‹ Éléments D'archéologie ChrétienneChapitre 228 sur 307 · HISTOIRE DE L'ART CHRÉTIEN · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE L'ART CHRÉTIEN

. A la deuxième période, pendant laquelle les catacombes deviennent cimetières communs, correspond aussi une nouvelle période de la peinture chrétienne, qui va jusqu'à 313. Alors se fait le grand développement du cycle chrétien, qui est tout à fait symbolique et théologique. Les peintures des sacrements à St-Calixte ont été, on ne peut le nier, inspirées par un docteur chrétien ; il y a un enchaînement logique, qui conduit de la Pierre symbolique d'où s'échappe l'eau de la grâce (< Petra erat Christus > ( x ) ), au Baptême, à la Pénitence, à l'Eucharistie. Les dogmes s'expriment par des figures : c'est une conséquence de la discipline du secret. En même temps que croît le symbolisme, le style des peintures est de moins en moins parfait.

De 313 au commencement du V e siècle, la foi triomphe, l'art chrétien n'a plus à la dissimuler: le symbolisme tend à dispa-, raître, faisant place à des représentations moins mystérieuses. Ainsi on ne voit plus le poisson. Tandis que l'art primitif peignait rarement des portraits et connaissait à peine les scènes de la vie réelle, au IV e siècle, les scènes de ce genre se multiplient. On représente la profession du défunt : dans un arcosole de St-Calixte, on reconnaît une marchande de légumes ; dans une chapelle de Domitille, le marché public sur les bords du Tibre et les travaux de la corporation des € Pistores » ; ailleurs, un intérieur d'atelier, etc. Les sujets empruntés à l'ancien et au nouveau Testament sont encore très usités ; mais peu à peu les images du Sauveur et des Saints se modifient. Au IV e siècle, le Sauveur est encore représenté avec le type romain, sans barbe ; au V e , il a le type oriental, iconographique. Jusqu'au IV e siècle, le nimbe est réservé au Sauveur et aux Anges ; au V e , on le donne aussi à la T. Ste Vierge et aux Saints.

Sculpture. — L'art des sarcophages même païens n'a jamais été très parfait. Ces monuments pour la plupart ne sont pas antérieurs au II e siècle, et déjà la décadence artistique approche. Depuis le commencement de la république, l'usage de l'incinération était devenu très général ; quelques

x. / Cor tt x, 4.

familles seulement, comme la Gens Cornelia, avaient conservé l'ancien mode de sépulture ; les sarcophages qu'elles ont laissés sont sans ornements. Les colombaires remplacèrent les tombeaux ; les urnes cinéraires de l'époque d'Auguste sont très belles. Au II e siècle, on recommença à inhumer, sous l'influence des religions orientales, peut-être du christianisme lui-même. Il y eut des sarcophages assez élégants, — on en voit au Vatican et au Capitole, — mais qui ne sauraient être comparés aux bas-reliefs décoratifs du I er siècle. La décadence d'ailleurs fut rapide: on trouve les mêmes sujets constamment répétés et assez grossièrement exécutés. La sculpture chrétienne a commencé plus tard que la peinture : on pouvait peindre ce qu'on voulait dans les catacombes, il était plus difficile de faire exécuter des sujets chrétiens dans les ateliers publics de sculpture. Aussi la sculpture chrétienne ne commence-t-elle vraiment qu'à la paix de Constantin ; si l'on trouve auparavant quelques sarcophages chrétiens proprement dits, c'est à titre de rares exceptions. Pendant les trois premiers siècles, les chrétiens achetèrent les sarcophages dont tout le monde se servait, évitant seulement les sujets qui auraient pu blesser leurs croyances. On a trouvé à Prétextât, à Domitille, à St-Calixte, des sarcophages ornés de génies, de bustes de personnages, etc., qui ne se distinguent en rien des monuments païens. Au III e siècle, on fait quelques essais de sculpture chrétienne ; on représente des figures isolées, le bon Pasteur, l'Orante, l'ancre. Quelques sujets d'ailleurs se prêtaient à une signification chrétienne : les scènes de la vie pastorale, qui rappelaient le bon Pasteur ; la mer avec les poissons, qui pouvaient représenter le monde et les fidèles ; le navire, symbole de la vie, etc. On n'a jamais trouvé dans les catacombes de sarcophages idolâtriques ni d'inscriptions proprement païennes : les quelques fragments de ce genre qu'on peut rencontrer ont dû arriver là par accident ou bien y être apportés comme matériaux de construction ( I ).

i. M. Pératé [L'archéologie chrétienne, p. 305-307) a cru découvrir sur un sarcophage un mélange de figures chrétiennes et de symboles païens. Mais ce qu'il prend pour

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