‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 4)Chapitre 213 sur 365 · FRESQUE DU < NARTHEX » : TRANSLATION DE SAINT · texte numérisé non relu

FRESQUE DU < NARTHEX » : TRANSLATION DE SAINT

donc s. Méthode assistant à la translation de son frère, car les deux frères Reraient nimbés s'il s'agissait de S. Clément. Mais à ces considérations on peut répondre que l'artiste ne pouvait guère représenter le cadavre comme un simple squelette, que l'expression de la femme est fort douteuse, que les deux personnages se ressemblent, portent le

même costume qui n'est pas le costume romain, et que le peintre a donné le nimbe seulement à celui des deux qui était le plus honoré dans la basilique, c'est-à-dire à S. Cyrille. Tous les détails d'ailleurs ne sont pas rigoureusement exacts, puisque Nicolas I«r était mort quand SS. Cyrille et Méthode arrivèrent à Rome avec leur précieux fardeau ; peut-être en nommant ce pape a-t-on voulu faire entendre que c'est de lui qu'ils avaient reçu leur mission. Il faut dire en tout cas que l'interprétation de cette scène n'est pas sans difficultés. La fresque fut exécutée aux frais d'une certaine

Marie : ^ EGO MARIA MACELLARIA P TIMORE DEI ET RE- MEDIO ANIME MEE HEC P • G • R • F • C • (f pro gratia

recepta fieri curavi >).

Entrons maintenant dans l'église même. Elle avait trois nefs ; la principale a été partagée en deux par des piliers modernes. A gauche en entrant, sur une paroi chargée de € graffiti >, nous remarquons une peinture importante de la moitié du IX« siècle : S. Léon IV (847-855), qui y figure avec son nom (^ scissiMVS dom leo qrt pp romanvs) en face de S. Vite (s. VITVS), porte le nimbe carré. La scène représente l'Assomption : la T. Ste Vierge est sur une colline, les Apôtres en bas, et en haut Notre-Seigneur qui la reçoit en Paradis. L'inscription tracée en-dessous de ce sujet nous en fait connaître l'inspirateur :

QVOD HAEC PRAE CVNCTIS SPLENDET PICTVRA DECORE COMPONERE HANC STVDVIT PRAESBYTER ECCE LEO.

On aperçoit ensuite le crucifix ; le Sauveur, vivant, est revêtu seulement du € perizoma > et a les pieds attachés avec quatre clous. Voici maintenant, sur la paroi gauche de la nef principale, des scènes de la vie du Sauveur : le miracle de Cana, Notre-Seigneur dans les limbes, les saintes femmes au sépulcre. Un peu plus loin, nous voyons sur un pilastre des peintures de la même époque que celles du vestibule, c'est-à-dire peut-être du XI® siècle, car vers cette date il est souvent question d'une famille Beno de Rapiza dans les registres du monastère de Farfa. A la partie supérieure, il y

avait le SauTCur entre S. Gabriel et S. Nicolas, S. Michel et S. Cltftnent; au-dessous, des scènes de la vie légendaire de S. Alexis : Alexis demandant l'aumâne à son père qui

ne le reconnaît pas (non PAT(er) AGNOSCIT MISERERI Q(ui) SIBI POSCiT), s. Alexis reconnu par ses parents et par sa

femme (PAPA TENET CARTA VITA QVE HVNTIAT ARTAM).

Les détails de la maison, des vêtements, etc., sont fort curieux. En avançant nous rencontrons encore un autre pilastre peint. Au-dessous de l'intronisation de S. Clément par S. Pierre, qu'entourent S. Lin, S. Clet et deux autres saints, on reconnaît deux épisodes tirés des Actes légendaires de S. Clément. Ces Actes racontent que Théodora, femme du préfet de Rome Sisinnius, s'étant convertie, celuici voulut s'emparer de la personne de Clément : il suivit Théodora, mais au moment où il allait pénétrer dans la réunion liturgique présidée par le pape, il fut frappé de cécité. Il donna ensuite à ses esclaves Tordre de traîner Clément en prison; aveuglés, eux aussi, les esclaves n'emportèrent qu'une colonne. Ce sont ces deux scènes qui sont ici figurées. Entre les deux on lit l'inscription dédicatoire :

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