RITES FUNÉRAIRES
§ I. Nomenclature catacombale.
LES termes par lesquels on désigne les différentes parties des catacombes sont en partie traditionnels, en partie conventionnels.
Les catacombes sont formées d'un réseau de galeries qui s'entrecroisent On désignait autrefois ces galeries par le mot « ambulacrum », qui était usité dans le langage civil des Romains. Mais une inscription du cimetière de Priscille, qui n'avait pas encore été bien étudiée, nous apprend que les galeries étaient appelées « cryptae » par les anciens chrétiens ( 2 ).
Dans les parois des galeries sont creusés les tombeaux, « loci ». Ce sont de simples cavités, de dimensions suffisantes pour recevoir un, deux, même trois corps, et disposées symétriquement dans le sens de la galerie. D'ordinaire plusieurs i loci » ont été superposés, en aussi grand nombre que le permettait la hauteur des parois. L'ouverture a la forme d'un rectangle, une entaille pratiquée tout autour des bords permet d'y fixer la plaque de marbre ou les larges briques destinées à la fermer. Le mat € locus » était employé pour désigner un tombeau ; on le retrouve souvent dans les inscriptions. Le diminutif « loculus » a prévalu dans la langue archéologique. Les « loculi » ne se rencontrent pas seulement dans les galeries, mais dans les chapelles et jusque dans les escaliers. Les plus élevés sont presque toujours les plus anciens, car on abaissait au fur et à mesure le niveau du sol.
Un tombeau plus distingué, et très usité au III e siècle,
i. Cf. de Rossi, Rom. sotter. % t. III, 1. III.
2. Cf. mes observations dans le Nuov. bullettin. , 1904, p. 207 sq.
GALERIE DE CATACOMHE.
(Cimetière de St-Calixte.)
était T « arcosolium ». Ce mot se lit quelquefois dans les inscriptions par exemple dans celle du diacre Sévère, à St-Càlixte : « Cubiculnm duplex cum arcisoliiset luminare. »
Élém. d'archéol chréL
Le terme < arcosoltum, arcisolium, arcusolium », est composé de € arcus », Tare formé par la partie supérieure de ces tombeaux ; et de « solium », qui désignait proprement ces grandes baignoires en marbre dont plusieurs nous ont été conservées. Les « arcosolia » ne sont pas d'une haute antiquité. Il semble que primitivement on se contentait de grandes niches dans lesquelles étaient placés des sarcophages en marbre ou en terre cuite. Le vestibule du cimetière de Domitille renferme un « loculus » décoré de stucs représentant un sarcophage ; c'est une disposition exceptionnelle. Par exception aussi, dans une galerie voisine, on voit un tombeau en forme de chambre ; il n'y a pas de porte, et on y pénètre par un trou que ferme une pierre: c'est sans doute une imitation du tombeau de Notre-Seigneur. La paroi attenant à l'arcosole était appelée « parieticulum » :