‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 4)Chapitre 78 sur 365 · L OFFICE DIVIN · texte numérisé non relu

L OFFICE DIVIN

brèves des autres Heures. Les hymnes sont de composition exclusivement chrétienne; plusieurs remontent aux IV% V^et VP siècles, et se recommandent de noms comme ceux de S. Hilaire, S. Ambroise, Prudence, S. Paulin de Noie, Venance Fortunat, S. Grégoire le Grand. Mais si elles avaient dès lors place dans l'office monastique ou l'office d'Églises particulières, il ne semble pas que l'Église romaine les ait admises longtemps avant le IX« siècle. Il est vrai que Walfrid Strabon parle des € hymni metrici > qui dans la plupart des églises sont chantés conformément à la coutume de Rome (') ; mais Amalaire ne les mentionne pas dans son De eccUsiasticis officiis^ où il a enregistré la plupart des usages romains. On peut voir à Ste-Marie-in-Cosmedin une inscription de la fin du IX"" siècle indiquant un certain nombre de dons offerts à la basilique de St-Valentin : parmi ces objets il y a deux recueils d'hymnes, IMNARIA II (^).

Les fêtes des Saints étaient loin, à l'origine, de tenir dans l'office canonique la place qu'elles y occupent aujourd'hui. L'office d'un Saint s'ajoutait à celui du temps, dans les seules églises où on en célébrait la fête ; puis les fêtes se généralisant, l'office correspondant se combina avec celui du temps au point de l'absorber presque entièrement.

Dès le moment où le chant des offices devint un peu compliqué, il fallut former des chantres capables de l'exécuter. Ce fut l'origine de la € Schola cantorum >. S. Grégoire le Grand, l'illustre réformateur du chant ecclésiastique, s'occupa beaucoup de cette école ; son biographe nous a conservé le souvenir des leçons qu'il y donnait lui-même et des sanctions dont elles étaient appuyées (3). Plusieurs papes, ses successeurs, continuèrent son œuvre. Les Ordines du moyen-âge ne manquent pas de signaler l'intervention de la <: schola > dans toutes les cérémonies papales. Dans les basiliques, elle avait une place spéciale, en avant de l'autel : cette enceinte,

1. Liber de exordiis et inerementis quarundam in observationibus eccUsiasticis rentm, c. XXV (P. L., t. CXIV, col. 953-955).

2. ce Manicchi, Il cimitero e la basilica di S. yalentino, p. 127 ; — Pimont, Les hymnes du bréviaire romain, p. IV sq.

3. Joan. diac, Vit. S, Greg., II, 6 {P. /.., t. LXXV, col. 90).

fermée ordinairement par des balustrades en marbre sculpté, comme on peut le voir encore à St-Clément, reçut elle-même le nom de € schola cantorum > (^).

§ VI. Les vêtements liturgiques (^),

Les liturgîstes du moyen- âge se sont exercés à découvrir un sens mystique à chacun des vêtements dont se servent les ministres du culte chrétien. Rien de plus légitime, pourvu que ces interprétations ne faussent pas l'histoire. On la fausserait assurément, si on en concluait que l'Église a proprement inventé ces vêtements et qu'elle les a dès l'origine imposés à ses ministres, précisément en vue de leur signification symbolique.

Il est certain que primitivement les clercs n'avaient pas de costume particulier : € Discernendi a plèbe vel ceteris sumus doctrina, non veste ; conversatione, non habitu ; mentis puritate, non cultu, » écrivait le pape Célestin I*^ au V* siècle (^). Ils n'en avaient même pas pour les fonctions liturgiques, et celui qui est aujourd'hui prescrit dérive des vêtements civils ("*). On le reconnaît avec évidence en rapprochant des monuments classiques les peintures, mosaïques, miniatures qui représentent des ministres sacrés. Les peintures de la basilique souterraine de St-Clément et celles de Ste-Marie-Antique sont à cet égard extrêmement importantes ; les mosaïques de l'oratoire de St-Venance, dans le baptistère de Latran, le sont encore bien davantage, puisqu'elles sont plus anciennes de deux siècles et constituent le plus ancien monument de ce genre que nous possédions.

I. Cf. D. Pothier, Les méthodes grégoriennes cC après la tradition; — Duchesne, op, cit., p. 335-336 ; — Clerval, L'ancienne maîtrise de Notre-Dame de Chartres» p. II sq.

a. Cf. Duchesne, op. cit., c. XI ; — Grisar, Analecta rom., I, § XII ; — Wilpert, Un capitolo di storia del vestiario, Roma, 1898-1999.

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