‹ Éléments d'archéologie chrétienne (volume 5)Chapitre 74 sur 361 · LA VOIE APPIENNE. — LE CIMETIERE DE CALIXTEC · texte numérisé non relu

LA VOIE APPIENNE. — LE CIMETIERE DE CALIXTEC

LA voie Appienne, la < regina viarum > des anciens Romains, partait de la porte Capène de Tenceinte de Servins Tullius, et allait, par Bovillae, Albano, Aricia, etc.» jusqu'à Capoue. Elle fut prolongée plus tard jusqu'à Brindisi. Il n'est pas un visiteur de Rome qui ne connaisse les monu-* ments sépulcraux de cette voie.

Elle était aussi célèbre pour ses souvenirs chrétiens que pour ses souvenirs païens. La topographie des cimetières de cette voie fut très confuse jusqu'au milieu du XIX^ siècle. A l'aide des anciens documents, M. de Rossi put reconstituer la vraie topographie. Il a remarqué que le calendrier libérien

I. Index coemeteriorum e notifia regionum : < Coemeterium Praetexati ad S. Januarium via Appia. Coemeterium catacumbas ad S. Sebastianuro via Appia. Coemeterium Calisti ad S. Xystum via Appia. )> — Itinéraire de Salzbourg: < Postea pervenies via Appia ad S. Sebastiaoum martyrem, cujus corpus jacet in inferiore loco, et ibi sunt sepulcxa apostolorum Pétri et Pauli, in quibus XL annorum requiescebant. Et in occidentali parte ecclesiae per gradus descendis ubi S. Cyrinus papa et martyr pausat. Et eadem via ad aquilonem ad SS. Nfartyres Tlburtium et Valerianum et Maximum. Ibi (en marge: intrabis in speluncam magnam et ibi) invenies S. Urbanum episcopum et confessorem, et in altero loco Felicissimum et Agapitum martyres et diaconos Syxti, et in tertio loco Cyrinum martyrem, et in quarto Januarium martyrem. Et In tertia ecclesia rursum S. Synon martyr quiescit. Eadem via ad S. Caeciliam, ibi innumerabilis multitudo martyrum. Primus Syxtus papa et martyr, Dionisius papa et martyr, Julianus papa et martyr. Flavianus martyr, S. Caecilia viigo et martyr, LXXX martyres ibi lequiescunt deorsum. Geferinus papa et confesser sursum quiescit. Eusebius papa et martyr longe in antre requiescit, ComeUus papa et martyr longe in altero antro requiescit. Postea pervenies ad S. virginem Soterero et martyrem (en marge : eadem via venis ad ecclesia m parvam ubi decollatus est S. Xystus cum diaconibus suis), cujus corpus jacet ad aquilonem. > — De locis SS, Martyrum : 4 Juxta viam Appiam in orientali parte civitatis ecclesia est S. Suteris martyris, ubi ipsa cum multis martyribus jacet, et juxta eandem viam ecclesia est S. Syxti papae ubi ipse dormit. Ibi quoque et Caecilia virgo pausat, et ibi S. Tarcisius et S. Geferinus in uno tumulo jacent, et ibi S. Eusebius et S. Colocerus et S. Parthenios per se singuli jacent et DCCC martyres ibidem requiescunt Indehaud procul in coemeterio Callisti Cornélius et Cyprianns in ecclesia dormiunt. (D'une autre main : Et in altéra spelunca S. Calocenis diaconus). Juxta eamdem viam quoque ecclesia est multorum Sanctonim, id est Januarii, qui fuit de septem filiis

(IVe siècle) mentionne trois groupes: «XVII Kal. fcbr, Fabiani in Callisti et Sébastian! in Catacumbas... VIII Id. Aug. Xysti in Callisti et in Praetextati Januarii. >De même les Itinéraires, la Notifia regionmn, le Liber pontificalis. Il faut donc, sans aucun doute, distinguer le cimetière de Calixte de ceux de St-Sébastien et de Prétextât.

En 1849, ^* de Rossi, parcourant l'ancienne vigne Ammendola, sur la voie Appienne, y trouva un fragment d'inscription servant de marche d'escalier ; on y lisait //// NELIVS MARTYR. Il était facile de restituer la syllabe absente et de reconnaître la partie droite de l'inscription de S. Corneille. Or on savait que ce pape avait été déposé à St-Calixte. C'était une indication. La vigne fut achetée plus tard par Pie IX, on entreprit des fouilles, et elles aboutirent précisément à la découverte de la chapelle de St-Corneille» où l'on vit, encore à leur place, la seconde partie de l'inscription et un fragment damasien (1852). Deux ans après on déblayait la chapelle des papes, puis celle de Ste- Cécile. Le doute n'était plus possible : on était dans le vrai

Felicitatis major natu, Urbani, Agapiti, Felicissimi, Cyrini. Zenonis, fratris Valentinî. Tiburtii, Valeriani (d'une autre main : et Maximi). et multi martyres ibi requiescnot. Et juxta eamdem viam, ecclesia est S. Sebastiani martyris ubi ipse dormit, ubi sont sepulturae Apostolorum in quibus XL annos quieverunt. Ibi quoque et Cyrinas martyr est sepultus. > — Itinéraire de Guillaume de Malmésbury : f Undecima. porta et via dicitur Appia. Ibi requiescunt S. Scbastianus et Quirinus, et olim ibi requieverunt apostolorum corpora. Et paulo propius Romam sunt martyres Janoarlus. Urbanus, Xénon. Quirinus. Agapitus, Felicissimus. Et in altéra ecclesia Tiburtius, Valerianus. Maximus. nec longe ecclesia S. Caeciliae martyris ; et ibi reconditi sunt Stephanus, Sixtus, Zefferinus, Eusebius, Melcliiades, Marcellus. Eutichianus. Dionysius, Antheros, Pontianus, Lucius papa, Optatus, Julianus.Colocerus, Parthenius, Tharsitius, Policamus. martyres. Ibidem ecclesia S. Cornelii et corpus. Et in altéra ecclesia sancta Sotheris, et non longe pansant martyres Hippolitus, Adrianus. Eusebius, Maria, Martha, Paulina, Valeria, Marcellus ; et prope papa Marcus in sua ecclesia. > - liinér^ire d'Einsiedein .'fin eadem via extra civitat«m in sinistra ad S. Januarium, ubi Syxtus martyrizatus est, S. Eugenia, ad S. Theodonim. In dextera S. Petronella Merci et Achillei, Marci et Marcelllani. ad S. Sotenim. S. Cornelii, Xisti, Faviani, Antheros et Miltiadis. ad S. Sebastianum. » — VHa Hadriani 1 : 4 Ecclesiam Apostolorum foris porUm Appiam milliario tertio in loco qui appellatur catacumbas, ubi corpus beati Sebastiani martyris cum aliis quiescit* in ruinis praevenUm a novo restauravit... Ecclesiam beati Tiburtii et Valeriani atque Maximi, seu basilicam S. Zenonis una cum coemeterio S. Urbani pontificis. Felicissimi et Agnpiti atque Januarii et Cyrini martynim foris portam Appiam uno cohaerentes loco, quae ex priscis marcuerant temporibus, a novo restauravit. > — Index coemeteriorum e Hbro Mirabilium : € Coemeterium Calisti juxta catacumbas. Coeme> terium Praetextati inter portam Appiam... ad S. Apollinarem. >

CIMETIÈRE DE STCALIXTE.

cimetière de Calixte, tout à fait distinct de celui de St-Sébastien et de celui de Prétextât. Ces conclusions furent confirmées par la découverte, en 1863, de la crypte de St-Jaavier, qui marquait avec certitude la place précise du cimetière de Prétextât.

M. de Rossi a publié le résultat de ses recherches dans la Roma sotterranea. Le premier volume est consacré à des aperçus généraux et à la description de la partie la plus ancienne du cimetière ; le deuxième, aux centres historiques des papes, de Ste-Cécile et de St-Eusèbe ; le troisième, aux autres régions. Nous en ferons un rapide résumé (').

Le cimetière de Calixte fut peut-être fondé dès le 1er siècle ; mais il n'a pris son nom qu'au commencement du IIIS quand Calixte, diacre de Zéphyrin, fut préposé par ce pontife à l'administration du cimetière, ainsi que le rapporte le livre des Philosophumena. Devenu pape, Calixte agrandit riiypogée. Là fut, au III^ siècle, la sépulture officielle des papes, qui jusqu'alors avaient été enterrés au Vatican, < juxta corpus B. Pétri >.

On doit reconnaître la partie la plus ancienne du cimetière de Calixte dans la région à laquelle de Rossi a donné le nom de < cryptes de Lucine>, et où se sont conservées des inscriptions du commencement du 11^ siècle. Cet hypogée se développa dans le voisinage de la voie publique, non loin de l'endroit où devait être enterré plus tard le pape S. Corneille. C'était peut-être alors le cimetière privé des Caecilii ou des Pomponii. De ce noyau primitif et de quelque autre centre est partie ensuite la grande excavation du III^ siècle.

Dans ce cimetière M. de Rossi distingue diverses régions: 10 les cryptes de Lucine, au-dessous d'un monument païen attribué à la famille des Pomponii ; — 2^ le cimetière de Calixte proprement dit avec la crypte des papes, les chapelles

I. Le plan général du cimetière de St-Calixte donnera une idée de l'étendue de la catacombe ; les trois autres plans partiels permettront de déterminer d'une manière approximative les régions principales. Toutefois ces plans, empruntés à Rnma sotterranea, ne sont plus d'une rigoureuse exactitude : le visiteur ne pourra se fier absolument qu'au plan spécial du second étage du cimetière. Ce plan a été dressé avec soin et mis en relation constante avec le texte de notre description.

de Ste-Cécile, de St-Eusèbe, et la galerie des Sacrements ; — 30 vers Touest, le cimetière de Ste-Sotère, qui possédait son escalier spécial ; — 4^ une grande région du IV« siècle, vers le nord, dont une partie est appelée région libérienne, parce qu'on y a trouvé beaucoup d'inscriptions de l'époque du pape Libère et dont l'autre partie, encore incomplètement explorée, dut être à l'origine un cimetière séparé, peutêtre celui de St-Marc et Ste-Balbine. Il y a aussi plusieurs arénaires, près des cryptes de Lucine, à côté du tombeau de Ste-Cécile, et vers le milieu du cimetière, près de la région libérienne : c'est là sans doute que devait se localiser le

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