‹ Éléments D'archéologie ChrétienneChapitre 154 sur 307 · XXIV. » » Pancratii Mart. Via Aurélia · texte numérisé non relu

XXIV. » » Pancratii Mart. Via Aurélia

Cf. de Rossi, Bullettino, 1876, p. 120-144 \ ^77% P- i-43- — En dehors de cette collection, à droite de l'entrée, on a fixé un fragment qui est païen, mais qui a une grande importance pour l'exégèse, la célèbre inscription de Quirinus ou « titulus Tiburtinus ». Sur ce monument cf. R. S. Bour, L Inscription de Quirinus et le recensement de S. Luc (1897), qui en donne la reproduction en zincotypie et indique les auteurs à consulter; — Max\icch\,L'iscrizio/te di Quirino nel museo Laleranetue [iSçt).

Tandis que les inscriptions païennes, en général, et sauf quelques exceptions, sont gravées sur les urnes cinéraires ou sur des cippes, les inscriptions chrétiennes sont presque toujours sur des plaques. On en peut signaler d'une très belle paléographie ; cependant le caractère est d'ordinaire plutôt négligé. Leur texte est parfois tout à fait indifférent ; leur origine chrétienne serait alors douteuse, si on ne pouvait la conclure soit du lieu où on les trouve, soit d'indications ajoutées postérieurement Ainsi un sarcophage de la villa Borghèse porte cette inscription ( x ) :

M • AVRELÏO • AVGG . LIB • PROSEXE Tl

A.CVBICVLO • AVG.

PROC • THESAVRORVM

PROC • PATRLMONl . PROC

MVSERVM • PROC • VIKORVM

ORDINATO • A . DIVO - COMMOOO

IN • KASTRENSE • PATRONO • lïISSIMO

LlBERTl • BENEMERENTI

SARCOPHAGVM . DE • SVO

ADORNAVERVNT

Cette inscription semblerait celle d'un païen, mais une main chrétienne a ajouté, sur le côté du sarcophage :

f»«OSBMBS'RBCEPrVS'AD^DBVM«V^NOM/// ///SSA///NIA • PRABSBNrB.BT- BXTBIC4TO»// KSGRBDIBXS IM VBBB AB BBPBDITIOXIBVS S .FI?SI T AMPELIVS LIB

Les inscriptions mentionnant le € cursus honorum » sont ordinairement païennes. De même celles qui portent les inscriptio ns : V,6, - IN FR P IN AGR P, -H . M . II . N • S. Elles n'indiquent presque jamais la date de la mort et de la sépulture, rien dans la mort ne pouvant donner aux païens de consolations ni d'espérances. Les chrétiens au contraire, au moins dans les inscriptions qui ne sont pas les plus anciennes, inscrivent ces dates pour en célébrer l'anniversaire.

Un autre indice probable de paganisme est la présence

1. An. 217. — Cf. de Rossi, Inscript. , t. I, p. 9. Élém. d'archéol. chréU

l6o ÉLÉMENTS D'ARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.

simultanée des trois noms, « praenomen », « gentilitium » et « cognomen ». Les inscriptions chrétiennes ne citent pas ordinairement le « praenomen » ; quand elles portent les trois noms, c'est un signe qu'elles remontent à une haute antiquité.

Les inscriptions grecques sont en général plus anciennes que les inscriptions latines. Un nombre considérable d'inscriptions grecques dans une région cimitériale fait donc connaître approximativement l'époque de son développement On n'en trouve à peu près plus à partir du V e siècle.

Parmi les inscriptions romaines primitives, de Rossi a pu déterminer deux types paléographiques : le type Priscillien, inscriptions rouges tracées au pinceau comme à Pompéi ; et le type des inscriptions gravées sur marbre. Le Musée de Latran renferme des exemples de ces deux types.

Les inscriptions chrétiennes les plus anciennes sont les plus simples. Elles donnent seulement les noms, quelque épithète, quelque acclamation : FlLIO DVLCISSIMO, — Pax tecvm, — In pace, — In Deo. Un peu plus tard, elles mentionnent la date de la sépulture: DEP, D, DEPOS, DEPOSITVS, DEPOSITIO, KATA66CIC, KAT, puis le jour du mois avec l'indication usuelle du calendrier romain, NON, KAL, ID. L'épiséma 7 ou H représente le nombre 6 ; nous en connaissons la valeur par une inscription fort grossière que rapporte Marangoni (*) :

ELIA • EBENTIA . FACET • SIPTIMIO FAVSTINO • COIVGI . MEO • QVI . FE CIT • MECV • MIESES . 7III . IN . ILLVS -ME SES • NOBE • IRINTA . DIEBVS . SANVS . AV I • ANORVM • XXX7I • MISORVM • NOBE . DVL CIS • ANIMA • FAVSTINE . CONIVGALI5 QVALIS • NE • INBENTVR . FAMA • 1SQVE

Les plus anciennes inscriptions chrétiennes ont le point triangulaire ou rond; plus tard, surtout aux III e et IV e

1. Délie cou gentiUsche e profane trasportate ad uso e ornamento délie chiese, p. 464.

DES INSCRIPTIONS CHRÉTIENNES EN GÉNÉRAL. loi

siècles, on y ajoute F « hedera distinguens », des fleurs, des flèches, etc.

A partir du IV e siècle, la simplicité primitive disparaît ; on emploie des formules d'éloges, quelquefois un peu exagérées.

CVBICVLVM . AVRELIAE • MARTINAE • CASTISSIMAE • ATQVE . pvDI CISSIMAE-FEMINAE • QVAE.FECIT • IN • COIVGIO • ANN • XXIII • D-XIIII- BENEMERENTI .QVAE • VIXIT. ANN -XL. M -XI- D «XIII- DEPOSITIO • EIVS DIE • III • NONAS • OCT • NEPOTIANO • ET- FACVNDO • CONSS • IN. PACE (Ann. 336. — Mus. Lat, IV, 12.)

La formule IN. PACE se trouve constamment du I er siècle au VI e . Elle était empruntée à Fépigraphie juive, qui avait Fexpression DlSeb, <k en paix ». Quelquefois cette acclamation s'adressait aux vivants ; on la trouve sur les verres servant aux agapes : VlVAS IN PACE DEI. En général, elle est réservée pour les défunts, à qui on souhaite la paix : VlVAS IN PACE, DORMIAS IN PACE, — ou dont on atteste la béatitude: Vrvis in pace, Dormis in pace, Te scimvs in pàce, en ïphne.

<t>IAOYM£NH EN EIPHNH ZOT TO îlNEYMA

{Cimetière de Ste-Agnès. — Mus. Lat., /X, 28.)

Plus tard, on a voulu indiquer que le personnage était mort dans la paix de FÉglise catholique : DECESSIT in PACE FIDEI CATHOLICAE. La formule est souvent abrégée: IN P, — IN PC, — I P, — E I (<v eîoVivY)), — EN EIP.

Au V e siècle, nouvelles formules: HIC IACET, — BONAE MEMORIAE ou B M (remplaçant le D M des païens). Souvent on ajoute au nom un qualificatif: H ■ F (honesta femina), famvla Dei, famvla Christi ; V • H • (vir honestus). L'expression Ancilla Christi est plus ancienne et a le même sens que « virgo Dei ». Les formules

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