ST-GEORGES-IN-VELABRO
église et la dédia à S. Sébastien et à S. Georges, unissant une fois de plus les souvenirs de l'Église latine et ceux de l'Église grecque, comme on le voit si souvent dans les monuments de cette époque : <L Hujus almi Pontificis jussu ecclesiam juxta vélum aureum in honore B. Sébastian! aediiîcata est necnon in honore martyris Georgiî. > C'est le second vocable qui a prévalu, après que le pape Zacharie (750 ou 752) y eut transporté le chef de S. Georges. A la fin du VII !• siècle, Léon III fit de riches présents à cette église. Grégoire IV la décora de peintures et y ajouta des portiques. Après le IX^ siècle, elle dut être abandonnée ; mais, vers le XII« ou le XIII« siècle, elle fut, comme la plupart des églises de Rome, l'objet de grandes restaurations. De cette époque datent son beau clocher roman, si pittoresquement appuyé à Tare de Septime* Sévère, le portique actuel avec sa belle frise, et l'inscription en vers rimes rappelant un diacre de ce titre :
^ STEPHANVS EX STELLA CVPIENS CAPTARE SVPERNA
ELOQVIO RARVS VIRTVTVM LVMINE CLARVS EXPENDENS AVRVM STVDVIT RENOVARE PROAVLVM SVMPTIBVS EX PROPRIIS TIBI FECIT SANCTE GEORGI CLERICVS HIC CVIVS PRIOR ECCLESIAE FVIT HVIVS HIC LOCVS AD VELVM PRAENOMINE DICITVR AVRL
L'intérieur, malheureusement très dégradé, a conservé quelque chose de l'ancienne forme basilicale. Sous Boniface VIII, Giotto avait peint l'abside ; son œuvre a été mal retouchée et modernisée. La restauration de la Renaissance n'a pas modifié les colonnes primitives. Dans le pavé, il y avait beaucoup de marbres anciens, débris des monuments chrétiens et païens du Forum et du Vélabre ; les inscriptions ont été mises en ordre sous Pie VII par un recteur de l'église. A remarquer, parmi celles-ci, l'inscription acrostiche d'un prêtre nommé Jean, né sous le glorieux pontificat de Jean VIII (872-882), le pape qui battit les Sarrasins au Cap Circé et construisit autour de St-Paul la ville de Johannipolis :
lU) APXHHPeCB reNNA KAI BIOC ÏDOAKPU) • IU)ANN0VDATP1APX0YNTU)C TH PU)M wrAtuOY milA KAI AlAN 4^eP0NTM0Y AMAPTUAOC eN BIU) eTGXeHN OIMMOI
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Les inscriptions de cette époque sont fort rares (i).
§ XIX. Ste-Marie-in-Cosmedin («).
A rextrémité du «Forum boarium >, derrière Ste- Marie in Cosmedîn, on remarque de grandes ruines et des colonnes engagées même dans les murs de cette église. Ce sont des restes d'importants monuments anciens. Il y en avait plusieurs dans cette région : le temple carré appelé avec probabilité Temple de la Fortune virile (Ste-Marie-Égyptienne) ; le gracieux temple rond, qu'on a faussement dénommé Temple de Vesta, qui était plutôt celui de Matuta, la déesse Terre, ou, suivant M. Hulsen, celui de Portumnus, le dieu des ports ; r € Ara maxima Herculis>, monument très ancien^ peut-être antérieur à la fondation de Rome, qui rappelait la venue d'Hercule aux sept collines, et sur lequel les deux familles des Pinarii et des Potttii avaient le privilège d'offrir les sacrifices ; enfin un autre temple, probablement celui de Cérès et Proserpine (3). Ste-Marie-in-Cosmedîn a dû absor* ber les monuments dédiés à Hercule et le temple de Cérès. Un dessin de Peruzzî (X V« siècle), conservé dans la Bibliothèque Vaticane, représente près de Ste-Marie in Cosmedin un édifice rond encore appelé Temple d*Hercule et que Sixte I V
i. Celle-ci a été publiée dans le Bessarione (1899) par le P. Cozza-Luzzi.
2. Cf. Crescimbeni, Stato detla basilica diaconale colUgiata e parrocchiaU di S. Maria in Cosmedin ^ Roma, 17 19 ; — Giovcnale, La basilica di S. Maria in Cosmedin, Roma, 1895.