Ep. XXII ad Eustoch
austère ; tel était leur esprit de pauvreté, qu'un moine de Nitrie ayant laissé à sa mort quelques pièces d'argent, ses frères décidèrent de les enterrer avec lui en lui jetant l'anathème de S. Pierre à Ananie et Saphire ( x ). Il se trouvait à la vérité des chrétiens moins fervents qui jugeaient leurs pratiques excessives ( 2 ). Néanmoins on voyait beaucoup d'âmes généreuses chercher dans ce genre de vie la consolation (3) et l'édification ; des jeunes filles de condition élevée couper leurs cheveux, prendre le voile (4), se consacrer à l'étude, à l'obéissance : convaincues de l'excellence de la virginité, de sa supériorité sur le mariage ( 5 ). Des hommes comme Pammachius, après avoir connu toutes les aises de la vie, distribuaient leurs biens aux pauvres, et s'assujettissaient aux plus humbles occupations de la vie monastique ( 6 ).
Parmi les simples fidèles, il était facile de distinguer, comme de tout temps, les fervents et les tièdes. Les cirques, les théâtres étaient encore très fréquentés ( 7 ). Mais à côté de cela on rencontrait les plus beaux exemples de vertus. La correspondance de S. Jérôme nous révèle en particulier une pléiade de femmes chrétiennes, se consacrant avec zèle à l'éducation de leurs enfants. L'illustre docteur les aide de ses conseils dans l'accomplissement de cette tâche ( 8 ). On voit par une de ses lettres ( 9 ) que même de pays éloignés on envoyait les enfants achever à Rome leur instruction. Rome était d'ailleurs restée un foyer de vie intellectuelle ; on y lisait beaucoup, les ouvrages sacrés et profanes circulaient de mains en mains, on se passionnait pour des controverses d'exégèse ou de théologie ( IO ) ; les bibliothèques s'enrichissaient par des
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