I. Cf. s. Greg., Diahg., II, 23 {H. Z.., t. LXVI.col
3. Le < nomenclator > était préposé à la table pontificale, le < sacellarius > au trésor.
3. On expliquera plus loin, d'après XOrdo du chanoine Benoit, l'origine et le cérémonial des stations.
le plus digne des évéques. C'est aussi le pape en personne qui, assisté par Tarchidiacre, communie les notables réunis dans le € senatorium >, puis à son trône un certain nombre de dignitaires et de clercs. Les évêques avec Taide des diacres et les prêtres donnent la communion aux autres persooDes. Tout ce cérémonial atteste l'union du pontife, du dcrgé et des fidèles, et traduit vivement la pensée de S. Paul : ( Unus panis, unum corpus multi sumus, omnes qui de uno pane participamus > (<).
Les Ordines postérieurs qui sont venus jusqu'à nous, ceux du chanoine Benoit (première moitié du XII^ siècle) et de Cencius Camerarius (fin du XII® siècle),ceux du C*^ Jacques Gaetani et de Tévêque Pietro Amelio (XI V«siècle), s'étendent beaucoup sur le détail des cérémonies propres aux stations et à certains jours de fêtes ; mais ils sont très brefs sur celles de la messe même. Ils ne font même pas mention spéciale des rites de l'offrande et de la communion, ce qui laisse entendre qu'ils étaient déjà, sinon tout à fait supprimés, au moins grandement simplifiés. Dès le XI I^ siècle nous pouvons noter à la messe pontificale la présence d'un diacre et d'un sous-diacre grecs, qui chantent l'épître et l'évangile dans leur langue, après les ministres latins de même ordre.
§ III. Les Sacrements.
I. Quand un adulte infidèle embrasse la foi chrétienne, il reçoit en même temps le BAPTÊME, la CONFIRMATION et I'eucharistie. Tel fut dès l'origine, on l'a vu, l'usage de l'Église. Tel aussi il s'est toujours conservé, et les prières et les cérémonies que nous offrent le Sacramentaire de S. Grégoire et VOrdo VII sont, à très peu de chose près, celles-là mêmes que prescrit encore le Rituel romain pour le baptême des adultes (2).
A Rome, c'est le Samedi-Saint — et si c'est nécessaire, le
L 1 Cor., X, 17.
2. L'exsafflation, qui est an des premiers rites du baptême, ne figure pas dans ^Ordo y// /mais Mgr Duchesne fOp. cit., p. 285, not, i) observe qu'au VI' siècle ^ est attestée par le diacre romain Jean dans sa lettre à SenâriusIP. A., LIX,
samedi de la Pentecôte — que le pape administre solennellement le baptême. Les catéchumènes appelés à le recevoir, les € élus >, comme on les appelle, y sont préparés pendant le carême par une série d'instructions et de cérémonies préliminaires, € scrutinia >. La première réunion avait lieu le mercredi de la troisième semaine de carême : un acolythe prenait les noms, un prêtre bénissait le sel et en mettait quelques grains dans la bouche de chacun ; puis on faisait sortir les catéchumènes avant le commencement de la messe« Après la collecte, qui était dite spécialement pour eux, ils étaient rappelés, et on commençait les exorcismes. < Orate, electi, flectite genua >, dit le diacre aux hommes ; et après qu'ils ont récité une prière : « Levate. Complète orationem vestram in unum, et dicite Amen. > Tous répondent Amen, Alors s'adressant aux parrains : € Signate illos, accedite ad benedictionem. > Et les parrains tracent sur le front des catéchumènes le signe de la croix en disant : € In nomine Patris, et Filii, et Spirîtus sancti. > Un acolythe passe après eux et fait de même. On recommence ensuite pour les femmes : € Orate, electae, etc. > Puis un second acolythe, les ayant tous marqués du signe de la croix et leur imposant la main, prononce sur eux un exorcisme. Toute cette cérémonie se renouvelle une seconde et une troisième fois. Après que les parrains ont tracé pour la troisième fois le signe de la croix, ce n'est plus un acolythe qui intervient, mais un prêtre, et l'exorcisme est remplacé par une simple oraison. Enfin une dernière invitation aux catéchumènes et à leurs parrains : € Orate, electi, flectite genua. — Levate, complète orationem vestram in unum, et dicite Amen. — Signate illos, slate cum disciplina et cum silentio. > Le prêtre récite l'épître et l'évangile. Les catéchumènes sont ensuite congédiés, mais on les nommera au Hanc igitur^ comme on priera pour les parrains au Mémento des vivants.
Une seconde réunion se tient le samedi suivant,dans l'église désignée par le prêtre. Tout s'y passe de la même façon.
La troisième réunion, pendant la quatrième semaine de carême, a pour objet propre V < apertio aurium ». Elle dé-
bote par les mêmes prières et exorcismes que la première ; après lesquels on Ht deux épîtres, suivies chacune d'un graduel. Quatre diacres viennent alors de la sacristie portant les quatre livres des Évangiles, et les placent aux quatre angles de Tautel. Le prêtre explique brièvement ce qu'est rÉvangile, le diacre adresse aux assistants l'invitation :< State oim silentio, audientes intente; > et on lit successivement le début de chaque Évangile, qui est au fur et à mesure commeoté par le prêtre. A Texplication du quatrième Évangile succède la tradition du symbole. Elle est faite, sur Tordre du prêtre, par un acolythe, qui récite le symbole en grec, puis en latin, et dans chaque langue une fois pour les hommes et une fois pour les femmes. A quoi le prêtre ajoute : € Haec est summa fîdei nostrae, dilectissimi nobis. > De nouveau le diacre réveille l'attention des catéchumènes, et le prêtre leur apprend l'oraison dominicale. Ils se retirent ensuite, tandis que la messe s'achève.
Suivent deux autres réunions, pendant la cinquième semaine de carême, et une sixième pendant la dernière semaine. On y observait les mêmes rites qu'à la seconde réunion. Il fallait en tout sept scrutins, i secundum formam septem donis Spirîtus sancti, ut dum septem septenario numéro implebuntur, detur illis gratia septiformis Spiritus sancti. >
La septième et dernière réunion avait lieu le samedi-saint, à l'heure de tierce. Elle précédait immédiatement le baptême. Les catéchumènes étant réunis dans l'église, les hommes du côté droit, les femmes du côté gauche, le prêtre fait sur le front de chacun des premiers le signe de la croix et prononce Texorcisme : i Nec te latet, Satanas, etc. > De son doigt mouillé de sa salive il leur touche les narines et les oreilles en disant : « Eifeta, quod est adaperire, in odore suavitatis, etc. > Il leur fait aussi une onction sur les épaules et la poitrine, en leur faisant déclarer qu'ils renoncent à Satan, à ses œuvres et à ses pompes ('). Puis il passe devant eux et leur impose la main en récitant à haute voix le Credo,
L Ori, I {P. /.., t LXXVIII, col. 955). Élém. d'archéol. chrét. — III. 4
Il agit de même pour les femmes. Sur Tinvitation de Tarchîdiacre, tous se prosternent, prient, et se retirent, attendant dehors Theure du baptême.
Cependant le pape, précédé d'un imposant cortège, se rend aux fonts baptismaux après la lecture des prophéties (i). Les clercs portent des encensoirs et des cierges de la hauteur d'un homme, et chantent les Litanies. Le pontife bénit l'eau et y verse le saint chrême consacré le jeudi-saint (*). Tout le monde peut en emporter € ad spargendum in domibus eorum, vel in vineis, campis, vel fructibuseorum>. Les catéchumènes s'approchent alors et viennent l'un après l'autre répondre aux questions qui leur sont adressées :
< Quis vocaris ? — N.
C Credis in Deum Patrem omnipotentem,creatorem caelî et terrae ? — Credo.
€ Et in Jesum Christum Filium ejus unicum Dominum nostrum, natum et passum ? — Credo.
€ Credis et in Spiritum sanctum, sanctam Ecclesiam catholicam, sanctorum communionem,carnis resurrectionem, vitam àeternam ? — Credo.
« Vis baptizari ? — Volo. >
Chaque catéchumène reçoit le baptême par une triple immersion, quelques-uns de la main du pape lui-même, les autres des prêtres et des diacres. Le parrain le présente à un prêtre qui lui fait une onction sur le sommet de la tête avec le saint chrême.
Le pontife se retire ensuite et va s'asseoir dans la chapelle de la Croix à l'endroit qu'il a désigné.Les nouveaux baptisés, ayant revêtu des habits de couleur blanche, viennent à ses pieds, et il leur administre le sacrement de confirmation en invoquant sur eux l'Esprit-Saint et leur faisant sur le front une onction avec le saint chrême. Les livres liturgiques recommandent instamment de ne pas omettre ce complément du baptême.
1. Voir plus loin la description du baptistère de Latran. Cf. Ltâ, Poniif., in vit. Sergii III et Hilarii.