PONTIFICALE
souvenir naquît l'usage de réserver au pape seul l'autel principal des basiliques majeures. Au fond de l'abside était placé le trône papal, dont les fragments se voient encore dans le
I. Cf. Barlolini, Sopra t aiiickusimo allart di Ugae rinchiuiantltallan papalt.
LA BASILIQUE. 8g
cloître ; il portait l'inscription suivante en vers léonins :
Harc esl papalis icJei et pontiRcalii Piicudet et Chiiiti de jure vicatius isli Et quia juie datui ledei romana vocalur Nec débet vere nisi solu< p>pa sedere El quia snblimis al[i lubdunlur in imis.
Dès le V^siècle.il y eutautour de la basilique des oratoires latéraux ; au VI^ ils lui furent réunis, quoique cela ne se pratiquât pas encore pour les autres églises. Ils étaient au nombre de sept et correspondaient aux sept diacooies. Suivant le Liber pontificalis, on venait y déposer les offrandes (') ; et Jean Diacre note qu'on les ornait pour le Samedi-Saint (3). On les visitait beaucoup pendant le moyen âge.
Des indulgences étaient attachées à chaque autel. De là vient l'usage des sept autels dans diverses églises de Rome et d'ailleurs.
Jusqu'à la fin du moyen-âge, la basilique conserva son caractère primitif. Au XVII<= siècle, par ordre d'Innocent X, le célèbre architecte Borromint transforma l'intérieur et lui donna son aspect actuel, aussi disgracieux que contraire à la tradition archéologique. Les modifications faites à la façade par Galilei.sous e pontificat de Clément XII
(1732), furent moins malheureuses. En 1878, l'abside et le portique polygonal qui l'entourait furent détruits : on conserva cependant l'ancienne mosaïque, qui a été placée au fond de la nouvelle abside. La partie primitive de cette mosaïque, le baptistère et les oratoires annexes, les colonnes cachées dans les pilastres du XVI I^ siècle : voilà tout ce qui reste de l'ancienne basilique de Latran. Une peinture exécutée avant 1640 dans l'église de St-Martin aux Monts représente cette basilique telle qu'elle était avant les restaurations modernes (^).
L'ancienne abside, celle qui fut détruite dans les derniers travaux, devait être ornée de mosaïques dès le IV« siècle ; le Liber poniificalis^ dans la vie de S. Sylvestre, parle de la € caméra basilicae ex auro trimite >. Elle fut restaurée au V* siècle par le consul FI. Félix, ainsi qu'en témoignait l'inscription lue jadis par les archéologues : € F. L. felîx v. c. magister utriusque militie patricius et cons. ord. et padusia ejus inl. femina voti côpotes de pprio fecerunt ^ if). Il y avait aussi une image du Sauveur qui, suivant une tradition consignée au X^ siècle dans les Lectionnaires, serait apparue le jour de la dédicace de la basilique : € Imago Salvatoris in6xa parietibus primum visibilis omni populo romano apparuit(^)>.
Dans la mosaïque actuelle C^) on peut distinguer trois parties : le buste du Sauveur, entouré de neuf anges ; la zone centrale, avec la croix et deux groupes de Saints ; et, entre les fenêtres, les grandes figures des Apôtres. Le buste du Sauveur est très ancien ; d'après M. de Rossi (5), il pourrait remonter au V®, même au IV* hiècle ; et cette opinion est partagée par Cavalcaselle (6) et Muntz(7). Mais il a certaine-
1. Cf. art. de H. Doulcet dans les.l/<:^/a//^^vj de l'École française, 1885, pi. XIV.