‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 4)Chapitre 153 sur 365 · C. /. Z... VI. iO · texte numérisé non relu

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taire, s'étendait la maison de la noble famille des Valerii. Incendiée en 410, elle fut retrouvée en 1554 et 1561. Le cardinal Hippol)rte d'Esté découvrit 1' i atrium >, où gisaient encore des diplômes de bronze et des bases de statues. La maison renfermait des traces de christianisme, qui font penser qu'au IV« siècle il y eut là un oratoire chrétien. Santé Bartoli y a recueilli une belle lampe chrétienne de cette époque, représentant un vaisseau, avec la figure de Notre-Seigneur

et l'inscription : DOMINVS LEGEM DAT VALERIO SEVERO

EVTROPI VIVAS. Elle est aujourd'hui au musée de Florence. D'autres objets furent trouvés sous Benoit XIV. Dans cette maison il y eut un monastère grec dès le VIl^ siècle, peutêtre même au VI«(i).

C'est par une autre maison chrétienne, transformée ensuite en église, la maison des SS. Jean et Paul, que nous devons commencer la description des édifices chrétiens du Coelius.

§ I. Sts-Jean-et-Paul (»).

D'après les Actes et les martyrologes, Jean et Paul étaient deux ofHciers de la maison de Constance, qui furent martyrisés sous Julien l'Apostat. Ces indications s'accordent bien avec ce que nous dit le panégyriste même de cet empereur, Âmmien Marcellin, que Julien poursuivit spécialement les hommes qui avaient servi Constance (3). Jean et Paul, considérés plus tard comme frères, étaient probablement deux amis. Ils furent tués dans leur maison, tandis qu'on les déclarait exilés ; des chrétiens cherchèrent et retrouvèrent leurs corps. Après la persécution, Byzante, père de Pammachius, transforma cette maison en église : c'était alors la seule église

1. Cf. Lit. p<mHf, édit Duchesne, t. I, p. 347, note 6 ; — de Rossi, La basilica di S. Stefano rotoncU>^ il monasiero di S. Erastno e la casa dei Valerii sul Ce Ho,

2. Cf. P. Gennano di S. Stanislao, La casa celimontana dei SS. Mariiri Giovanni e Paolo seoperia ed illustrala, Roma, 1894; — P. Allard. La maison des martyrs dans ses Études d* histoire et d' archéologie ^ p. 159 sq.

3. Lib. XXII, c. 3. — Tillemont(^«j/. ecclis,, VII, p. 352), suivi par quelques critiques, avance de quelques années la mort des deux martyrs et la place sous Dioclétien. Cf. de Rossi, Bullett. , 1890, p. 45, qui combat cette opinion.

de la ville qui eût des tombeaux de martyrs (*). La tradû tion conserva le souvenir des deux martyrs ; mais pendant très longtemps il n'y eut pour la fixer que l'inscription encore visible au milieu de la nef. C'est seulement en 1887 qu'ont été commencées, par le P. Germano, les fouilles qui ont amené la découverte de la maison primitive au-dessous de l'église.

Un important résultat de cette découverte fut de prouver que la maison même n'avait pas été détruite, mais convertie en basilique ; que par conséquent le mur qui s'élève sur le f Clivus Scauri », au lieu d'itre.'comme on l'avait cru, une construction du moyen-&ge, est proprement la façade latérale de l'habitation des SS. Jean et Paul. Cette maison, haute d'environ 19 mètres, était fort belle. C'est un des rares exemples qui nous aient été conservés d'une maison romaine à plusieurs étages : généralement on se contentait d'un étage.

II y avait cependant des maisons élevées ; Pétrone (») y fait allusion ; C AediRcantauro sedesque ad sidéra mittunt. i Les peintures de la maison dite de Livie, au Palatin, représentent des maisons à plusieurs étages ; et nous savons que les soldats de Vitellius arrivèrent jusqu'au Capitole par les toits des maisons, ce qui suppose qu'elles étaient très hautes. Les fenêtres étaient généralement petites : Cicéron (3) parle des < fenestrarum angustiae % et Juvénal {*) emploie ironiquement < conducere tenebras > comme synonyme de € conducere domum >. Dans la maison des SS. Jean et Paul, au contraire, elles sont remarquablement grandes et belles.

La maison avait deux entrées : la principale du côté du

I. c:f. Noliom gtHiralts. p. XXVIl, 76 sq. a. Satyric. CXX. 87, 3. Ad Allie, II, 3.

temple de Claude, ob se trouve la chapelle de St-Paul-de-la- Croix, et une autre sur le c ClJvus Scauri >,La partie déblayée

s'étendait entre le f cavedîum > ou € atrium > et le < CUvus Scauri > ; c'est moins de la moitié de la maison.

Cette partie renferme d'importantes peintures de diverses époques, les unes contemporaines des propriétaires ou à peu près, les autres peut-être antérieures, d'autres postérieures. En certains endroits un second enduit a recouvert t'enduit primitif.

Actuellement on descend de l'église à la maison souterraine par deux escaliers, qui partent, l'un du fond de la nef droite, l'autre de la chapelle de St-Paul-de-la-Croix. Ce dernier aboutit presque directement à un large corridor ou cryptoportique (M) ; près de là se trouve un autre escalier conduisant à l'étage inférieur et à la salle de bains (Q), que l'on voit, à droite du plan, terminée par une abside.

Si on prend le premier escalier (A), on arrive dans une grande salle communiquant,à droite,avec le i triclinium > (B). Celui-ci est décoré d'une frise représentant des oiseaux, des paons, et dix génies qui soutiennent des guirlandes de fleurs ; à la voûte, il y a une vigne. Une partie de ces symboles pouvaient être chrétiens et rappellent ceux des catacombes ; les génies, qui n'impliquaient pas une profession de pagagisme, étaient employés comme figures décoratives ; on les voit au cimetière de Domitille et sur beaucoup de sarcophages chrétiens.

En allant du itriclinium> vers le i ClivusScauri>, (à gauche du plan), on traverse deux autres salles, dont la dernière (C) a une porte sur la rue : c'est l'ancienne entrée secondaire de la maison. Si de là on tourne à gauche, en suivant le mur ancien, on voit, au delà d'une autre salle, une peinture représentant le Crucifix et les soldats qui se partagent les vêtements du Sauveur. Cette peinture est presque cachée sur la paroi d'un petit escalier (D). Bien mieux conservée est la peinture qui orne le mur en face de la porte d'entrée de cette salle (E): les martyrs éponymes et des anges. Il devait y avoir là de petits autels que visitaient les pèlerins du haut moyen-âge. Une petite chambre, ou plutôt un corridor (F), communique avec cette salle ; elle donne accès, à gauche, à une salle peinte transformée en chapelle, d'où on passe immédiatement dans le i tablinum > (H), et par l'escalier

(I)qui part du fond du < tabliDutn >, au lieu de la sépulture ; — à droite, à une grande salle (K), au fond de laquelle un autre escalier (il n'est pas figuré sur le plan) monte aussi vers le lieu de la sépulture.

ORANTE DU Tablinum.

Le € tablinum » ou salle de réception (H) était au centre, dans l'axe de 1' < atrium î. Ses peinturesj sont chrétiennes.

La voûte, presque entièrement écroulée, était ornée de lignes géométriques et de brebis figurant le troupeau du bon Pasteur. Deux personnages tiennent à la main un rouleau développé: ce sont des prophètes ou des évangélistes. Une orante, dans un coin, rappelle celle de la chapelle dite de la consécration d'une vierge, au cimetière de Priscille f '). Peutêtre au tnilieu de ces personnages y avait-il la figure de Notre-Seigneur. A la partie extérieure de la muraille, en détachant Tenduit, on a trouvé un autre sujet très ancien, Tagneau près du seau de lait (^), Cette chambre a certainement eu une importance spéciale ; elle a pu être transformée en oratoire domestique, et c'est peut-être là que les deux martyrs furent surpris en prières par Terentianus : i Qui ingressus invenit eos orantes >, disent leurs Actes.

La sépulture des martyrs est à un niveau un peu plus élevé. Quand, sous Jovien, leur maison fut consacrée au culte, on isola le tombeau en l'entourant d'un mur percé de fenêtres qui permettaient d'apercevoir le sarcophage. Le puits formé parce mur arrivait jusqu'au sol de la basilique supérieure, précisément à l'endroit où est fixée l'inscription du moyen-âge qui rappelle le martyre des SS. Jean et Paul. Ce mur était décoré de peintures du IV« et du V^ siècle. Il n'en reste quela partie inférieure, mais elle est fort intéressante. Au fond,de chaque côté de la €fenestella >,un personnage se tient debout. Au-dessous, devant un rideau, symbole du Paradis, un homme est dans l'attitude de l'orante ; deux autres se prosternent à ses pieds. C'est évidemment un des deux Saints locaux, vénéré peut-être par les fondateurs de la basilique, Pammachius et sa femme Paulina. Sur la paroi de gauche on voit une femme portant un vase, sans doute un vase de parfums qu'elle va déposer sur le tombeau des Saints ; une peinture analogue existe dans le cimetière de St-Hermès (3). Enfin une autre peinture représente d'autres martyrs qui, les yeux bandés, attendent d'être décapités par le bour-

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