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LES INVASIONS BARBARES. QQ
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soumise à la domination byzantine. Mais en 558, les Lombards s'établissent dans le nord, et de là entreprennent jusqu'aux portes de Rome des incursions funestes aux monuments chrétiens. Le pape Pelage y fait allusion dans l'inscription qu'il composa pour la basilique de St-Laurent nouvellement restaurée: « Gladios hostiles inter et iras... »
Les invasions des Lombards se poursuivirent sous le successeur de Pelage, S. Grégoire le Grand. Les homélies de ce pape les décrivent très vivement : « Ubique mors, ubique luctus, ubique desolatio, undique percutimur, undique amaritudinibus replemur » (*). Mais il réussit à obtenir leur conversion sous le règne de Théodelinde et Agilulphe. Le prêtre Jean, envoyé à Rome par Théodelinde pour demander des reliques, en remporta les fioles et le précieux Itinéraire que l'on voit encore à Monza, avec les souvenirs du St-Sépulcre demandés par la même reine. Sur ces fioles la croix est représentée; mais Notre-Seigneur, au lieu d'avoir les pieds et les mains cloués, étend les bras comme une Orante.
S. Grégoire le Grand a été justement appelé « ultimus Romanorum » (*). Le siècle qui le suivit fut une époque d'ignorance, de décadence. L'art romain disparaît; les quelques monuments que nous a légués le VII e siècle accusent plutôt l'influence byzantine. Les sarcophages et les inscriptions sont très grossiers. Il n'y a plus de dates consulaires, Justi-
1. Nom. 28, prononcée dans la basilique des Sts-Nérée et Achillée (P. L.,t. LXXVI, col. 121a).
2. Cf. Grisar, S fort a di Roma e dei papi ml nudio evo, t. 1,3* part. , 7l pontifieato di S. Gregorio Magno.
nien ayant aboli les consuls; à partir de 541, on mentionna, — et on le fit jusqu'à dix-sept fois, — le « postconsulatum > de Basile, le dernier personnage privé revêtu de cette dignité. Au VII e siècle apparaissent les dates locales, avec le nom des papes ou des rois barbares.
Le pape Honorius I er , vers 635, fit exécuter la belle mosaïque de Ste-Agnès. Sous son pontificat commencèrent, rares encore, les translations des martyrs. Lui-même déplaça plusieurs tombeaux, mais seulement pour les mettre dans les cimetières supérieurs : ainsi dut-il faire, à St-Calixte, pour les corps de S. Tarsicius et de S. Zéphyrin. Dès lors les Itinéraires mentionnent des martyrs € deorsum », et d'autres « in basilica sursum ». Le sarcophage de S. Pancrace fut déplacé et mis dans une position symétrique à l'abside : € Corpus martyris quod ex obliquo aulae jacebat, al tari insignibus ornato metallis loco proprio collocavit » ( l ). Alors aussi eut lieu la translation du corps de S. Valentin « in basilica magna quam Honorius reparavit » ( 2 ).
Le VII e siècle est l'époque des grands pèlerinages et de la rédaction des Itinéraires, L'auteur de l'un de ces importants documents, la Notitia ecclesiarum urbis Romae, a certainement visité Rome pendant le pontificat d'Honorius ( 3 ).
Quelques années après, la querelle des Monothélites donna lieu à une persécution contre les catholiques. Les hérétiques, soutenus par le gouvernement de Byzance, firent exiler le pape Martin I er , qui mourut martyr. L'empereur Constant II se présenta devant Rome en 663, saccagea la ville, transporta en Sicile, où était sa cour, l'or et l'argent des églises et autres édifices,les tuiles et les ornements en bronze doré du Panthéon et du temple de Jupiter Capitolin.
Sous le pontificat de Sergius I er (687-701), il y eut un grand mouvement de pèlerins à Rome ; plusieurs personnages illustres, même des souverains, visitèrent la ville éternelle.
I. /tin. d'Einsiedeln. Cf. de Rossi, Inscrip. christ., II, p. 24. 8. /tin. de Salzbourg. Cf. Marucchi, // cimitero e la basilica di S. Valentino, p. 115.