Ep. de Basilide et Martiali (P. L. t t. III, col
paraît difficile. Un collège funéraire était une association d'un assez petit nombre de personnes ; une église de grande ville, comme celles de Rome,d'Alexandrie,d'Antioche,de Carthage, devait compter, au III e siècle, trente, quarante, cinquante mille membres. Se figure-t-on S. Fabien, S. Cyprien, S. Denys d'Alexandrie, venant se faire inscrire à la préfecture comme chefs d'un collège de « cultores Verbi » composé de 50000 personnes, associées en vue de se procurer un enterrement convenable ?... Il semble plus naturel de croire que si, depuis la mort de Marc-Aurèle, les communautés chrétiennes ont joui de longs intervalles de paix, si elles ont réussi à posséder des biens immeubles apparents et considérables, c'est qu'on les a tolérées ou même reconnues, sans aucune fiction légale, comme églises, comme sociétés religieuses... De fictions légales, de collèges funéraires, de titres mystérieux, les documents ne donnent ni témoignage ni soupçon » ( l ).
Entre ces deux théories, une autre hypothèse est encore faisable. On pourrait penser que l'Église posséda sous le nom de particuliers qui auraient été les propriétaires légaux, responsables aux yeux du pouvoir civil. Ce serait quelque chose de semblable à ce qui se passe, de nos jours, dans certains pays, où, après la confiscation de leurs biens communs, des congrégations religieuses, même non reconnues légalement, peuvent posséder sous le nom d'un simple particulier. Si l'Église eût voulu, au III e siècle, user de ce procédé, rien sans doute dans le droit romain ne sy fût opposé.
Quelle que soit l'explication que l'on adopte, le fait de la propriété collective des cimetières chrétiens n'est pas douteux. Ceux de l'Église romaine furent, vers le milieu du III e siècle, rattachés chacun à un titre ( 2 ). Le Liber pontificalis, dans la biographie du pape Corneille, indique qu'il y avait alors 25 titres, comme il y avait 25 cimetières communs. Chaque cimetière dépendait du titre le plus rapproché, ainsi qu'il ressort des inscriptions sépulcrales du IV e siècle qui y ont été relevées. Ainsi le cimetière de Domitille se rattachait au