :», telle qu'on la retrouve près de beaucoup de monuments païens : elle était destinée aux réunions et aux repas funéraires. Les peintures des deux chapelles à droite sont de style païen, elles représentent des génies et des fleurs.
La galerie un peu en pente qui part de cette entrée donne accès à un hypogée de forme spéciale. Elle n'eut pas de <i loculi » primitivement, mais seulement quatre grandes niches, deux à droite et deux à gauche, dans lesquelles on a retrouvé des débris de sarcophages en marbre et en terre cuite. Les « loculi » furent creusés plus tard, car ils ont détruit les peintures. Ce vestibule très ancien était chrétien, comme le prouve une inscription encore à sa place sur un « loculus », au fond d'une galerie latérale, à droite de la galerie principale :
EPICTETVS
ET FELICITAS EpicTETO FILIO
EPICTETO CON/// i^ENEMERENTI
BENE ^ MERENT FECIT «^^ P-'^CE qui vixit