‹ Éléments D'archéologie ChrétienneChapitre 132 sur 307 · FECIMVS NOBIS ET NOSTRIS ET · texte numérisé non relu

FECIMVS NOBIS ET NOSTRIS ET

AMICIS ARCOSOLIVM

CVM PARIETICVLO SVO IN PACEM.

Antérieurement à P « arcoâolium », on remarque une forme de tombeau qui en est comme le premier essai : le € solium » n'est pas surmonté d'une voûte en forme d'arc, mais d'un plafond. C'est ce que de Rossi appelle la « tomba a mensa.^i On la rencontre dans les cimetières de St-Calixte, de DomitHle, de Priscille.

De chaque côté des galeries, s'ouvrent des < cubicula » ou chambres. Ces « cubicula » étaient soit des tombeaux de famille comme ceux dont les inscriptions sont encore visibles au cimetière de Domitille : m • ANTONIVS • RESTVTVS • fecit • hipogev • sibi . et • svis ; au cimetière de Calîxte : BITVS SIBI ET svis ; dans un cimefcièfe de la voie Latine : cvbicvlvm contali ; — soit des tombeaux destinés aux membres d'une association, car on a trouvé même dans les catacombes les traces d'associations funéraires formées au sein de l'Église : les noms pluriels « Eutychii », « Pelagii », lus sur des inscriptions des cimetières de Calixte et de

NOMENCLATURE CATACOMBALE. I2Ç

Priscille, doivent désigner des associations de ce genre. Ces chapelles avaient un caractère privé, leur exiguïté suffit à le prouver ; on voit parfois encore les gonds de la porte en bois qui en fermait l'entrée.

D'autres chapelles, plus grandes, renfermaient quelquefois les restes d'un martyr, nous les appelons f cryptao. Les Actes des martyrs et les martyrologes emploient souvent ce nom, qui au pluriel indique l'excavation souterraine en général, tandis qu'au singulier il indique une galerie. Certaines de ces chapelles étaient destinées à des cérémonies liturgiques, comme de vraies églises souterraines. On en a plusieurs exemples à St-Calixte : la chapelle dite de Miltiade était vraiment un lieu de réunion, il est facile d'y remarquer tout autour les traces d'un banc ; la chapelle située en face devait être réservée aux femmes. De même dans une des basiliques du « coemeterium majus » de Ste- Agnès on reconnaît le sanctuaire, le « presbyterium », le siège de l'évêque, les niches latérales. Ces églises souterraines des catacombes affectent les formes les plus variées ; il y en a de carrées, de rectangulaires, de polygonales ; il en existe une ronde, très importante, dans la région de Sotère, à St-Calixte. Elles ont souvent des peintures et des décorations architecturales, colonnes, chapiteaux, frises, architraves, etc.

Il y eut donc avant la paix de Constantin des lieux de réunions dans les catacombes. Nous avons d'ailleurs sur ce point les témoignages des Actes des Martyrs, dont nous pouvons rapprocher cette phrase d'une belle inscription du cimetière de Priscille : «Vos precor, o fratres, orare hue quando venitis, etc. > Il faut admettre aussi que, même dans les petites chapelles, on a célébré religieusement les anniversaires des défunts : Tertullien (*) et l'auteur d'un commentaire attribué à Origène ( 2 ) nous l'attestent S. Augustin dit expressément qu'on offrait le saint Sacrifice près du tombeau ( 3 ), et qu'on le fit aux funérailles de sa mère : « Cum offerretur sacrificium

i. Decorona militis, III (P. JL, t. II, col. 79).

Page 1