Cf. Baronius. Annal, eccles., ad ann
4. Cf. Stevenson, L'area di Lucina sulla via Ostiensf, dans le Nuovo bullet. di ffrrh.^ 1898, p. 60 sq.
SAINT-PAUL. IIASILIQUE CONSTANTlNlENNE ET TRANSEPT DH LA BASILIQUE ACTUELLK.
AD BASILICA APOS TOLI PAVLI ET
DDD NNN FELICISSIMI • PECOR
Ce f pecorarius > habitait sans doute sur les domaines que la basilique posséda jusqu'en 1871.
Une belle inscription métrique, conservée dans le monastère, mentionne une grande restauration faite au V^ siècle, sous le pontincat de S. Léon le Grand. Les travaux furent dirigés par le prêtre Félix et un diacre nommé Adéodat :
EXSVLTATE PII LACRIMIS IN GAVDIA VERSIS
ET PROTECTORI REDDITE VOTA DEO CVIVS SIC TENVIT RESOLVTVM DEXTERA TECTVM
IN VACVVM VT CADERET TANTA RVINA SOLVM SOLVS ET INVIDIA PRINCEPS TORMENTA SVBIRET
QVI NVLLUM EX AMPLA STRAGE TVLIT SPOLIVM NAM POTIORA NITENT REPARATI CVLMINA TEMPLI
ET SVMSIT VIRES FIRMIOR AVLA NOVAS DVM xFl ANTISTES CVNCTIS LEO PARTIBVS AEDES
CONSVLIT ET CELERI TECTA REFORMAT OPE DOCTORExM VT MVNDI PAVLVM PLEBS SANCTA BEATVM
INTREPIDE SOLITIS EXCOLAT OFFICIIS LAVS ISTA FELIX RESPICIT TE PRESBYTER NEC TE LEVITES ADEODATE PRAETERIT QVORVM FIDELIS ATQVE PERVIGIL LABOR DECVS OMNE TECTIS VT REDIRET INSTITIT.
Au VI*^ siècle, la basilique fut de nouveau restaurée par un certain Eusèbe. Après la bataille du cap Circée (877), Jean VIII, à la suite des invasions des Sarrasins, fit de nouvelles réparations, comme on en avait faites à St-Pierre ; il fortifia même la petite bourgade qui entourait St-Paul et lui donna le nom de Johannipolis. Il y avait déjà là un monastère ; les papes lui accordèrent dans la suite des temps de nombreux privilèges. Pendant le moyen-âge, de grands
portiques permettaient aux pèlerins de se rendre de St-Pierre à St-Paul, quelque temps qu'il fit ; c'était du reste non loin de la porte que se trouvait dès l'antiquité un portique célèbre, < porticus maxima>. D'autres travaux furent exécutés par Hildehrand» le futur Grégoire VII, cardinal-diacre et administrateur de St-Paul ; son nom est encore gravé sur les portes de bronze de la basilique. Honorius III orna l'abside de sa mosaïque. Beaucoup d'autres papes, et en dernier Heu Benoît XIV, ordonnèrent encore de nouvelles réparations. Malheureusement le grand incendie de 1823 a presque tout détruit, ne laissant subsister que l'abside, le tombeau apostolique et l'arc triomphal, la partie méridionale des murs et ceux des portraits des papes qui y étaient peints.
La basilique de Valentinien II, comme toutes les grandes basiliques anciennes, était précédée d'un < atrium > avec sa fontaine pour les ablutions. La mosaïque de la façade remontait seulement à Jean XXII (XI V« siècle). On y voyait Notre- Seigneur entouré des symboles des Évangélistes, et au-dessous la T. Ste Vierge, S. Jean-Baptiste. S. Pierre et S. Paul. Des colonnes de marbre de différentes formes partageaient l'intérieur en sept nefs.
L'arc triomphal, de la fin du IV* siècle et du V*, porte deux inscriptions. En haut :
TEODOSIVS CEPIT PERFECIT ONORIVS AVLAM DOCTORIS MVNDI SACRATAM CORPORE PAVLI
En bas :
PLACIDIAE PIA MENS OPERIS DECVS HOMNE PATERNI GAVDET PONTIFICIS STVDIO SPLENDERE LEONIS.
A la suite d'un incendie ou d'un tremblement de terre, sous le pontificat de S. Léon le Grand, la sœur d'Honorius, Galla Placidia, avait dû restaurer Tœuvre de son frère. La mosaïque de l'arc représente le buste du Sauveur, la tête au milieu d'un nimbe et entourée de rayons, une croix dans la main gauche ; de chaque côté sont deux anges en adoration et les quatre animaux symboles des Évangélistes; au-dessous, les vingt-quatre vieillards présentant leurs couronnes ; plus
bas encore, de chaque côté, S. Pierre et S. Paul. L'easemble est de style byzantin et n'a pas été modifié par les quelques restaurations qu'a nécessitées l'incendie de 1823.
La mosaïque DE l'abside, substituée par Honorius III (1226) à celle du V« siècle, est d'un tout autre style que celle de l'arc triomphal ; on y reconnaît l'influence de la première renaissance italienne. Le Sauveur est assis entre S. Pierre et
I40 ÉLÉMENTS d'aRCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
S. Paul, S. André et S. Luc, bénissant de la main droite et tenant un livre dans la gauche; Honorius lui baise les pieds; par un motif d'humilité, le portrait du pape est de toutes
petites dimensions, comme celui de Pascal I" à Ste-Marie fn Domnica. Au-dessous se dresse une grande croix gemmée, reproduction ou souvenir Je l'ancienne mosaïque, entourée
dejdeux anges, des dix autres Apôtres et des SS. Mathias et Marc. D. Gregorio Palmieri, O. S. B., a trouvé dans les accbtves Vatican es une lettre d'Honorius III au doge de Venise (1218) lui demandant des artistes pour exécuter cette mosaïque ; de fait elle présente certaines ressemblances avec celles de 3t-Marc de Venise.
La CONFESSION n'a jamais changé de place. Comme celui de S. Pierre, le tombeau de S. Paul fut visible jusqu'au IX« siècle. Obstrué alors, il n'a été dégagé que dans la reconstruction du XlX^siècle. On peut maintenantvoir par la <fenestella) la plaque de marbre qui recouvre le sarcophage. Cette plaque est percée de trous,dans lesquels, au jour de la f*te de S. Paul, on brûlait des grains d'encens ; les charbons
étaient ensuite distribués' comme reliques. L'inscription PAVLO APOSTOLO MART, gravée sur la plaque, re-
monte, suivant M. de Rossi et le P. Grîsar. au I V« siècle (») : ce pourrait donc être le marbre même placé là par Constantin. Le € ciborîum > actuel est du XIII® siècle ; nous ignorons la forme de l'ancien. Les auteurs de ce beau monument gothique l'ont signé et daté : ^
+ HOC OPVS FECIT ARNOLFVS
CVM SOCI O PETRO
Et au milieu : + ANNO MILLENO CENTV BIS ET OCTVA- GENO QïNTO, etc. (2).
La plus belle décoration des parois était la série des POR- TRAITS DES PAPES (3). Cet important monument historique, qui remontait jusqu'au V"^ siècle, a été en grande partie détruit en 1823 ; ce qui en reste a été transporté au musée du monastère de St-Paul ; malheureusement quelques-unes des inscriptions qui accompagnaient les portraits se sont perdues. La série commençait à la paroi méridionale, à droite en entrant. Leur style permet de les attribuer au V* siècle ; du reste il y avait, d'après un dessin d'un manuscrit de la bibliothèque Barberini, le portrait de l'antipape Laurent, qui vécut à la fin du V« siècle ou au commencement du VI^ Ces portraits furent restaurés par Benoît XIV. Ils étaient peints dans des écus accouplés deux à deux ; le nom était inscrit verticalement à côté. Nous avons encore 42 portraits, allant de S. Pierre à Innocent I**" ; deux des inscriptions correspondantes, celles d'Éleuthèrc et de Denys, ont disparu ; les quarante autres sont conservées, mais comme on n'a pas eu soin de garder tous les numéros d'ordre» il y a des doutes sur l'identification des portraits de Caius, d'Eusèbe, de Miltiadc, de Libère, de Damase, de Jules et de Félix (^).