Infr., p
2. Cf. P. Fabre, De fatrimoniis S. Roman a e Ecclesiae. Paris, 1892, et Les colons de F Église romaine au VI* siècle, dans la Revue a* histoire et de littérature religieuses, 1896.
104 ÉLÉMENTS p'ARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
dans ces lieux inhabités des reliques qui formeraient le plus bel ornement des églises. Puis un abus tendait à s'introduire, celui de vendre des reliques. L'histoire a conservé les noms de plusieurs de ceux qui se livrèrent à ce trafic. Un des plus célèbres est le diacre Deusdona, qui semble avoir eu sous son administration le cimetière des Sts-Pierre-et-Marcellin, et qui en profita pour vendre en Allemagne les corps des martyrs de ce cimetière. C'est surtout au delà des Alpes qu'il exerçait ce commerce : dans tous les pays francs, on manifestait un grand désir de posséder des reliques de saints romains, surtout de S. Sébastien, de S. Alexandre, de Ste Agnès, de Ste Cécile, de S. Corneille, de S. Pierre et de S. Paul, etc. ( x ).
Pascal décida de transporter dans la ville les corps des papes déposés au cimetière de St-Calixte ; il ne retrouva pas d'abord le corps de Ste Cécile, que l'on croyait enlevé par les Lombards, mais ensuite la Sainte lui fit elle-même connaître, dans une vision, le lieu précis de sa sépulture ( a ). L'église de Ste-Praxède reçut les reliques de 2300 martyrs, dont les noms sont inscrits sur des tables de marbre ; la confession qui y fut alors construite, comme pour rappeler les galeries des catacombes, a servi de modèle à celles des autres églises. Les translations furent terminées le 20 juillet 817.
Léon IV explora spécialement le cimetière de Priscille, où il retrouva les corps d'Aquila et Prisca, probablement aussi ceux d'Acilius Glabrio, de Pudens, de Praxède et de Pudentienne. Dans la seconde moitié du IX e «iècle, les catacombes romaines étaient dépouillées de toutes leurs richesses. Toutefois elles ne furent pas entièrement délaissées ; on les fréquentait encore, on y célébrait la messe, le pape Nicolas I er en restaura plusieurs (3). On y faisait même, peut-être jusque pendant le X e siècle, des fonctions religieuses, aux frais du palais patriarcal de Latran.
Mais les cimetières restés en vénération étaient seulement
i. Cf. Monument a Germanine historié. Scriptorum, XV* ; — Guiraud, Le commerce des reliques, dans les Mélanges G. B. de Rossi, 1892.
2. Cf. Paschalis pp. 1, Ef>. 1 {P. L., t. Cil, col. 1085-1088).