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LE GROUPE DU LATRAN

Major, Via, Papae, Via Sacra » ; ses habitants, dont beaucoup étaient des religieux, jouissaient de privil^es spéciaux.

Le quartier allait, d'un côte, jusqu'à l'hôpital de St-Jean, de l'autrejusqu'àla Scala Santa (I).

La basilique occupait le même eoiplacemen t qu'aujourd'hui.

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palais se conti- Duait jusqu'à la Scala Santa, oti se trouvait la chapelle intérieure ; la rue qui les sépare actuellement n'existait pas. Au milieu de la place, là oh Sixte V fit placer l'obéli5que,s'élevaient

1, Cf. Procope, Hiilairt dts GelAi. ~

au moyen-âge le palais et la tour des Annîbaldeschi. Entre ce palais et la façade latérale de la basilique était la statue de Marc-Aurèle qui orne aujourd'hui la place du Capitole, et qu'on prenait pour une statue de Constantin. Elle resta là jusqu'à Paul III. Il est probable qu'elle venait, non du Forum, comme quelques-uns l'ont pensé, mais du Coelius, où se trouvait la maison natale de Marc-Aurèle. Beaucoup de légendes (') se rattachaient à cette statue, qui n'ont pas complètement disparu ; le peuple croit encore qu'il y a sur la tête du cheval une chouette qui chantera le jour où Rome sera détruite, et que la fin du monde arrivera quand le cheval sera entièrement doré.

Quand, au XIV* siècle, les papes allèrent habiter Avignon, le Latran, magnifiquement embelli par Boniface VIII à l'occasion du jubilé de 1300, se trouva abandonné. Deux încen- -dies (1307 et 1361) consumèrent une partie de la basilique ^t du palais ; il fallut pour les réparer de grosses sommes qu'envoyèrent Clément V, Innocent VI et Urbain V. Ce dernier pontife transféra dans la basilique les chefs de S. Pierre et de S. Paul, jusque-là conservés dans le Sancta Sanctorum^ et fît élever à cette occasion le < ciborium > gothique de la confession. Abandonné et dévasté, le Latran gardait néanmoins toute son importance. Cola de Rienzi y tenait des réunions ; c'est dans la basilique même qu'il fit son fameux discours pour expliquer au peuple ses droits en prenant occasion de la € Lex regia > conservée dans l'église (2). A leur retour, les papes, trouvant le palais en mauvais état, fixèrent leur résidence à Ste-Marie-du-Transtévère, puis à Ste-Marie-Majeure, enfin au Vatican. Sixte V détruisit ce qui subsistait du palais, sauf la chapelle et le i Sancta Sanctorum >, et bâtit le palais actuel, beaucoup plus petit que l'ancien. La basilique est cependant restée la vraie cathédrale du pape ; elle garde toujours sur toutes les autres églises

I. Cf. par exemple celle qui est rapportée dans les Mirabilia urbis Romac (Urlichs, Codex topographicus , p. 98-99).

a. La f lex regia > était celle qui conférait aux empereurs le pouvoir suprême, r< imperium >. La table en bronze sur laquelle elle était gravée, et qui se conservait anciennement au Latran, est aujourd'hui au musée du Capitole.

la prééminence que les souverains pontifes lui ont maintes fois reconnue (^)et que Clément XII a exprimée dans cette inscription :

SACROS - LATERAN • ECCLES •

OMNIVM VRBIS ET ORBIS

ECCLESIARVM MATER

ET CAPVT

!^ II. La basilique.

L'expression dont se sert S. Jérôme en parlant de la basilique : i Basilica quondam Laterani > (^), peut donner à entendre qu'elle ne fut pas bâtie par Constantin, qu'pn transforma seulement la basilique privée du palais. De fait \t Liber pontijicalis ne parle que de la donation faite par Constantin et de la consécration au Sauveur par le pape Miltiade. Ce qui est sûrement Tœuvre de Constantin, c'est le baptistère ; aussi a-t-il toujours porté son nom.

Comme toutes les basiliques, St-Jean-de-Latran avait son < atrium >, sa fontaine, son < narthex >. La façade était décorée d'une belle mosaïque représentant le Sauveur adoré par les anges, et au-dessous les quatre grands prophètes. A droite, dans le ^ narthex >, s'ouvrait une chapelle dédiée à l'apôtre S. Thomas par le pape Jean XII ; elle servait de sacristie pour les cérémonies pontificales, comme aujourd'hui la chapelle de la Pietà à St-Pierre. Une peinture de l'an 960 représentait le pape revêtant les ornements sacrés. C'est là que l'on gardait la relique de la table de la Cène. Dans une niche était la chaire en marbre rouge, sur laquelle s'asseyait le pape le jour de son intronisation, la < Sella stercoraria > (3). Il y avait ensuite les tombeaux de Jean X (914-928), le vainqueur des Sarrasins ; de Jean XII (956-963), qui couronna Othon V^ ; de Jean XIV (983-984),

X. Cf. Barbier de Mootault, La grande pancarte de la basilique de Lairan, dans 'a Revue de F Art chrétien, 1886. 4« liv. I 2. Ep. LXXin{P. L., t. XXII, col. 692). 3. 5ir/r.,p. 54.

du savant pape Sylvestre 11 (999-1003), qui passa de son vivant pour un sorcier et dont le tombeau même, aujour-

d'hui dans une nef latérale de la basilique, fut l'objet de légendes bizarres; d'Alexandre II (1061-1073), etc.Des deux côtés de l'église étaient les statues de S. Pierre et de S. Paul.,

On pense que les portes principales de la basilique sont, depuis Alexandre VII, les anciennes portes en bronze de la Curie ; on a dû les élargir par un encadrement de même ^ métal, recon- "g naissable au !;> semis d'étoiles | dont il est cou- vert. I L'intérieur, ^ avantlarestau- « rationdeBorro- ^ mini, était par- ^" ; ^ tagépardesco- »

lonnes.Là aussi S se trouvaient plusieurs tombeaux, ceux de Pascal II, de Calixte II qui mit fin à la querelle des investitures, d'Alexandre III, le fondateur de la ligue lom-

barde, le champion de la liberté italienne. L'autel papal s'élevait devant l'abside. Comme cette basilique, se trouvant dans la ville, ne renfermait le corps d'aucun martyr local, on y avait suppléé en conservant dans l'autel une table en bois sur laquelle on assurait. qu'avait célébré S. Pierre (■). De ce

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