‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 4)Chapitre 67 sur 365 · P. t., t LXXVIII. col. 999 sq · texte numérisé non relu

P. t., t LXXVIII. col. 999 sq

4- Le sous-diaconat n'est considéré comme ordre majeur que depuis le XII» siècle. S «Sn/r., p. 46.

crimes qui dans la discipline d'alors constituent des empêchements canoniques ; et au lieu du sac, on lui remet un calice.

Pour les ordres majeurs, la liturgie est un peu plus compliquée. Il y a d'abord une véritable publication de bans,dRns deux églises et à des jours différents : elle se fait pendant la messe du pape, après la collecte, le mercredi des quatretemps (ï) à Ste Marie-Majeure, le vendredi suivant aux Saints- Apôtres. Saint-Pierre est la basilique choisie pour les ordinations. Le Pape s'y rend le samedi. Pendant le commencement de sa messe, les sous-diacres qui vont être élevés au diaconat se tiennent près de l'ambon. Après le graduel, il leur adresse une exhortation, et tout le monde se prosterne pour le chant des litanies. Ensuite le pontife impose la main aux ordinands, et, après qu'ils ont reçu de l'archidiacre l'étole qui a passé la nuit sur le tombeau de S. Pierre, les revêt de la dalmatique. L'un d'eux chante l'évangile. La même cérémonie se répète pour la consécration des prêtres, sauf que la dalmatique est remplacée par la chasuble. Plusieurs des nouveaux diacres étaient immédiatement élevés au sacerdoce.

Les consécrations épiscopales ne sont pas fixées à une époque déterminée. L'usage veut qu'elles soient faites pendant les matines, après le second nocturne. L'élu du clergé et du peuple, arrivé à Rome, est d'abord envoyé par le pape chez l'archidiacre, qui lui fait jurer sur l'Évangile qu'il n'a commis aucun des quatre crimes reconnus comme empêchements par les canons ; il va ensuite renouveler le même serment sur le tombeau de S. Pierre. Puis le pape procède à l'examen des titres du candidat. En présence du clergé, il fait venir ceux qui ont accompagné l'élu et représentent la population du diocèse vacant. L'un d'eux, un prêtre, porte la parole au nom de tous. Le pape lui adresse diverses questions, auxquelles il répond, sur la qualité de l'élu, le nombre d'années passées par lui dans le diaconat ou le sacerdoce,

I . Les ordinations se faisaient de préférence aux quatre-temps de décembre.

l'Église à laquelle il appartient, s'assure que Télection n'est pas entachée de simonie, se fait lire le procès-verbal de cette élection, puis ordonne d'introduire l'élu. Il lui pose de nouveau les questions auxquelles on vient déjà de répondre, et ajoute les suivantes :

< Quales codices in Ecclesia tua leguntur ? — Octateuchum, Regnorum, Prophetarum, Actuum apostolorum, Evangelium et Apostolum.

i Nostî canones ? — Doce nos, Domine. — Ordinationem si fecerîs, aptis temporibus fac, id est, primi, quart!, septimi, et decimi mensis. Bigamos aut curiales ad sacros ordines ne promoveas ; attamen dabitur tibi edictum de scrinio, quomodo debeas conversari. >

Après une seconde lecture du procès-verbal de l'élection, le pape annonce la consécration pour le lendemain, qui doit être un dimanche, embrasse l'élu et congédie l'assistance. Le jour suivant, à Saint- Pierre, le pape célèbre la messe. Après le graduel, l'élu étant amené devant lui, il fait chanter les Litanies, puis consacre celui-ci par l'imposition des mains, accompagnée de quelques oraisons, et finalement lui donne le baiser de paix ; après quoi la messe continue. Le nouvel évêque communie avec les espèces consacrées par le pape.

Il arrivait que Tévéque à consacrer fût le pape lui-même, car suivant la discipline en vigueur au VI 11^ siècle, le pontife devait être choisi, non parmi les évêques, mais parmi les prêtres et les diacres. Après avoir revêtu à la sacristie les ornements pontificaux, il venait prier devant la confession de S. Pierre, puis devant l'autel. Ensuite il prenait place entre l'autel et le trône pontifical ; deux évéques soutenaient sur sa tête le livre des Évangiles ; trois autres récitaient sur loi une oraison, et le dernier, qui était l'évêque d'Ostie, lui imposait les mains. Enfin il recevait de l'archidiacre le i palliam >, montait sur son trône, et commençait la messe en entonnant le Gloria in excelsis. Avant l'épître, le chœur chantait en l'honneur du nouveau pape des € laudes > composées d'an certain nombre d'invocations au Sauveur et aux Saints,

auxquelles on répondait: € Tu illum adjuva. > (') Tout le monde communiait de sa main. La messe finie, il retournait à son palais du Latran, d'où il était venu.

La prise de possession du Latran était le premier acte du pontificat et précédait même la consécration. Elle est décrite en détail par VOrdo XII (X II© siècle). Aussitôt après son élection, qu'on suppose faite dans la basilique de Latran, le nouveau pape, revêtu de la chape rouge, se prosterne devant Tautel, tandis que l'assistance chante le Te Deum, Il monte ensuite au trône pontifical pour la cérémonie du baisement des pieds. Puis les cardinaux le conduisent sous le portique de la basilique et le font asseoir sur une chaire de marbre rouge. On chante pendant ce temps le verset : < Sus« citans a terra inopem et de stercore erigens pauperem > ; d'où le nom de < sella stercoraria > donné à cette chaire (2). De là il jette au peuple trois poignées de pièces de monnaie. Il entre ensuite dans le palais. Devant l'oratoire intérieur dédié à S. Sylvestre, il s'assied de nouveau dans deux chaires de porphyre, et reçoit les clefs du palais et de la basilique. Il doit encore faire une longue prière dans l'autre oratoire intérieur, celui de St- Laurent. C'est seulement après cela qu'il peut entrer dans ses appartements et s'y reposer. La consécration avait lieu à St-Pierre le dimanche suivant. Si l'élection et la consécration s'étaient faites hors de Rome, le pape n'en prenait pas moins possession avec les mêmes rites à son arrivée dans la ville éternelle.

III. Les sacrements de pénitence, de mariage et d'extrême* onction, étant d'ordre plutôt privé, ont laissé moins de traces dans les Sacramentaires et les livres liturgiques.

D'après le Sacramentaire Gélasien, la pénitence publique, la seule qui ait quelque rapport avec l'objet de la présente étude, commençait le mercredi des Cendres, < in capite

1. Ces < laudes > se chantaient aussi en d'autres circonstances. Cf. Duchcsne, Lih, pontif., t. II, p. 37 ; — Ord. XII {F, L., t. cit., col. 1064-1065); — Grisar, AnaUcta rom.^ t. I. p. 229.

2. i. Et in ea eumdem electum ipsi cardinales honorifîce ponunt, ut vere dicatur : «Suscitans a terra, etc. > {Ord, XII, P, Z.., t. cit., col. 1097). On le voit, pas un mot des relations que d'aucuns ont prétendu établir entre celte cérémonie et la fable de la papesse Jeanne.

quadragesimae > ; le pénitent se présentait au prêtre» qui le couvrait d'un cilice. Elle se terminait le Jeudi-Saint : le pénitent revenait à Téglise et s'étendait sur le pavé ; à la demande du diacre (■), Tévêque ou le prêtre récitait sur lui les oraisons de la réconciliation, en l'exhortant à ne pas retomber dans son péché. L'admission à la communion sanctionnait cette réconciliation (*).

Le mariage devait, conformément à unedécrétale du pape Hormisdas (3), être célébré en public. Nicolas I**", dans sa réponse aux Bulgares (^), en décrit ainsi le cérémonial ; < Post sponsalia... ambo ad nuptilia foedera perducuntur. Et primum quidem in ecclesia Domini cum oblationibus qaas oflTerre debent Deo per sacerdotis manum statuuntur, sicquedemum benedictionem etvelamen caeleste suscipiunt... Verumtamen et velamen illud non suscipit, qui ad secundas naptias migrât. Post haec autem de ecclesia egressi coronas in capitibus gestant,quae semper in ecclesia ipsa sunt solitae reservari. > A cause d'un des rites qui en faisaient partie, cette cérémonie s'appelait < velatio nuptialis:^. Les sacramentaires léonien et gélasien nous donnent les oraisons de la messe pour les époux, — on pourrait dire: pour l'épouse, car il n'y est guère question que d'elle. Au canon, le Hancigitur était tout à fait spécial. Après le Pater^ le célébrant récitait sur l'épouse une oraison et une longue formule de bénédiction, analogues à celles de la liturgie actuelle. Comme aujourd'hui encore, une nouvelle bénédiction était donnée avant la fin de la messe, après que les époux avaient communié.

L'extrême-onction était administrée aux malades dans leur maison, et non dans les églises. Inutile donc d'en parler ici (5). Mais il est plus à propos de dire quelques mots de deux cérémonies dont les basiliques de Rome ont souvent

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