‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 4)Chapitre 79 sur 365 · LES VÊTEMENTS LITURGIQUES · texte numérisé non relu

LES VÊTEMENTS LITURGIQUES

Sans entrer dans de trop longs détails, je dois dire au moins quelques mots des divers vêtements et de leur origine propre.

Le citoyen romain avait pour premier vêtement la € tunica>, robe de couleur blanche, longue et à manches étroites, quelquefois serrée à la taille par une ceinture, souvent ornée de deux bandes de couleur foncée, € clavi >, qui descendaient des épaules jusqu'aux pieds. Le <colobium >,ou <dalmatica>, n'en différait que par les manches, plus courtes et plus larges. On le passait sur la tunique. Sur ces deux pièces du vêtement ou sur la simple tunique on jetait un manteau, soit la € toga >, qui était le vêtement distinctif des Romains, soit le € pallium > que portaient les philosophes et savants de tous pays. Vers le IV* siècle, ce manteau fut remplacé par la < paenula >. Le < pallium ^ avait à peu près la forme de nos chapes liturgiques, il s'agrafait sur l'épaule droite. La toge était une longue et large bande d'étoffe que l'on disposait autour du corps d'une manière assez compliquée en la faisant passer successivement sur les deux épaules et en lui faisant former sur la partie antérieure du corps des plis très élégants. La i paenula > ou planète, beaucoup plus simple, ne se composait que d'une pièce d'étoffe percée en son centre d'une ouverture pour passer la tête. La tunique et la planète sont devenues, presque sans modification, l'aube et la chasuble modernes. La dalmatique est restée à peu près ce qu'elle était. L'amict sert de complément à l'aube, couvrant le cou que celle-ci laissait découvert.

L'étole et le manipule ont une origine commune. Ils sont des transformations, non de parties du vêtement, mais des serviettes et mouchoirs que dans certaines cérémonies on portait soit sur l'épaule soit à la main ou sur le bras. Les i camilli >, serviteurs qui assistaient les ministres dés sacrifices païens, sont souvent représentés avec cet objet. Il n'est pas étonnant qu'on l'ait attribué comme un insigne aux diacres, qui étaient, eux aussi, les serviteurs des prêtres.

Jusqu'ici les auteurs sont à peu près d'accord, mais ils se divisent quand il s'agit de déterminer l'origine du € pallium > ecclésiastique. Suivant les uns, ^ cet insigne paraît remonter

à une concession impériale > (') ; car nous voyons certains papes demander à l'empereur l'autorisation de le donner à d'autres évêques et l'empereur lui-même l'accorder quelquefois directement. Dès le principe,îl fut la marque de l'autorité épiscopale dans son plein exercice. Il prit ensuite une signification symbolique : déposé pendant une nuit sur le tombeau de S. Pierre, il fut considéré comme une sorte de manteau de l'Apôtre, faisant participer celui qui en était revêtu à la juridiction pontificale : le nom plutôt que la chose aurait suggéré cette idée du i pallium > considéré comme un manteau. Telle est l'opinion de Mgr Duchesne, déjà soutenue par des auteurs plus anciens.

Suivant Mgr Wilpert, au contraire, le i pallium > a une origine exclusivement ecclésiastique ; loin de dépendre du « pallium discolor > imposé par la loi de 382 aux i officiâtes » ou employés subalternes, il a précédé ce dernier pour lequel même il a servi de type. Regardé par les premiers chrétiens comme un vêtement d'honneur,et à cause de cela très souvent attribué aux saints et aux personnages bibliques dans les peintures des catacombes, le < pallium » ne fut pas supprimé quand l'adoption de la «paenula> en rendit cependant l'usage très incommode. On se contenta de le plier de manière à le réduire à une simple bande, comme on fit pour la <palla > que portaient les femmes. C'est donc par la < contabulatio > que se transforma le € pallium >, comme se transformèrent aussi le € linteum > en ^ orarium > ou étole,et la <mappula > en manipule. C'est peut-être vers la fin du IV* siècle que s'opéra cette transformation ; les portraits d'évêques qui décorent la crypte de St-Corneille, au cimetière de Calixte, et qui datent de la seconde moitié du VP siècle, nous montrent le <L pallium > déjà arrivé à peu près à sa forme actuelle. Quant aux demandes faîtes quelquefois par le pape à l'empereur avant de conférer le < pallium >, elles doivent s'expliquer par des raisons spéciales que nous ne sommes pas en mesure de déterminer pour le moment ; il est bien certain en

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