LE CIMKTIÈRE DE CALIXTE
< formae >, pour donner une idée de ce genre de tombeaux. L'oratoire de St-Sixte restauré est actuellement un musée. ^ La plupart des sculptures et inscriptions qu'il renferme ont appartenu au cimetière extérieur. Sur le mur de gauche sont plusieurs inscriptions consulaires des IV«, V^ VI® siècles ; la plus ancienne est de 362. Un fragment métrique parle de trophées et de personnages décapités, € colla dedere > : on peut y voir un souvenir du martyre de S. Sixte II et de ses compagnons, à qui ce lieu était peut-être consacré :
lllpRAECEPTa pROFAna IIIttobiLE CORPVS lUtunc cOLLA DEDERE ///HOSTIS INIQVI ///mONSTRAT /;ONOREM llIvUae fasTlDît awOREM ///ERE POSSIM ////ROPAEVM ///(/MICTV
ORATOIRE DB ST-SIXTE ET STE-CÉCILB RESTAURÉ, ET BUSTE DE J.-B. DE ROSSI.
Parmi les sculptures et débris de sarcophages fixés au mur, on remarque la multiplication des pains, le sacrifice d'Abraham, les bustes des Apôtres S. Pierre et S. Paul, et une scène très rare, celle d'Ulysse attaché au mât de son vaisseau et fuyant les sirènes, dans laquelle les chrétiens retrouvaient un symbole de Jésus-Christ attaché à la croix et de Tâme qui fuit les pièges du démon. Au milieu de ces souvenirs chrétiens, un buste commémoratif de M. de Rossi a été placé en 1892, à l'occasion du 70^ anniversaire de sa naissance. On a cru autrefois que cet oratoire était proprement le lieu de la décapitation de S. Sixte, € locus ubi decoUatus est Xistus > ; les itinéraires semblent devoir le faire chercher un peu plus près du cimetière de Prétextât.
§ I. Région des Papes et de Ste-Cécile.
On descend à la crypte des papes par un escalier du IV^ siècle [ A].A la paroi droite [a] est fixée une inscription de Tan 290, c'est-à-dire de l'époque de la persécution de Dioclétien:
VIBIVS . FIMVS . R . KAL. SEP DIC . un . ET . MAX . COS
€ Vibius Fimus recessit Kalendis septembris, Diocletiano quartum et Maximiano consulibus. >
A cause du grand nombre des pèlerins, on fut obligé de construire, dès le IV^ siècle, un autre escalier [B], plus voisin de la petite basilique; les dernières marches sont visibles dans les galeries souterraines.
Le premier escalier aboutit à un petit vestibule éclairé par un lucernaire ; les parois sont pleines de € graffiti > des anciens pèlerins, signe du voisinage d'un sanctuaire historique ; on lit, tracées en grandes lettres, les acclamations IN MENTE HABETE. — ICONI VIBAS, — FORTVNA//// TE IN PAGE, — SOPHRONIA VIBAS. Nous rencontrerons encore ailleurs ce nom de Sophronia. Tout près de là on arrive à la chambre des papes [D].
Chapelle papale.— De chaque côté de la porte d'entrée, le mur est couvert de < graffiti > ; au milieu de noms inconnus,
RÉGION DES PAPES ET DE STE^ÉCILE
on distingue des noms historiques, celui de S. Sixte, le martyr de Tan 258 : SANCTE SVSTE, SVSTE SANCTE ; celui de S. Pontien : €N e€U) M€TA nANTtUN (twv iytcov'ETtKJXfJîrcov) nONTlAN€ ZHCHC; et l'acclamation enthousiaste d'un pèlerin : lERVSALE CIVITAS ET ORNAMENTVM MARTYRVM...
Dans cette crypte commença, avec le pape S. Zéphyrin^ une nouvelle série de sépultures papales, faisant suite à celle
RÉGION DES PAPES ET DE STE-CÉCILE
du Vatican. La chapelle n'est pas dans son état primitif ; quand on la découvrit en i854,elle était si délabrée, qu'il fallut refaire les murs ; toutefois on conserva la forme ancienne, la disposition des € loculi > et les grandes lignes architecturales. Il ne reste que cinq des quatorze inscriptions des papes, celles de S. Antère,de S. Fabien, de S. Lucius et de S. Eutychîen, et peut-être celle de S. Urbain.
S. Zéphyrin fut le premier pape déposé dans ce cimetière; on n'y a retrouvé de lui aucun souvenir. A l'époque de la paix, son corps fut transféré dans la basilique supérieure, oîi il eut un tombeau commun avec S. Tarsicius: < Ibi S. Tarsicius et S. Geferinus in uno tumulo jacent >, dit le De locis SS. Marfyrum. Ce sarcophage était prabablement au fond de la basilique.
< GRAFFITI > DE LA CHAPELLE DES PAPES. (Voir ci-contre la transcription. )
S. Calixte, successeur de Zéphyrin, a donné son nom au cimetière, dont il avait eu la garde, mais il n'y a pas été déposé. Victime d'une émeute populaire au Transtévère, il fut porté au cimetière le plus voisin de cette région, celui de Calépode (').
z . Supr. , p. 52.
PrOini