‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 4)Chapitre 54 sur 365 · Suarez, cod. Vat · texte numérisé non relu

Suarez, cod. Vat

4. Cf. de Rossi, Inscript, christ,^ t. I, p. 105, n. ao2. C'est un sujet sur lequel le regretté M. Stevenson avait fait d'importantes études.

LE lecteur aurait une idée incomplète de la basilique chrétienne, si on n'y montrait les fidèles réunis pour la prière commune, si on ne disait quelque chose des usages auxquels elle servait et du rôle de chacune de ses parties dans les différentes fonctions liturgiques. Cette étude ne peut être ici que très sommaire : pour la faire complète, il faudrait des développements que ne comportent ni la nature, ni le plan, ni les proportions de cet ouvrage. Aussi bien seraitil superflu de reprendre un travail déjà exécuté de main de maître (»). Ayant à décrire seulement les basiliques de Rome, je ne parlerai que de la liturgie romaine, devenue d'ailleurs par la suite, sauf que^ues exceptions de portée très restreinte, la seule liturgie de l'Occident.

La liturgie basilicale plonge évidemment ses racines dans les manifestations du culte chrétien contemporaines des persécutions et même des Apôtres. Toutefois, c'est bien plus souvent par les usages postérieurs que par des textes de cette époque qu'il nous est donné de connaître la liturgie primitive: si ion peut relever des faits historiques très intéressants dans les documents antérieurs à Constantin, ces faits sont isolés, ces documents sont rares et rarement explicites > (3). Quelques passages de S.Paul, de S. Clément,de S. Justin, de S. Irénée, de Tertullien, de S. Cyprien, de la ^fZoL'/r^ twv àiroTrdXwv, et quelques indications du Lider pontificalis^ voilà, avec les peintures et les inscriptions des catacombes, tons les documents.

1. Ce chapitre m'a été fourni en entier par M. Dufresne, p. S. S. (H. M. )

a. Dachesne, Origines du culte chrétien , i vol. in-S», Paris, Fontemoing, 2« édit.,

1899. Paisées aux mêmes sources documentaires, mes explications seront forcément

pins d'une fois le résumé de celles du savant historien. 3. Ehichesne, Op. cit., p. 111.

Êkm. d'archéol. chret. — III. 3

Et voici les faits que nous y recueillons.

C'est le baptême qui, à proprement parler, fait le chrétien. Le converti admis à s'y préparer comme catéchumène a déjà cependant rang dans la société chrétienne ; plusieurs ne sortent de ce degré inférieur qu'après de longues années. Audessus des catéchumènes, il y a la classe des ^élus> ou ^ compétents >. Ceux-là consacrent le carême à s'instruire plus parfaitement des vérités de la foi et des obligations qu'elle impose. La veille de Pâques et les jours qui suivent, puis la Pentecôte ('), sont réservés pour la collation solennelle du baptême. La cérémonie comprend quatre parties : le néophyte déclare renoncer à Satan, à ses pompes et à ses anges (2) ; ensuite il descend dans la piscine de manière à y plonger au moins la partie inférieure du corps, tandis que le prêtre lui verse de l'eau sur la tête, en invoquant le nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit (3) ; une onction et l'imposition des mains appellent en lui l'Esprit-Saint (^) ; enfin il reçoit la nourriture eucharistique et un breuvage de lait et de miel (^). Il est alors devenu i fidèle > ; comme signe de sa nouvelle condition il se revêt d'une robe blanche qu'il portera jusqu'au dimanche dans l'octave de Pâques, appelé pour ce motif ^ dominica in albis depositis > (6). On voit encore dans les catacombes quelques-uns des baptistères qui ont servi à cet usage (7). De droit, l'évêque présidait la cérémonie, assisté par les prêtres et les diacres. Il va de soi qu'en cas de nécessité toute personne, et sans distinction de jours, conférait le baptême privé (8).

Un autre acte solennel de la liturgie était le sacrifice de la

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