‹ Éléments D'archéologie ChrétienneChapitre 113 sur 307 · Cf. de Rossi, Rom, soft., t. I, p · texte numérisé non relu

Cf. de Rossi, Rom, soft., t. I, p

LES INVASIONS BARBARES. IOI

Cedwal, roi des Saxons, déjà converti au christianisme, vint s'y faire baptiser ; il mourut peu après et fut enterré dans l'atrium de la basilique vaticane ; Bède nous a conservé le texte de l'inscription placée sur son tombeau (*).

Déjà la papauté exerçait en Occident une grande influence. Plusieurs princes barbares firent hommage de leurs états au Souverain Pontife. Mais la ville de Rome était dans un état misérable.Le Liber pontificalis et d'autres documents attestent que la population avait considérablement diminué. Une inscription relative à une donation faite à l'église de Ste-Suzanne dit qu'il y avait des jardins, des vignes, des terres cultivées, au milieu de la ville, sur le Quirinal, sur l'Esquilin, quartiers déjà abandonnés, et qui le furent jusqu'aux temps modernes. Panvinio, au XVI e siècle, put lire cette inscription, et le Musée du Vatican en possède un fragment

Au VIII e siècle, la grande question religieuse et politique des Iconoclastes provoqua un nouveau développement de l'autorité pontificale, la fondation du pouvoir temporel. Sous Grégoire II, Luitprand, roi des Lombards, donna au tombeau de S. Pierre un petit territoire, « patrimonium S. Pétri », comprenant Sutri et les environs de Viterbe (727). La célèbre donation de Pépin (754) eut pour objet la ville même de Rome; c'est à cette date que remonte véritablement le pouvoir temporel, confirmé dans la suite par Charlemagne et agrandi par la comtesse Mathilde ( 2 ).

Cette question des Iconoclastes amena aussi un renouvellement dans le culte des images, dans le sentiment et l'art religieux. Pour sauver les images, on en transporta un grand nombre d'Orient en Occident. Telle est la véritable origine de plusieurs images byzantines du Sauveur et de la Ste Vierge, qui ont été parfois attribuées à S. Luc, même aux anges (images achéropites), mais qui en réalité sont du VIII e , du VII e , tout au plus du VI e siècle. La célèbre image d'Abgar, roi d'Édesse, conservée à St-Sylvestre, puis au Vatican,

x. H ht. eccles. § 1. v, c. 7 {P. L., t. XCV, col. 237).

2. Cf. Duchesne, Iss premiers temps de F État pontifical* I. II.

appartient à cette catégorie. Le « Volto Santo », entouré depuis longtemps d'une vénération particulière, ne remonte pas à une époque plus ancienne. D'autres images ont été transportées au XV e siècle, au moment de la prise de Constantinople par les Turcs.

Souverains temporels de Rome, les papes donnèrent à la ville un nouvel essor, bâtirent des églises, des monastères ; la population ne tarda pas à augmenter. Pour consacrer les églises, on commença à y transporter les restes des martyrs : les fidèles pouvaient ainsi plus commodément les vénérer. On sait avec certitude qu'aux V e , VI°, VII e siècles, les reliques étaient restées dans les cimetières souterrains, et que seul le tombeau des SS. Jean et Paul se trouvait dans la ville: « In urbe Roma beatorum martyrum corpora Joannis et Pauli tantum quiescunt », disent les Itinéraires ( x ), et S. Léon I er ou l'auteur de la liturgie qui lui est attribuée : « Ut non solum passionibus martyrum gloriosis urbis istius ambitum coronares, sed etiam in ipsis visceribus civitatis sancti Joannis et Pauli victricia membra reconderes » ( 2 ). Nous avons, il est vrai, le souvenir d'une translation faite au Panthéon sous Boniface IV ; en réalité, il ne s'agit pas d'une translation de corps, mais seulement de petits objets, « memoriae, patrocinia Sanctorum, pignora, sanctuaria », qui avaient touché les reliques ou les tombeaux des saints ( 3 ). Ou bien l'auteur a fait une confusion

i. //in. de Salxbourg. L'auteur a écrit : € tamen quiescunt >. Mais le sens ne parait pas douteux.

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