LES TOMBEAUX DES MARTYRS
restes des martyrs, et le plus facilement possible; aussi leurs itinéraires étaient assez restreints. Dans les galeries où ils sont passés, ils ont écrit à la pointe leurs noms, et plus d'une fois le nom du martyr local, suivi d'invocations, comme celles-ci : « In mente habeas in orationibus tuis >, — « In mente habete », etc. Les prêtres qui avaient célébré dans la crypte y laissaient souvent aussi leur nom et leur titre. Il faut distinguer ces « graffiti » des pèlerins de ceux qui ont été tracés sur les « loculi > au jour de la déposition ; ces derniers sont plus anciens et remontent jusqu'au III e , même jusqu'au II e siècle.
Les peintures fournissent aussi des indications très précieuses. Celles des arcosoles et des chapelles privées sont généralement antérieures au V e siècle, époque où on cessa à peu près d'enterrer dans les catacombes. Les tombeaux des martyrs furent, au contraire, de plus en plus décorés. Quand donc on trouve dans une catacombe,sur un tombeau qui n'est évidemment pas celui d'un chrétien quelconque, des peintures postérieures au V e siècle, on est en présence d'un lieu vénéré. C'est ainsi qu'on voit des peintures byzantines du VI e siècle dans la crypte de Ste-Cécile: un portrait de la sainte en impératrice byzantine et l'image du Sauveur. De la même époque sont les peintures de la chapelle de S. Corneille. Au cimetière de Pontien, les images du Sauveur, des SS. Abdon et Sennen, des SS. Pygmenius et Milix, présentent aussi les caractères de l'art byzantin du VI e siècle. A St-Valentin, des traces d'une peinture byzantine ont également fait retrouver un sanctuaire célèbre, la chapelle même du saint éponyme du lieu, auparavant tout encombrée de constructions d'une époque postérieure. Enfin tout dernièrement (janvier 1904) on a également constaté des peintures byzantines dans la chapelle souterraine des saints Félix et Adauctus près de la voie d'Ostie. Plusieurs de ces dernières ont d'ailleurs appartenu à des tombeaux privés.
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