ST-ÉTIENNE-LE-ROND. 2 IÇ
pape avait fait restaurer l'église par Raphaël ; heureusement on ne lui a pas enlevé sa forme basilicale. Le sanctuaire est élevé, comme dans les anciennes basiliques ; et il y a de chaque côté les deux petits autels pour V €apodosis> et la i prothesis >. La mosaïque de l'abside remonte au IX^ siècle. En avant on voit le Sauveur assis entre deux anges et les douze apôtres, S. Pierre tenant à la main les clefs, et S. Paul le rouleau des Écritures ; sur les côtés, un prophète, à droite et à gauche ; au centre de Tare, le nom monogrammatique de Pascal I^^^ ; dans la courbe de l'abside, la Madone assise, tenant l'Enfant Jésus sur ses genoux et entourée d'anges ; le pape Pascal, en petites dimensions et portant le nimbe carré, est prosterné à ses pieds. Au-dessous on lit l'inscription suivante :
ISTA • DOMVS • PRIDEM • FVERAT • CONFRACTA • RVINIS NVNC • RVTILAT • IVGITER • VARIIS • DECORATA • METALLIS ET • DECVS • ECCE • SVVS • SPLENDET • CEV • PHOEBVS • IN • ORBE QVI . POST . FVRVA • FVGANS • TETRAE • VELAMINA • NOCTIS VIRGO • MARIA • TIBI • PASCHALIS • PRAESVL • HONESTVS CONDIDIT • HANC • AVLAM • LAETVS • PER • SAECLA • MANENDAM
Depuis longtemps l'église a pour desservants des moines grecs Melchites. La confession est moderne ; elle renferme les reliques de différents Saints, en particulier d'une Ste Sabine.
§ V. St-Étienne-le-Rond.
L'église de St- Etienne € in Coelio monte », vulgairement St-Étîenne-le-Rond, existait dès le V« siècle : un prêtre de ce titre a pris part au concile tenu sous le pape Symmaque. La question de son origine a donné lieu à beaucoup de discussions. Les uns y ont vu un temple païen, soit de Faune, soit de Bacchus, soit de Claude. Mais cette opinion est contredite par ce que nous savons de la forme architecturale de ces temples, qui étaient carrés ou rectangulaires ou ronds sans colonnes iniérieures. Ce ne peut être non plus un mausolée, puisqu'on n'enterrait pas à l'intérieur de la ville; ni un < nymphaeum > analogue à celui de Gallien, puisque nous
n'avons à cet endroit aucune indication de jardins ou de villas. D'autres ont pensé que c'était un monument entièrement chrétien, érigé, d'après le Liber poHtificalis,^T Simplice (468-482) ; ainsi Hubsch (■), de Rossi {»), Artnellioi (^). Aujourd'hui on croit plutôt que c'était une salle du < roacellum magnum J>. Une médaille de Néron représente un édifice semblable avec le nom MACELLVM ■ AVG ■ ; il est certain
SX- ÉTI ENN E ■ LË-ROND.
que le monument actuel est postérieur à Néron, mais il a pu être bâti sur le plan d'un autre plus ancien. Symmaque, au V siècle, transforma cette salle en église et la dédia à S,Étienne,dont les reliques venaient d'être apportéesà Rome. La décoration fut continuée par Jean I" (523) et achevée par Félix IV (526-539). Le Codex Palatinus (■•) nous a con-