IV. Liber pontiflcalls ( T
L'œuvre connue sous le nom de Liber pontificalis est un recueil de notices biographiques sur chacun des pontifes romains depuis S. Pierre jusqu'à Nicolas I er (^ 867), ou dans les éditions postérieures, jusqu'à Etienne VI (^ 891). On l'a jusqu'à ces derniers temps attribuée à S. Damase ou à Anastase le Bibliothécaire ; c'est sous ce dernier nom qu'elle a été éditée par Jean Vignoli (XVIII e s.) et par Bianchini (1735) ( 2 ). Mgr Duchesne a démontré que ni l'un ni l'autre n'en est l'auteur.
i. Cf. Duchesne, Étude sur le Liber pontificalis, Paris, 1877 ; — le Liber pontificalis, Paris, 1886; — Grisar, Anal, rom., t. I, diss. I. Une nouvelle édition, allant jusqu'au pape Constantin (•{* 715), a été récemmment publiée par Mommsen dans les Monum. Germ., Ge sta pontificum Ramanoruw, t. I, Berlin, 1898.
2. L'édition de Bianchini est reproduite dans Migne, P. L., t. CXXVIl-CXXVIII.
Le Liber pontifical f is a eu plusieurs rédactions. La première a été faite vers la fin du V e siècle ou le commencement du VI e ( ! ). Le célèbre manuscrit de Vérone, publié par Muratori dans la 3 e partie de ses Rerutn italicarum script tores, donne la biographie des papes jusqu'à Anastase I er (•ï* 498), et on reconnaît que celle de Symmaque, successeur d* Anastase, est l'œuvre d'un contemporain et d'un adversaire de ce pape. Une seconde rédaction, déjà notée par Bianchini, s'arrête à la mort du pape Félix IV (530). Une troisième va jusqu'à 687 ; une quatrième est de l'an 714, époque du pape Constantin. Enfin la dernière compilation appartient sans doute au IX e siècle. Guillaume le Bibliothécaire en fit une continuation au XII e siècle (Bib. Vat. cod, lat 3762).
Dans les différentes rédactions, toutes les parties ont une égale valeur au point de vue topographique. Il n'en est pas de même au point de vue historique. Les plus anciennes rédactions ont été faites sur des documents apocryphes. C'est seulement à partir du VI e siècle que Ton a dans ce livre une vraie source pour l'histoire de l'Église, de Rome, de l'Italie. Il faut du reste distinguer, avec Mgr Duchesne, plusieurs familles de manuscrits, les unes plus pures, les autres plus corrompues. Comme exemple de confusion faite dans les rédactions postérieures et qui n'existe pas dans les rédactions primitives, on peut citer l'attribution au pape S. Etienne des détails du martyre du pape Sixte II inhumé en 258 au cimetière de Calixte, non loin du lieu de son supplice.
Y. Sacramentaires ( 2 ).
Les Sacramentaires ou anciens missels fournissent très souvent sur les cimetières, les tombeaux de martyrs, les commémorations, des indications analogues à la mention des
1. D'après le P. Grisar {Anal. rom. % t. I, diss. I), sous le pontificat de BonifaceH'
a. Cet article est en grande partie la reproduction d'une note qu'a bien voulu nie communiquer le savant bénédictin de Maredsous D. Germain Morin. — Cf. Duchesne, Origines du culte chrétien, c. v, § i.