PALÉOGRAPHIE DES INSCRIPTIONS
Il y a aussi des titres spéciaux pour les membres de la famille impériale. A partir d'Hadrien, l'héritier du trône est f Caesar, Princeps juventutis ». L'impératrice est € Augusta » (*), f Mater patriae », « Mater senatus >, f Mater castrorum », etc. L'ensemble de la famille impériale est désigné sous le nom de € Domus augusta », et un peu plus tard de « Domus divina ».
Morts, les empereurs sont souvent divinisés. Même de méchants princes reçurent le titre de « Divus ». Il est vrai que plusieurs eurent leur nom martelé en signe de condamnation, « memoriae damnati » ( a ). De même divers membres de la famille impériale.
§ IV. Paléographie des inscriptions.
Il est assez difficile de reconnaître l'âge d'une inscription à la seule inspection des caractères. En général, aux I er et II e siècles, les lettres sont très bien formées; elles le sont moins bien au III e ; elles deviennent difformes aux IV e et V e . Mais naturellement cette règle générale souffre plus d'une exception.
Les inscriptions à la pointe, ou < graffiti », imitent, souvent assez mal, les caractères de l'écriture monumentale ; ou bien ils sont d'une écriture cursive parfois fort difficile à déchiffrer.
Les points, dans les inscriptions les plus anciennes, ont la forme triangulaire (a) ; plus tard, ils deviennent ronds (#) ; au III e siècle, ils sont remplacés par une feuille de lierre, r«hedera distinguens » (£JpO, parfois aussi par des fleurs ou des flèches qui, sur des inscriptions chrétiennes, ont paru à certains des instruments de martyre (!).
On trouve parfois, servant à fermer des tombeaux> des fragments de calendriers, de tables de jeu, « tabulae lusoriae »,
avec des inscriptions: f Ludere nescis », — f Da lusori
x. Le même titre est aussi donné à d'autres princesses. . 2. Sur la € damnatio memoriae» cf. Zedler, De memoriae damnatime, Darmstadt, 1885. Elle s'est quelquefois pratiquée chez les chrétiens. Cf. de Rossi, BuUett., 1888- 1889, p. 140; — ArmeUim, // cimitero di S. Agnese, p. 332; - Nuov. bull. % 1900, p. 136.
locum » — « Leva te, ludere nescis, victus surgis », — € Habemus in coena panem pernam » ; ou même des inscriptions païennes retournées. Au cimetière de St-Calixte, la seconde inscription de S. Eusèbe a été gravée au dos d'une inscription impériale de Caracalla.
La matière sur laquelle sont gravées les inscriptions peut quelquefois servir d'indice pour en retrouver l'époque, le marbre n'ayant été employé que sous l'Empire.
§ V. Marques de briques ( x ).
Il faut signaler à part les inscriptions sur briques, c'est-àdire les estampilles des ateliers et magasins d'où elles sortaient Sous la République, l'inscription avait la forme rectangulaire ; sous l'Empire, on trouve plus généralement la forme circulaire. Au centre du cercle était d'ordinaire une figure, puis autour une inscription ou deux inscriptions concentriques, mentionnant d'abord la matière : € Opus doliare », ensuite le propriétaire dont le fonds avait fourni cette matière première : < Ex praediis N. », ensuite l'atelier de fabrication : < Ex figlinis N. », le magasin de vente : € Ex officina N. >, enfin souvent une date consulaire. L'ordre de ces éléments n'est pas absolument invariable, et ils ne sont pas toujours tous indiqués. Il est à remarquer que la date d'une brique ne fournit pas toujours sûrement celle de la construction du monument auquel cette brique a appartenu, car on employait souvent des briques préparées à l'avance.
On peut distinguer les marques consulaires, les marques impériales et les marques privées.
Aucune marque consulaire de l'époque républicaine n'a été retrouvée à Rome. Borghesi ( a ) en a publié plusieurs de Velleia, dont la plus ancienne rappelle le consulat de Gn. Octavius et C Scribonius (an. 678 U. a). Marini (î) en cite une de Tan
1. Ct Mariai, Iscrixùmi antiche doUari, réédité par de Rotti et Drenel (1884). a. Œwrts cowtpUtts, t. II, p. 357-388.