Mansi, t. VIII, p
d'Alexandre Sévère (i) : « Cum christiani quemdam locum qui publicus fuerat occupassent, contra propinarii dtcerent sîbi eum deberi, rescripsit melius esse ut quomodocumque illic Deus colaturquam propinariîs dedatur. > Le fait n'aurait rien d'étonnant, dans un quartier où il y avait, d'une part les € cellae vinariae >, et d'autre part une caserne de pompiers et les matelots de la flotte de Ravenne, dont plusieurs, après un certain temps de service, prenaient leur retraite et devenaient < emeriti >. Non seulement on identifia le € titulus Calixti > et la i taberna meritoria >, mais on en rapprocha encore la légende du € fons olei > conservée par Dion Cassius (2) : une source d'huile aurait jailli en cet endroit l'an de Rome 716. S. Jérôme admet cette identification : « E taberna meritoria trans Tiberim oleum de terra erupit fluxitque tota die sine intermissione, significans Christi gratiam ex gentibus > (3). Ainsi fait Eusèbe. Au XI^ siècle, c'était une tradition tout à fait reçue.
Vraisemblablement le titre, fondé dès le III^ siècle, resta privé jusqu'au siècle suivant. La basilique de Jules I^'^, qui lui succéda, porta le nom de ce pape et celui de Calixte : c'est ainsi que nous la trouvons mentionnée dans les signatures du Concile de 594. Un peu plus tard on distingue St-Calixte et Ste-Marie-du-Transtévère.
Au IV« siècle, cette basilique fut le théâtre d'événements tragiques: les partisans de l'antipape Félix II, compétiteur de Libère, l'envahirent en 358 ; et le 22 septembre 366, on y élut Ursin pour l'opposer à S. Damase. Le pape Célestin la restaura < post ignem geticum >, c'est-à-dire après les dévastions des Goths en 410. Du VI' siècle nous connaissons une inscription, aujourd'hui perdue, qui devait être fixée sur le fronton :
HAEC DOMVS EST CHRISTI SEMPER MANSVRA PVDORI IVSTITIAE CVLTRIX PLEBI SERVAVIT HONOREM i"^).